<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773</id><updated>2012-02-01T20:53:44.931Z</updated><title type='text'>Blogger in fabula</title><subtitle type='html'>Où l'on cause de lecture et de littérature</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>70</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-2790836708538584530</id><published>2012-01-30T19:42:00.004Z</published><updated>2012-01-30T19:42:53.380Z</updated><title type='text'>L 'Origine des espèces de Charles Darwin</title><content type='html'>&lt;table cellpadding="0" cellspacing="0" class="tr-caption-container" style="float: left; margin-right: 1em; text-align: left;"&gt;&lt;tbody&gt;&lt;tr&gt;&lt;td style="text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-CV8nrqRsXZw/TybyQJ1rnRI/AAAAAAAAACA/gxp9Bo-F7XY/s1600/581px-Charles_Darwin_statue_5661r.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; margin-bottom: 1em; margin-left: auto; margin-right: auto;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://1.bp.blogspot.com/-CV8nrqRsXZw/TybyQJ1rnRI/AAAAAAAAACA/gxp9Bo-F7XY/s320/581px-Charles_Darwin_statue_5661r.jpg" width="242" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;tr&gt;&lt;td class="tr-caption" style="text-align: center;"&gt;Charles Darwin au &lt;i&gt;&lt;a href="" title="Musée d'histoire naturelle de Londres"&gt;Natural History Museum&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; de Londres&amp;nbsp;&lt;/td&gt;&lt;td class="tr-caption" style="text-align: center;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/td&gt;&lt;td class="tr-caption" style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class="tr-caption" style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;L&lt;i&gt;'Origine des espèces&lt;/i&gt; n'est pas un livre comme les autres, au regard de la révolution qu'il a apporté dans les sciences naturelles. C'est plus qu'un pavé dans la mare, plus qu'un ouvrage fondateur. C'est une somme de toutes les recherches d'une vie au service de la science, et une avancée spectaculaire, de la part d'un savant qui n'était pourtant pas un révolutionnaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au fil des six cents pages (dans l'édition électronique de l'Université du Québec à Chicoutimi, qui reprend le texte de la traduction française de 1921), Charles Darwin expose en termes simples mais rigoureux la somme de ses lectures, de ses innombrables expériences, de ses observations pour étayer solidement les deux axes de sa théorie, à savoir que les espèces évoluent, et qu'elles évoluent au moyen de la sélection naturelle, celle de la lutte pour l'existence et la reproduction.&lt;br /&gt;Le livre a certainement vieilli sur le plan des connaissances scientifiques, mais pour son époque il devait représenter une synthèse exceptionnelle. Car son auteur nous plonge au cœur de tout le savoir de son époque. J'ai été frappée à la fois par l'étendue de ses références (il cite et est en relation avec un nombre impressionnant de savants de son époque), et par la diversité de ses observations, personnelles ou celles des autres. Il disserte aussi bien sur le pigeon voyageur, en allant chercher ses exemples en Inde et aux Amériques, que sur le fameux iguane des îles Galapagos, qu'il a visité durant sa jeunesse lors de son célèbre voyage sur le Beagle, ou encore sur les diverses espèces de fournis du monde, sans oublier les plantes, les graines. Son champ géographique est immense, à l'échelle de la planète. &lt;br /&gt;L'origine des espèces fait la part belle à la géologie, alors naissante, et au problème du temps, crucial dans la théorie de Darwin. Ce dernier allonge considérablement le temps, passant de l'ordre des milliers à celui des millions d'années, tout en étant encore bien loin du compte.&lt;br /&gt;C'est enfin un livre de combat, qui cherche à poser toutes les questions, et à apporter, sinon des réponses, du moins des hypothèses vraisemblables, et scientifiques. Pas une seule fois dans le livre Darwin ne fait appel à Dieu pour expliquer le moindre phénomène, même quand il bute sur un écueil. Et c'est peut-être en cela que ce livre est révolutionnaire&amp;nbsp;: il ne fait jamais appel à une quelconque force supérieure pour expliquer une théorie, qui pourtant ne pouvait trouver son aboutissement en l'état de la science d'alors. Il avance prudemment, étaye chacun de ses propos, même les plus hardis, avec des observations, des expériences. Il est un modèle de démarche scientifique et dans une certaine manière une ode à la pluridisciplinarité, si étrange dans notre monde d'hyperspécialisation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On connaît la postérité extraordinaire de cette théorie de l'évolution (que Darwin ne nomme jamais ainsi), mais aussi l'hostilité qu'elle rencontre encore aujourd'hui. Des centaines de scientifiques ont affiné nos connaissances sur l'évolution des espèces, aidés en cela par l'émergence de la génétique, les découvertes importantes en géologie et dans toutes les sciences naturelles, botanique et zoologie en premier lieu. Mais les esprits bornés par une lecture littérale des textes sacrés (bibliques ou islamiques) et par une foi aveugle et bien-pensante continuent à faire des ravages. Fanatisme ou paresse intellectuelle&amp;nbsp;? Un peu des deux, probablement. Il est si facile de s'en remettre à Dieu plutôt que de chercher, encore et toujours, à comprendre ce qui se passe autour de nous...&lt;br /&gt;La postérité de Darwin n'est pas toutefois celle d'une science pure et humaniste&amp;nbsp;: sa théorie permit également l'émergence de l'eugénisme, de triste mémoire, et des théories sociales ou raciales hiérarchisant les êtres humains. La hierarchie des races n'est pourtant pas une donnée essentielle de la théorie de Darwin (sans être totalement absente). Les extrémités où l'ont amené certains lecteurs de Darwin est un dévoiement pur et simple, car ce dernier s'efforce au fil des pages de montrer que l'hérédité se conjuge inlassablement avec les conditions du milieu pour faire évoluer les espèces.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Louons donc Charles Darwin et son insastiable curiosité, qui lui fit écrire ce grand ouvrage. C'est un des piliers de la biologie moderne, un remarquable travail de naturaliste passionné et un exemple de vulgarisation scientifique aboutie. Rien que cela justifie le triomphe qu'il connut à sa parution, et le fait de le lire encore aujourd'hui.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-2790836708538584530?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/2790836708538584530/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=2790836708538584530' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/2790836708538584530'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/2790836708538584530'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2012/01/l-origine-des-especes-de-charles-darwin.html' title='L &apos;Origine des espèces de Charles Darwin'/><author><name>Valérie</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02593743808220673303</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-CV8nrqRsXZw/TybyQJ1rnRI/AAAAAAAAACA/gxp9Bo-F7XY/s72-c/581px-Charles_Darwin_statue_5661r.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-5742555976735217969</id><published>2012-01-16T19:57:00.005Z</published><updated>2012-01-16T20:05:20.639Z</updated><title type='text'>Ecossais en petite forme : L'essence de l'art, de Iain M. Banks</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-3iis7Gt_Hkg/TxSBIpk4I_I/AAAAAAAADpM/5fY82GpCqsE/s1600/banks.