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mardi 12 avril 2011

Pavé à thèse : Effondrement, de Jared Diamond


Loin de la littérature pleine de sang et de fureur que ce blog offre habituellement, voici un gros pavé de réflexion qui connut son heure de gloire, et qui, n'en doutons pas, reviendra à la mode au gré des aléas climatiques. Car c'est d'environnement et de fluctuations climatiques, et de leurs conséquences sur les groupements humains, que parle le livre de Jared Diamond. A partir de quelques exemples à petite et moyenne échelle, il nous invite à une réflexion sur les limites du monde, sur notre environnement écologique et sur ce que nous en faisons.
Pour argumenter longuement sa thèse, il propose de multiples exemples d'effondrements de civilisations : l'île de Pâques, la plus emblématique, suite à une course au prestige et au gigantisme. Celui des établissements vikings du Groenland, incapables de s'adapter aux changements climatiques, tandis que leurs cousins islandais, eux, réussissaient. Dans le Pacifique, avec le même parallèle entre les îles qui réussissent à maintenir leur population et celle qui n'y arrivent pas. A la découverte de la disparition des Indiens Pueblo ou des Mayas. Une immense érudition est mise à profit pour relever toute la complexité des enchaînements qui prélude à la disparition de civilisations petites ou grandes.
On sent bien pointer les thèses maltusianistes et de décroissance derrière tout cela, mais Jared Diamond, ancien dirigeant de Greenpeace et sociologue averti, préfère nous laisser le soin des conclusions, sans jamais être manichéen. Car ce qui sauve les uns peut provoquer la perte des autres, si les bonnes décisions ne sont pas prises au bon moment. Et bienheureux celui qui sait et qui peut prendre la bonne décision au bon moment.

Troublant, c'est bien le mot qui convient pour cette lecture. Il nous entraine sur les parages de la survie, glissant d'une échelle à une autre, avançant des arguments dans un sens pour les retourner quelques pages plus loin, démontrant que si l'impact de l'environnement est primordial pour la survie, le libre-arbitre humain est incontournable.
Sa lecture ne laisse pas indifférente, et il n'est jamais trop tôt pour se demander si nous ne courrons pas à la catastrophe, quand les crises financières et économiques se rapprochent...

1 commentaire:

Manu a dit…

Ayé, elle l'a enfin terminé. Pour ma part, je ne l'ai toujours pas commencé, c'est pourtant pas l'envie qui manque.