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 134px; height: 200px;" src="http://1.bp.blogspot.com/-3iis7Gt_Hkg/TxSBIpk4I_I/AAAAAAAADpM/5fY82GpCqsE/s200/banks.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5698321414129984498" /&gt;&lt;/a&gt; La traduction et la publication de l’unique recueil de nouvelles de Iain M. Banks au Bélial avait de quoi séduire les amateurs de l’univers de la Culture, qui attendaient de pouvoir lire à un prix enfin raisonnable la fameuse novella “The state of art”, publiée il y a quelques années aux éditions DLM et depuis longtemps indisponible. D’autant plus que figurait au sommaire un autre texte introuvable de la Culture, publié quant à lui dans le premier numéro de la revue Galaxies (“Un cadeau de la culture”). L’ensemble avait le bon goût de proposer en outre six nouvelles inédites,  dont on espérait qu’elles seraient à la hauteur de la réputation des textes précédents, ainsi qu’une préface fort bien conçue de l’excellent Arkady Knight. Hélas, autant l’avouer dès le préambule, ce recueil s’avère dans l’ensemble assez décevant et bien loin des standards de qualité auxquels nous avait habitué Iain M. Banks.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le sommaire débute par une nouvelle de 1988, “La route des crânes” (Road of Skulls), probablement l’un des textes les plus faibles de ces miscellanées banksiennes. Le bref récit d’un trajet entre deux compères sur une route pavée de crânes, une nouvelle qui ne soulève que très modérément l’intérêt et dont la fin n’excuse rien (d’ailleurs, on a déjà lu ça quelque part). On serait bien en peine de s’enthousiasmer pour le second texte, “Un cadeau de la culture” (A gift from the Culture) tant il laisse comme un arrière-goût d’inachevé. Un ancien membre de la section contact, exilé depuis de nombreuses années sur une planète de second rang, est sommé par un groupe terroriste d’abattre le vaisseau d’un ambassadeur de la Culture avec une arme qu’il est seul à pouvoir maîtriser. Peut-on échapper à l’influence de la Culture, même lorsqu’on s’est éloigné aux confins de sa zone d’exclusivité ? Un chantage doublé d’un cas de conscience dont finalement on se fiche éperdument, mais une question que l’on retrouve souvent en filigrane des romans de Iain M. Banks. Dans sa préface Arkady Knight rappelle d’ailleurs que les héros de Banks sont très souvent des personnages en marge de la Culture. Cette problématique est d’ailleurs au coeur de la longue nouvelle “L’essence de l’art”, qui met en scène une Unité de Contact Général en charge d’une mission d’observation de la Terre. A l’issue  d’un séjour de longue durée sur notre planète, l’un des membres de la section refuse de retourner sur le vaisseau de la Culture, il souhaite définitivement rester sur Terre et couper le contact avec la Culture, ce qui ne manque pas d’horrifier ses petits camarades, qui considèrent la civilisation terrienne comme violente, décadente, stupide et inconséquente. On assiste évidemment au cours du récit à une opposition de style caractérisée entre la Culture, civilisation hédoniste, tolérante, ouverte, voire anarchiste, et la Terre, dont la civilisation a pour caractéristique principale une farouche volonté d’auto-destruction. On s’en doutait, à l’issue de cette phase d’observation, la Terre est bien évidemment retoquée par la section contact et l’UCG repartira sans même se manifester auprès des autorités locales, trop occupées de toute façon à se quereller. Evidemment cette novella de plus de 150 pages occupe l’esentiel du recueil et en fait l’intérêt principal ; en dépit d’un ton un peu didactique et moralisateur (honnêtement, on a connu un Banks un peu plus fin dans son approche) on apprend énormément sur la Culture, sur ses objectifs, sur sa philosophie de vie (la scène du banquet vaut à elle seule la lecture de ce texte). Mais sur le fond, on ne peut s’empêcher d’effectuer une comparaison avec l’excellente nouvelle d’Andrew Weiner, “Devenir indigène”, pas forcément à l’avantage de Banks.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En revanche, “Descente” est très certainement la pièce maîtresse de cete poignée de nouvelles. Un texte puissant, voire presque vertigineux, dans lequel le rescapé d’un crash effectue un long périple sur une planète désertique, dans l’espoir de trouver du secours. Une marche épuisante en compagnie de sa combinaison intelligente, mais également une plongée terrifiante aux frontières de la folie. La chute de cette nouvelle est tout simplement saisissante. Des quatre textes qui restent on retiendra l’humour  noir de “Curieuse jointure” une sorte de rencontre du troisième type assez cocasse et “Nettoyage”, toujours dans le registre de l’humour, mais cette fois à la manière d’un Robert Sheckley ou d’un Frederic Brown, l’absurde n’était jamais bien loin. On se permettra d’être plus circonspect en ce qui concerne “Eclat”, un pur exercice de style, une expérimentation d’écriture qui peut impressionner mais dont au final on sort assez dubtitatif, ainsi qu’en ce qui concerne “Fragment”, qui contient des éléments intéressants sur le thème de la raison contre la foi et une chute assez bien trouvée. Pas de quoi fouetter un chat néanmoins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au final, L’essence de l’art fait l’effet d’une douche froide, sans doute parcequ’on attendait beaucoup trop du Banks nouvelliste et qu’à l’issue de cette lecture l’auteur écossais apparaît bien plus  convaincant sur la forme longue. Faut-il pour autant se priver des quelques textes excellents qui parsèment ce recueil sous prétexte que l’ensemble apparaît moyen ? Si vous êtes fan de la Culture et que vous attendiez comme le messie la réédition de “The state of art”, vous avez sans doute déjà craqué. Dans le cas contraire, seul “Descente” fait figure de texte incontournable, vous êtes désormais prévenu.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-5742555976735217969?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/5742555976735217969/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=5742555976735217969' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/5742555976735217969'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/5742555976735217969'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2012/01/lost-in-space-lessence-de-lart-de-iain.html' title='Ecossais en petite forme : L&apos;essence de l&apos;art, de Iain M. Banks'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-3iis7Gt_Hkg/TxSBIpk4I_I/AAAAAAAADpM/5fY82GpCqsE/s72-c/banks.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-1426842079692214790</id><published>2012-01-12T17:01:00.002Z</published><updated>2012-01-12T17:13:32.533Z</updated><title type='text'>Roman narcissique : Lunar Park de Bret Easton Ellis</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-6nYEcCcW584/Tw8TFThgSnI/AAAAAAAADpA/BNLdYzw-3So/s1600/Lunar-park.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 121px; height: 200px;" src="http://3.bp.blogspot.com/-6nYEcCcW584/Tw8TFThgSnI/AAAAAAAADpA/BNLdYzw-3So/s200/Lunar-park.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5696793035508042354" /&gt;&lt;/a&gt; Sixième roman de l’Américain Bret Easton Ellis, &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Lunar Park&lt;/span&gt; est un livre étrange, qui mêle fiction et éléments biographiques avec une réussite qui ne cesse de troubler le lecteur. L’auteur joue sans cesse sur la perception de la réalité, glissant de la fiction au réel avec une aisance surprenante et entremêlant en outre son récit d’éléments purement fantastiques ; ce n’est pas tout à fait nouveau chez Ellis, qui dans &lt;span style="font-style:italic;"&gt;American Psycho&lt;/span&gt; avait habilement et discrètement suggéré l’idée que son héros était victime d’hallucinations, mais cette fois on nage en plein délire, sans jamais vraiment savoir si Ellis joue délibérément la carte fantastique ou bien si son héros est simplement victime d’effets psychotropes liés à l’usage de drogues. Le roman démarre donc sur un faux rythme, une sorte d’avant-propos qui induit le lecteur en erreur et lui fait croire qu’Ellis est parti pour évoquer ses déboires d’auteur à succès, suite à la polémique gigantesque qui suivit la publication d’American Psycho. Alcool, drogues, surmenage, argent facile et crise d’identité, Ellis semble parti pour nous pondre un joli roman d’autofiction autour de sa relation de couple ratée avec l’actrice à succès Jayne Dennis, avec laquelle il eut un enfant. Sauf que Jayne Dennis n’a jamais existé et que Bret Easton Ellis n’a jamais été marié. Tout était donc faux ? Hélas, les choses ne sont pas aussi simples.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Reprenons, Bret Easton Ellis est un auteur américain célèbre et riche, qui a du mal à gérer son succès. Il tombe dans le piège du starsystème, de l’argent facile et de la cocaïne, fout en l’air sa relation avec l’actrice Jayne Dennis, qui donne par la suite naissance à un garçon dont il refuse de reconnaître la paternité. Après quelques années d’errance et de surmenage, Ellis renoue avec Jayne, qui entre temps a donné naissance à un autre enfant (une petite fille dont Ellis n’est pas le père). Ils emménagent ensemble dans une villa cossue d’une riche banlieue new yorkaise et décident de fonder une vraie famille, sur de nouvelles bases. Durant les premiers mois, Bret tient le coup, il lâche la dope, cesse de boire, accepte un boulot d’enseignant à l’université et fait mine de prendre goût à la vie de famille. Mais imperceptiblement les choses se dégradent, la relation qu’il doit construire avec son fils reste au point mort (un adolescent amorphe, bourré de pilules magiques censées réguler humeur et autres troubles du comportement), son couple ne fonctionne pas et Bret est sujet à des hallucinations étranges, comme si le fantôme de son père venait le hanter. Et puis il y a ces affaires de disparition d’adolescents. Des garçons issus de riches familles, qui disparaissent régulièrement sans que jamais les corps ne soient retrouvés. A la maison tout part en vrille, Bret ne contrôle plus rien et sombre à nouveau dans la drogue et l’alcool. Hier à l’occasion d’une fête il a cru apercevoir Patrick Bateman, le personnage central d’American Psycho.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Roman de la maturité ou de la crise de la quarantaine, Lunar Park fait d’une certaine manière figure de chant du cygne pour la génération X, qui cède le pas à une génération Y toujours aussi paumée et en mal de repères, mais qui souffre désormais en réseau. On y assiste stupéfait à la décomposition de la famille américaine : spirale infernale de la consommation pour pallier un déficit relationnel chronique, renfermement des adolescents dans un mutisme générationnel, négation de l’enfance (dans le sens où les enfants sont considérés comme des adultes en miniature), solitude de chaque individu isolé dans sa propre bulle (psychologique et médicamenteuse). Une angoisse sourde et diffuse traverse intégralement le roman, une angoisse parentale à laquelle celle des enfants fait écho et que l’on traite à coup de ritaline et d’anxiolytique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Lunar Park&lt;/span&gt; est aussi une habile variation sur le thème de l’écrivain en crise et une véritable catharsis pour Bret Easton Ellis, dont les angoisses transparaissent à travers la figure du père, qui hantait en grande partie ses romans précédents, notamment &lt;span style="font-style:italic;"&gt;American Psycho&lt;/span&gt; (dans le roman Ellis avoue que c’est son propre père qui lui a inspiré le personnage de Patrick Bateman) et &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Moins que zéro&lt;/span&gt;. Reste que si sur le fond le roman est plutôt riche, sur la forme on reste un peu plus circonspect, le style est minimaliste, voire inexistant et si la construction est efficace, sa répétitivité finit quelque peu par lasser sur la fin. Au bout de 450 pages, on est bien content de voir arriver le dénouement.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-1426842079692214790?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/1426842079692214790/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=1426842079692214790' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/1426842079692214790'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/1426842079692214790'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2012/01/roman-narcissique-lunar-park-de-bret.html' title='Roman narcissique : Lunar Park de Bret Easton Ellis'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-6nYEcCcW584/Tw8TFThgSnI/AAAAAAAADpA/BNLdYzw-3So/s72-c/Lunar-park.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-3276601157289546348</id><published>2012-01-06T20:28:00.000Z</published><updated>2012-01-06T20:28:21.999Z</updated><title type='text'>chronique sociale sensible : Marzi, de Sylvain Savoia &amp; Marzena Sowa</title><content type='html'>&lt;a href="http://www.nouvelle-europe.eu/images/stories/marzi.png" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="200" src="http://www.nouvelle-europe.eu/images/stories/marzi.png" width="160" /&gt;&lt;/a&gt;Dans les années 1980, Marzi est une petite gamine espiègle qui vit dans la banlieue de Cracovie. Elle vit la vie quotidienne des enfants d'ouvriers Polonais, tire les sonnettes dans son immeuble, fait la queue devant les magasins dès qu'un arrivage est annoncé, part le week-end dans le jardin familial pour faire pousser les légumes qui améliorent l'ordinaire, goûte aux joies de la campagne chez sa grand-mère, bref fait de son quotidien une aventure joyeuse.&lt;br /&gt;A travers ses yeux d'enfant, on découvre la Pologne communiste, faite de pénuries, de religiosité, de débrouille, d'inégalités, de tendresse... On y voit aussi en filigrane, la grande histoire se dessiner : l'explosion de Tchernobyl, l'état de siège, la visite retentissante d'un certain jean-Paul II, enfant du pays, les premières grèves, les premières arrestations...&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-qvB0rzvgExA/TVZ8fn6-7YI/AAAAAAAAABI/KML6AmPBzlY/s1600/La-pologne-de-marzi.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="200" src="http://2.bp.blogspot.com/-qvB0rzvgExA/TVZ8fn6-7YI/AAAAAAAAABI/KML6AmPBzlY/s200/La-pologne-de-marzi.jpg" width="194" /&gt;&lt;/a&gt;Marzi est heureuse, malheureuse, fait des bêtises, attendrit son père, agace sa mère, joue au Pape, fait sa communion, s'interroge sur Dieu, fait ses devoirs, gave un cochon d'Inde... Tout cela est raconté avec un bonheur d'enfant, parfois naïf, parfois cruel, jamais méchant, et ces petites pépites sont dessinées simplement, à la manière des strips : quatre cases par page, dans les tons marrons orangés, ligne claire. Des tronches parfois à mourir de rire ! Et des personnages qu'on a rencontré dans la Pologne d'après, telle la guide touristique insupportable (si, si à Vilanow, pour les connaisseurs...). Bref un monde à hauteur d'une enfant qui ne se laisse pas démonter, mais qui a du mal à comprendre tout ce qui se passe autour d'elle.&lt;br /&gt;Des souvenirs d'enfance de Marzi, alias Marzena Sowa, Sylvain Savoia a tiré une chronique dessinée douce-amère, amusante, et qui retrace l'ambiance polonaise d'avant la chute du mur, telle que mon ami Adam a pu me la décrire. C'est un témoignage juste, dont la gravité est habillée de facécie. Un roman graphique à mettre entre toutes les mains.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;PS à certaine Picarde de ma connaissance. As-tu remarqué qu'il y avait un deuxième tome?...&lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-3276601157289546348?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/3276601157289546348/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=3276601157289546348' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/3276601157289546348'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/3276601157289546348'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2012/01/chronique-sociale-sensible-marzi-de.html' title='chronique sociale sensible : Marzi, de Sylvain Savoia &amp; Marzena Sowa'/><author><name>Valérie</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02593743808220673303</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-qvB0rzvgExA/TVZ8fn6-7YI/AAAAAAAAABI/KML6AmPBzlY/s72-c/La-pologne-de-marzi.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-1423277944734879999</id><published>2012-01-06T16:58:00.001Z</published><updated>2012-01-06T17:05:57.593Z</updated><title type='text'>Chronique sociale subtile : Les péchés de nos pères, de Lewis Shiner</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/-ITtyCx_xEbk/TwcpM7X3f2I/AAAAAAAADo0/4eJd2CBqmJA/s1600/shiner.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 127px; height: 200px;" src="http://4.bp.blogspot.com/-ITtyCx_xEbk/TwcpM7X3f2I/AAAAAAAADo0/4eJd2CBqmJA/s200/shiner.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5694565555906248546" /&gt;&lt;/a&gt; Au milieu des années 80, Lewis Shiner était un auteur en vue dans le milieu de la SF. Ses nouvelles se vendaient bien et ses liens avec le mouvement cyberpunk promettaient d’en faire la coqueluche du fandom, à défaut de l’être auprès du grand public. Puis ce fut la chute irrémédiable, lâché par son éditeur de l’époque (Bantam) qui finalement refusa de publier son deuxième roman, &lt;span style="font-style:italic;"&gt;En des cités désertes&lt;/span&gt; (1988), le contrat de Lewis Shiner fut ensuite transféré chez Doubleday, qui préférait nettement bichonner le poulain fétiche de la maison, un certain John Grisham. Lewis Shiner sombra plus ou moins dans la dépression et l’alcool, changea de voie en se consacrant aux scénarios de comics puis revint finalement au roman en 1991 avec le sublime &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Glimpses &lt;/span&gt;(Fugues), un roman sur la crise de la quarantaine sur fond de voyage au coeur de la musique des années soixante. Carton critique (&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Fugues &lt;/span&gt;reçut le World Fantasy Award), le roman fut surtout un flop auprès du public, aux Etats-Unis comme en France (tout comme le fut Slam, son troisième roman). Difficile d’expliquer un tel écart entre les éloges dithyrambiques des critiques et l’anonymat profond dans lequel reste cantonné Lewis Shiner depuis vingt ans, sans doute peut-on l’expliquer par le positionnement très singulier de l’auteur, trop marqué SF pour séduire le grand public, mais en même temps trop peu soucieux des frontières de genres pour séduire le lectorat de SF pure et dure. En résumant rapidement la situation, Lewis Shiner apparaît comme un auteur de grande qualité, mais invendable car difficile à étiqueter. On croyait Lewis Shiner perdu pour la cause, l’homme avait déménagé en Caroline du Nord et avait repris une activité professionnelle plus classique, mais c’était sans compter sur la ténacité de l’auteur américain, qui en 1999 revient par la petite porte avec &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Say Goodbye&lt;/span&gt; (non traduit à ce jour) et surtout en 2008 avec &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Black and White&lt;/span&gt;  (Les péchés de nos pères), une énorme chronique sociale, qui se déroule dans sa ville de Durham. Adoubé par James Ellroy himself, qui ne tarit pas d’éloges, Les péchés de nos pères fut élu meilleur roman de l’année par le Los Angeles Times.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Michael Cooper, dessinateur de BD plutôt en vue, quitte le Texas pour se rendre au chevet de son père, en phase terminale d’un cancer des poumons. Ce dernier a souhaité retourner à Durham (Caroline du Nord), la ville de sa jeunesse, pour y passer les derniers moments de sa vie. Ces instants douloureux marquent également l’apogée des sentiments étranges que Michael ressent depuis l’enfance au sujet de ses parents, une froide distance qui les sépare et qui cache selon lui un lourd secret. Ce non-dit se fait de plus en plus pesant et la proximité de la mort ne libère ni le père ni le fils. Etrange également cette volonté de revenir à Durham, une ville dans laquelle son père a joué un rôle important au début de sa carrière d’ingénieur autoroutier, puis qu’il a fuit sans véritable raison apparente. Michael entreprend alors de contacter des membres éloignés de sa famille et d’anciens collègues de son père, en espérant collecter suffisamment d’informations pour reconstruire cet obscur puzzle. Tout semble en réalité lié à la destruction dans les années soixante  d’Hayti, le quartier noir de Durham, à l’occasion d’un vaste plan d’urbanisation et de réhabilitation qui n’était en réalité qu’une mascarade destinée à chasser la communauté noire de la ville, dans une région où le racisme était encore bien implanté et la ségrégation une réalité de tous les jours. Sur fond de guerre plus ou moins larvée entre communautés, Michael reconstruit le passé de Durham jusqu’au jour où l’un des anciens collègues de son père lui confie l’une des clés du mystère ;  le corps d’un membre important de la communauté noire, un leader de la lutte pour les droits civiques à Durham, aurait été enfoui sous plusieurs mètres cubes de béton, alors que l’entreprise du père de Michael avait en charge la construction de l’autoroute. Avec cette découverte, il lève un coin du voile sur le passé de son père, mais également sur celui d’une ville qui depuis trente-cinq ans n’a jamais réussi à résoudre les tensions engendrées par cette période trouble.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors que les précédents romans de Lewis Shiner gardaient un lien, certes ténu, avec les littératures de l’imaginaire, &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Les péchés de nos pères&lt;/span&gt; rompt définitivement avec toute argumentation fantastique ou SF, il s’agit d’une solide chronique sociale construite comme un thriller, au travers de laquelle transparaissent à nouveau les thématiques chères à l’auteur (le rôle du père, le poids du passé, la crise identitaire, la musique....). C’est un roman relativement classique sur la forme, mais extrêmement bien construit, admirablement écrit, subtil et émouvant. Comme toujours chez Shiner, les personnages ont une incroyable épaisseur et par leur regard intérieur, leurs sentiments et leurs souvenirs c’est toute l’Amérique des années soixante qu’il convoque avec un réalisme saisissant. Le plus admirable est sa capacité à nous faire toucher du doigt  cette marche de l’histoire coupée dans son élan, cette révolution avortée qui aurait permis à toute une communauté de sortir enfin de la misère et d’accéder aux mêmes droits que les blancs, mais qui au final n’a guère changé que les apparences. En filigrane apparaissent d’autres thématiques, en particulier toute une conception du couple et de la famille américaine, le poids des conventions sociales, la nécessité d’échapper au carcan imposé par l’american way of life et sa quincaillerie habituelle (couple bien sous tous rapports, petit pavillon de banlieue à la pelouse bien tondue, automobile lustrée de près, dernier modèle évidemment...). Le père de Michael symbolise assez bien ce mâle américain pris entre deux feux, celui contraint d’accepter les règles pour avancer dans la hiérarchie sociale et professionnelle, et celui qui tente d’échapper à ce cadre insupportablement contraignant en bafouant la bonne morale et toutes les conventions établies (offense suprême le père de Michael apprécie le jazz, fréquente les boites de danse noires et se laisse même séduire par une jeune métisse). Mais comme la marche vers les droits civiques, irrémédiablement entravée avant d’arriver à son dénouement, la révolte silencieuse de cet homme avortera finalement et tel un bon Américain il retournera sagement dans ses pénates, brisé à jamais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dernier thème et non des moindres, Shiner dresse un portrait impitoyable des élites américaines, politiques mais également économiques. Personnel politique corrompu et subordonné à des intérêts privés, décideurs impitoyables et cyniques, entrepreneurs verreux, clientélisme, le tout sur fond de racisme latent et de misérabilisme outrancier (il est vrai que le portrait concerne un état du sud des Etats-Unis et ne s’applique pas forcément à l’ensemble du pays). Contre toute attente, le roman se termine sur une note assez positive, mais on pardonnera la fin relativement facile et un peu trop riche en rebondissements tant l’ensemble du roman de Lewis Shiner paraît solide et convaincant.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-1423277944734879999?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/1423277944734879999/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=1423277944734879999' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/1423277944734879999'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/1423277944734879999'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2012/01/chronique-sociale-subtile-les-peches-de.html' title='Chronique sociale subtile : Les péchés de nos pères, de Lewis Shiner'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-ITtyCx_xEbk/TwcpM7X3f2I/AAAAAAAADo0/4eJd2CBqmJA/s72-c/shiner.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-3126799358522012019</id><published>2011-12-17T22:02:00.004Z</published><updated>2011-12-17T22:25:51.998Z</updated><title type='text'>Fantasy naturaliste : Wastburg, de Cédric Ferrand</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/-vMkF8hWCWCg/Tu0SJtF0dlI/AAAAAAAADoo/qi4kiuUnnWQ/s1600/wastburg.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 161px; height: 200px;" src="http://2.bp.blogspot.com/-vMkF8hWCWCg/Tu0SJtF0dlI/AAAAAAAADoo/qi4kiuUnnWQ/s200/wastburg.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5687221862370932306" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Dans la masse informe et parfois insipide de la production hautement calibrée de fantasy, émergent parfois quelques perles, de petits bijoux écrits avec amour et talent, qui font la nique aux auteurs anglo-saxons. Car sans aller jusqu’à cautionner les propos de l’éditeur, pour qui se dessine déjà une école de la “crapule fantasy”, il faut bien avouer que semblent émerger en France quelques voix nouvelles, qui osent mettre au placard la quincaillerie habituelle de la fantasy, pour nous entraîner dans des univers nettement moins épiques mais hautement plus jouissifs. Une littérature moins ancrée dans le merveilleux, plus réaliste pourrait-on dire (même si le terme paraît impropre), mais également plus exigeante sur la forme comme sur le fond. Avec &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Wastburg&lt;/span&gt;, Cédric Ferrand (autre transfuge du jeu de rôles) apporte une nouvelle pierre à l’édifice, et c’est à nouveau aux éditions Les moutons électriques que nous devons ce petit miracle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cité-état posée comme une verrue à l’embouchure du fleuve Puerk et coincée entre deux royaumes (le Waelmstat et la Loritanie), Wastburg est une bourgade crasseuse mais prospère. Sa raison d’être est le commerce, mais l’argent surtout est son moteur. Wastburg, c’est un peu Lankhmar, en plus sale et en plus corrompue, une cité faite de bric et de broc, à la fois travailleuse et un peu voleuse. Les gredins de la pire espèce hantent ses rues la nuit venue, pendant que les hommes de la garde ferment les yeux ou touchent quelque pot de vin pour arrondir une solde un peu maigrelette. Mais les puissants ne sont pas en reste et la racaille pullule également dans les bâtisses cossues des beaux quartiers, détournant l’impôt, instaurant de nouvelles taxes pour masquer les déficits. La cité est gouvernée depuis des décennies par le burgmaester, un personnage emblématique que plus personne n’a vu depuis des lustres, mais dont le pouvoir étend ses ramifications à travers toute la ville. L’homme est habile et maintient savamment l’équilibre social précaire de la cité, partagée entre Loritains, citoyens souvent modestes, et Waelmiens, plus aisés et détenant l’essentiel des postes clés. Les différences culturelles, mais également l’antagonisme, entre les deux communautés sont palpables et les puissants exploitent constamment ce bellicisme latent dans le but de détourner l’attention et masquer ainsi plus facilement leurs agissements (corruption, détournements de fonds, enrichissements crapuleux...).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elément central du roman, &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Wastburg &lt;/span&gt;est un personnage à part entière, une entité vivante dont au fil du texte on perçoit le rythme, la respiration et les humeurs. Le roman est en réalité découpé en de multiples saynètes mettant en scène des Wastburgiens d’origines différentes (gardes, geôliers, artisans, voleurs, débardeurs, mercenaires ou bien encore prévost) et dont on suit quelques pages durant les tribulations. Ces tranches de vie sont en réalité l’occasion de découvrir les multiples facettes de la ville, son architecture, son organisation sociale ou bien encore ses traditions. En filigrane on perçoit un fil directeur, une trame obscure et éminemment politique. Quelques zones d’ombre persistent évidemment, et c’est là tout l’intérêt du roman de ne pas être toujours trop explicite et de laisser le lecteur progressivement recoller les morceaux de ce puzzle dont il espère découvrir le sens. Les amateurs d’intrigues resserrées, d’aventures épiques pleines de rebondissements et de morceaux de bravoure en seront pour leurs frais, car ils ne trouveront rien de tout cela dans &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Wastburg&lt;/span&gt;, qui se veut un roman empreint de réalisme, centré sur le quotidien de gens modestes dont les finalités sont souvent terre à terre. &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Wastburg &lt;/span&gt;est un roman sur les petites gens, les oubliés de la fantasy épique, ceux qui n’ont rien, ceux qui tous les jours doivent trimer, voler ou bien encore rouler dans la farine d’autres hères encore plus mal en point qu’eux  pour trouver leur pitance. En poussant quelque peu le trait, on pourrait considérer que Cédric Ferrand a donné naissance à l’un des premier romans de fantasy naturaliste. Le style et l’écriture sont également partie prenante de cette ambition littéraire, l’auteur ayant choisi un langage populo voire argotique, qui accorde encore davantage de crédit à ses personnages et contribue à plonger le lecteur immédiatement dans l’ambiance crapuleuse et mal famée de Wastburg.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Si vous en aviez marre de la fantasy calibrée écrite au kilomètre, si les quêtes emplies de trolls, de nains, d’elfes et de guerriers atteints de beaugossitude vous hérissaient le poil, vous savez désormais qu’il ne s’agit plus d’une fatalité et qu’à l’instar d’un Jean-Philippe Jaworski ou d’un Laurent Kloetzer (mais on pourrait également rapprocher ce roman d’un certain &lt;a href="http://bloggerinfabula.blogspot.com/2009/01/aquaforte-de-kj-bishop-la-fantasy.html"&gt;Aquaforte&lt;/a&gt;, de K.J. Bishop), une autre fantasy est possible, plus littéraire, plus ambitieuse, moins stéréotypée. Une approche plus mature qui hélas risque de se retrouver bien esseulée face aux tombereaux de romans de fantasy médiocres qui sont déversés chaque mois sur les étals des librairies.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-3126799358522012019?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/3126799358522012019/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=3126799358522012019' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/3126799358522012019'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/3126799358522012019'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2011/12/fantasy-naturaliste-wastburg-de-cedric.html' title='Fantasy naturaliste : Wastburg, de Cédric Ferrand'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-vMkF8hWCWCg/Tu0SJtF0dlI/AAAAAAAADoo/qi4kiuUnnWQ/s72-c/wastburg.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-3385602220255570589</id><published>2011-11-20T15:29:00.026Z</published><updated>2011-11-26T16:33:59.329Z</updated><title type='text'>Live report : Chicago blues a living history (Biarritz, 19/11/2011)</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/-9utPz1JBD6s/TskjaqUgUXI/AAAAAAAADn8/UN-pvXLtv9g/s1600/336642-chicago-blues-a-living-history-637x0-3.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 200px; height: 180px;" src="http://2.bp.blogspot.com/-9utPz1JBD6s/TskjaqUgUXI/AAAAAAAADn8/UN-pvXLtv9g/s200/336642-chicago-blues-a-living-history-637x0-3.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5677107746221085042" /&gt;&lt;/a&gt;Une fois n'est pas coutume, voici un petit compte-rendu de concert. Rien à voir avec la littérature, mais c'est pas grave, c'est mon blog, je fais ce que je veux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peut-être serait-il utile de préciser que cette soirée commença sous les meilleures auspices, et ce, dès notre arrivée à Biarritz (après deux petites heures de route, "All Original" de John Primer à fond dans la bagnole). Hop, zéro souci pour se garer, nous sortons de la voiture et tombons quelques centaines de mètres plus loin sur le staff quasiment complet du Chicago blues Living History : Lurrie Bell, John Primer, Billy Boyd Arnold et leurs sidemen sont sur le point d'entrer dans le restaurant qui fait face à la salle de concert. Ni une ni deux, nous interpelons Lurrie Bell que mon pote a déjà rencontré dans un club de blues de Mexico. Coup de bol, Lurrie Bell se souvient de lui. Après force poignées de mains et rires bien sonores (quelle voix), Lurrie nous propose de manger avec eux. Le restau est quasiment complet mais les serveurs nous font une petite place en approchant une table, je suis coincé entre le mur et Billy Boy Arnold, le bassiste Felton Crews est en face et j'ai juste à tendre la main pour serrer la pogne de John Primer (pincez-moi je rêve ! Nom de Dieu, je bouffe avec des légendes vivantes du blues !).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les musiciens engagent la conversation avec nous de manière très amicale, les présentations étant faites officiellement ils commencent à blaguer sur la bouffe du restaurant (la carte leur paraît pour le moins obscure) et nous leur expliquons dans un anglais approximatif les subtilités de la gastronomie locale. Billy Boy est très silencieux, visiblement fatigué (ou concentré), il ferme les yeux et prend un peu de repos en attendant que sa salade et son orangina (Billy avait commandé un Fanta, mais le serveur désappointé n'en a pas) arrivent, je n'ose pas le déranger ; de toute façon je suis un peu intimidé et mon anglais devient très confus. Je me contente d'écouter. Bonne grosse poilade lorsque les plats arrivent, Felton Crews et John Primer ont commandé une Burger salade et voient arriver une salade de chèvre chaud, sympathique mais assez éloignée de ce qu'ils avaient imaginé. Le reste du repas se déroule dans un bouhaha indescriptible, les grosses voix de bluesman c'est pas ce qu'il y a de plus discret et le rire de Lurrie Bell est assez indescriptible, John Primer est également doté d'un sacré sens de l'humour et d'une patate d'enfer. Il est vraiment très sympa et très abordable. Tous semblent avoir un immense respect pour Billy Boy Arnold et se montrent très prévenant avec la légende du blues. Certains seront sans doute déçus d'apprendre que ces messieurs de Chicago tournent au coca, seul Felton Crews ose un petit blanc sec pour accompagner sa salade. Tout cela paraît bien raisonnable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;8h15, nous devons quitter la table pour aller prendre possession de nos places, j'en profite juste pour me faire dédicacer "All Original" par John Primer, il parait tout étonné et me demande si le disque est commercialisé en France et si on le trouve chez les disquaires de quartier. Je lui explique que j'ai été obligé de l'acheter sur le Net. Mon stylo marche mal et John est obligé de s'y reprendre à deux reprises, mais j'ai mon autographe. J'ai apporté ma sangle de guitare, mais n'ayant pas de marqueur je décide de laisser tomber, peut-être que lors de la séance de dédicaces je mettrai la main sur un stylo de meilleure qualité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;8h25, nous entrons dans la salle, loin d'être comble. C'est très confortable, mais l'atmosphère ne nous parait pas très propice au blues, c'est trop clean, trop feutré, on a l'impression d'être au théâtre. La moyenne d'âge est assez élevée pour un concert et frôle la soixantaine. Il y a tout de même quelques trentenaires disséminés dans la salle. C'est très BCBG. Heureusement qu'il y a des bêtes de scène pour réveiller ce petit club du troisième âge un peu collé-monté.Mathew Skoller déboule sur la scène à 8h30 pétantes sous des applaudissements assez timides. Il présente le show en français, de manière très pro et très pédagogique et introduit les musiciens du groupe. Billy Boy Arnold fait son entrée sur la scène, là aussi les applaudissements sont discrets, j'ai l'impression d'être le seul à m'exciter sur mon siège. Je suis déjà debout à applaudir, les gens doivent me prendre pour un fêlé.&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/-CkMpiZd8ggM/TskevFRenQI/AAAAAAAADmQ/NNyPR2dkKTw/s1600/billyboyarnold.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 200px; height: 150px;" src="http://2.bp.blogspot.com/-CkMpiZd8ggM/TskevFRenQI/AAAAAAAADmQ/NNyPR2dkKTw/s200/billyboyarnold.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5677102599495392514" /&gt;&lt;/a&gt;Billy semble avoir retrouvé un peu d'énergie, mais le poids des années est bien là, son jeu à l'harmonica est assez doux, très classe et sa voix a gardé toute sa jeunesse et son timbre, j'ai l'impression de remonter le temps. Après trois titres, il cède la place à John Primer, qui se charge de réveiller la salle.&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/-Ua7RL18joko/TskkRkTvWfI/AAAAAAAADoI/7NVMn_EPFCM/s1600/primer.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 200px; height: 150px;" src="http://1.bp.blogspot.com/-Ua7RL18joko/TskkRkTvWfI/AAAAAAAADoI/7NVMn_EPFCM/s200/primer.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5677108689500068338" /&gt;&lt;/a&gt;Quel showman, quelle énergie et surtout quel jeu de guitare, à la fois puissant et subtil. Il est en parfaite harmonie avec ses musiciens et sait habilement s'effacer pour laisser la place à Mathew Skoller (harmo) ou Johnn Iguana (piano/orgue). Et en plus il a l'air de s'amuser comme un fou, bouge dans tous les sens et fait même le pitre, mais sans jamais tomber dans le démonstratif inutile. Un musicien assurément très communicatif et que l'on pourrait écouter pendant trois heures sans se lasser. Hélas, au bout de trois morceaux, il quitte la scène au profit de Billy Branch, impeccable et tout aussi énergique. Son jeu à l'harmo est puissant et énergique, le bonhomme est en forme. C'est au tour de Carlos Johnson d'entrer en scène. &lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/-G7jSgQekcmY/Tskf_D1BG0I/AAAAAAAADm0/ci9IbRwTvj0/s1600/carlosjohnson.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 200px; height: 150px;" src="http://1.bp.blogspot.com/-G7jSgQekcmY/Tskf_D1BG0I/AAAAAAAADm0/ci9IbRwTvj0/s200/carlosjohnson.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5677103973497117506" /&gt;&lt;/a&gt;Il a pris pas mal de kilos ces dernières années et semble souffrir de la hanche, d'ailleurs un tabouret est prévu pour lui sur la scène. Carlos lance quelques blagues avant de jouer, ça fonctionne bien, le public est déjà conquis par son charme, mais il n'a encore rien vu car Johnson a encore du feu entre les mains. Pourtant son premier titre est un blues très lent, très doux (micros quasiment au minimum), cristallin, il faut tendre l'oreille tellement le volume de la musique est bas (le groupe assure derrière). Ses doigts semblent effleurer les cordes de la guitare, il caresse son instrument avec un touché extraordinaire dans un jeu proche de BB King. Et puis progressivement la sauce monte (le volume des micros également) dans un déferlement de notes assénées avec une puissance et un doigté extraordinaires. Quelle dynamique, quelle maestria, quelle retenue, quelle puissance, quelle variété dans les solos ! Rien à dire, Carlos Johnson est un maître, hélas quasiment inconnu par chez nous. On voudrait que ça dure encore et encore, mais il faut laisser la place à Lurrie Bell.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/-CoR0iGUBrcA/Tskgb0ZPXYI/AAAAAAAADnA/3gUo-_wn5No/s1600/lurriebell.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 200px; height: 150px;" src="http://2.bp.blogspot.com/-CoR0iGUBrcA/Tskgb0ZPXYI/AAAAAAAADnA/3gUo-_wn5No/s200/lurriebell.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5677104467570285954" /&gt;&lt;/a&gt;Dur de passer après Johnson, d'autant plus que le son de son instrument parait un peu brouillon, les notes graves entrent en résonance avec la batterie et son micro est placé trop haut (Lurrie a les paroles accrochées sous son micro et baisse donc le menton quand il chante un modeste Dust My Broom), l'harmoniciste est obligé par conséquent de lui baisser son pied de micro à la fin du premier titre ; les deux morceaux suivants sont plus convaincants et la voix de Lurrie semble se libérer, son jeu de guitare également prend de l'ampleur, mais le son est hélas relativement médiocre. Mais le bonhomme fait son boulot et, sans montrer toute l'étendue de son talent, laisse apercevoir le bluesman qu'il a pu être.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/-HZuIHPSDKvc/TskfDIiC5TI/AAAAAAAADmc/GPbSMWity40/s1600/bandcomplet.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 200px; height: 150px;" src="http://2.bp.blogspot.com/-HZuIHPSDKvc/TskfDIiC5TI/AAAAAAAADmc/GPbSMWity40/s200/bandcomplet.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5677102943967569202" /&gt;&lt;/a&gt;Fin du concert après un dernier rappel, avec tout le band sur la scène. Quatre guitaristes, trois harmonicistes plus le bassiste, le batteur (extraordinaire) et le clavier, ça fait du monde et l'ensemble parait un peu brouillon, mais c'est sympa, et au bout d'une minute et des poussières la dynamique se met en place. John Primer est toujours aussi bien placé et ses interventions sont d'une pertinence tout à fait à propos, Carlos Johnson sort évidemment son épingle du jeu, le reste est pas mal non plus et le groupe fait les honneurs à Billy Boy Arnold. Magistral !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après un tonnerre d'applaudissements, le groupe commence à ranger le matos et nous attendons que le public ait quitté la salle pour aller les remercier, c'est l'occasion de serrer les pognes de Billy Branch et Carlos Johnson, que nous n'avions pas vus au repas. Billy et Carlos se souviennent également de mon pote JD et de leur prestation de Mexico, ils blaguent en souvenir du bon vieux temps, demandent des nouvelles de quelques connaissances et nous proposent de les accompagner à la séance de dédicace. Il y a une vingtaine de personnes qui attendent les autographes de Billy Boy Arnold, Carlos Johnson et Billy Branch (John Primer et Lurrie Bell se sont déjà éclipsés). Nous attendons à nouveau la fin de la séance pour faire signer nos CD et prendre quelques photos en leur compagnie, j'en profite pour faire dédicacer ma sangle de guitare, c'est la classe... je crois que je vais faire quelques jaloux à la prochaine répète.&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/-Dq_iTFshQLY/Tskg2a1aOoI/AAAAAAAADnM/dZz2acy4Y6E/s1600/dedicaces.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 200px; height: 134px;" src="http://3.bp.blogspot.com/-Dq_iTFshQLY/Tskg2a1aOoI/AAAAAAAADnM/dZz2acy4Y6E/s200/dedicaces.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5677104924565584514" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les musiciens semblent fatigués et demain matin ils prennent l'avion assez tôt pour Paris, Billy Branch décline notre offre d'aller boire un canon dans un bar du coin. Tant pis, après quelques poignées de mains et une invitation de Carlos à venir faire un tour à Chicago pour taper le boeuf, nous les quittons déjà bien contents d'avoir pu les côtoyer aussi longtemps. Nous décidons tout de même d'aller boire un coup avant de reprendre la route (sans alcool pour moi, hélas, puisque je conduis). Quelques minutes plus tard, Billy Boy Arnold nous salue amicalement alors que nous sommes en terrasse, puis s'enfonce dans la nuit pour regagner son hôtel, silhouette élégante et frêle éclairée fugitivement par les néons des bars et les phares des voitures. Deux minutes plus tard, c'est Carlos Johnson et Billy Branch (accompagné visiblement de sa femme) qui descendent la rue. Billy nous salue, mais Carlos traverse carrément la rue et lance à la cantonade qu'il a une petite soif. Finalement nous nous retrouvons tous ensemble dans la brasserie, pour une petite discussion d'un peu plus d'une heure sur des sujets assez variés (comme on doute de rien, nous faisons écouter notre reprise de "That Same thing" à Billy et Carlos, qui semblent surtout apprécier la plastique de notre ancienne chanteuse). Carlos me demande quelles sont les mes préférences en matière de blues et mes influences, je lui montre la playlist de mon téléphone et Billy et lui commentent gentiment mes goûts (oh, tiens, j'ai enregistré un disque avec Junior Wells ; ah ouais, avec Kenny Neal aussi, il est sympa Kenny). Soudain, Carlos bloque sur Magic Slim et me demande de lui faire écouter son dernier album, la sortie HP du téléphone étant minable, Billy sort deux mini enceintes de son sac et nous discutons tout en écoutant "Raising the bar" pendant que Carlos bouge au rythme du shuffle en sirotant une vodka tonic. Billy s'engage soudain dans une discussion plus sérieuse sur la politique et le racisme, nous pose des questions sur la situation en France et sur la manière dont nous percevons Obama. On en vient même à parler philosophie. Incroyable.&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/-KKIiLftk1f8/TskhmtG2XSI/AAAAAAAADnY/Ua-rk9RHg-A/s1600/branch_johnson.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 200px; height: 150px;" src="http://4.bp.blogspot.com/-KKIiLftk1f8/TskhmtG2XSI/AAAAAAAADnY/Ua-rk9RHg-A/s200/branch_johnson.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5677105754104290594" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/-zkWc6rgy06g/TskhuNwL_FI/AAAAAAAADnk/h5x5X9EqPLs/s1600/bar1.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 200px; height: 134px;" src="http://3.bp.blogspot.com/-zkWc6rgy06g/TskhuNwL_FI/AAAAAAAADnk/h5x5X9EqPLs/s200/bar1.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5677105883126692946" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Vers une heure du matin, je donne le signal du départ car je commence à fatiguer et j'ai deux bonnes heures de route devant moi. Après de longues et chaleureuses poignées de mains, quelques mots sympas et une nouvelle invitation à Chicago, nous les quittons avec regret. Carlos nous donne même l'accolade. J'ai l'impression de rêver. Je veux que tous les concerts se déroulent de cette manière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et hop, la cerise sur le gateau !&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/-vivvKK-LAzw/TskifOqfxdI/AAAAAAAADnw/fF_8lb7FW7M/s1600/sangle.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 150px; height: 200px;" src="http://3.bp.blogspot.com/-vivvKK-LAzw/TskifOqfxdI/AAAAAAAADnw/fF_8lb7FW7M/s200/sangle.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5677106725184849362" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-3385602220255570589?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/3385602220255570589/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=3385602220255570589' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/3385602220255570589'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/3385602220255570589'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2011/11/live-report-chicago-blues-living.html' title='Live report : Chicago blues a living history (Biarritz, 19/11/2011)'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-9utPz1JBD6s/TskjaqUgUXI/AAAAAAAADn8/UN-pvXLtv9g/s72-c/336642-chicago-blues-a-living-history-637x0-3.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-7101633668933431857</id><published>2011-11-05T23:17:00.003Z</published><updated>2011-11-28T17:39:05.836Z</updated><title type='text'>Fantasy de haute volée : Le dragon Griaule, de Lucius Shepard</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/-G-7-LhAy9jg/TrXEMaYGiRI/AAAAAAAADgQ/d03CVFUU4rE/s1600/griaulegif.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 137px; height: 200px;" src="http://3.bp.blogspot.com/-G-7-LhAy9jg/TrXEMaYGiRI/AAAAAAAADgQ/d03CVFUU4rE/s200/griaulegif.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5671655023260895506" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Avec le décès de Jacques Chambon en 2003, éditeur attitré de Lucius Shepard en France, les fans de l’écrivain américain pouvaient craindre le pire. C’était sans compter sur le travail de Jean-Daniel Brèque, son traducteur, et des éditions du Bélial, qui depuis 2005 ont entrepris de publier les meilleurs textes de Shepard. Après deux recueils de nouvelles et un court roman relevant très clairement du fantastique, registre de prédilection de l’auteur, Le Bélial édite un recueil de nouvelles de fantasy, une sorte de méta-roman comme le spécifie la quatrième de couverture, regroupant les textes du dragon Griaule. La génèse de cet univers remonte à la publication en 1987 du recueil Le chasseur de jaguar, dans lequel figure “L’homme qui peignit le dragon Griaule”, une nouvelle de grande qualité mais qui dans l’esprit de son auteur ne devait pas donner lieu à une suite. C’était sans compter sur les fans et sur la pression des éditeurs, qui réclamèrent régulièrement d’autres textes se déroulant dans cet univers. Visiblement peu enthousiaste à l’idée de renouer avec Griaule (du moins en ce qui concerne les trois textes les plus récents), mais paradoxalement assez inspiré, Lucius Shepard a imaginé finalement les six récits qui composent cet excellent recueil, accompagnés dans la présente édition d’une postface brève mais éclairante.  &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;&lt;br /&gt;“Je ne crois pas que Griaule pourrait percevoir une menace dans un processus aussi subtil que l’art, leur dit Meric. Nous procéderons comme si nous allions l’illustrer, orner son flanc d’une authentique vision, alors que cependant nous l’empoisonnerons avec la peinture”.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Seul texte à ne pas être inédit, “L’homme qui peignit le dragon Griaule” a néanmoins bénéficié d’une nouvelle traduction de la part de Jean-Daniel Brèque, gage par conséquent d’une certaine unité, voire d’une harmonie stylistique avec les textes plus récemment traduits. Le choix de débuter le recueil par cette longue nouvelle s’imposait donc sur le plan éditorial à défaut de l’être sur le plan de la chronologie pure. Dans la postface, Shepard souligne avec une malice légèrement teintée d’ironie à quel point la fantasy l’irrite, on peut par conséquent être étonné qu’il ait choisi l’un des symboles les plus puissamment évocateurs de cette littérature pour le reprendre à son compte (dans sa postface il explique qu’un petit joint fumé à l’ombre d’un arbre lui aurait donné cette idée saugrenue). Mais lorsque Lucius Shepard écrit de la fantasy il ne fait rien comme les autres et c’est avec un malin plaisir qu’il s’éloigne des codes du genre, voire les détourne à des fins insoupçonnées. Griaule est le nom d’un dragon géant, une bête énorme, sans équivalent, mais définitivement réduite à l’impuissance par un charme jeté par un magicien intrépide. Depuis des siècles Griaule n’est qu’une masse informe parfaitement intégrée dans le paysage, sur ses flancs pousse une végétation dense et pleine de vigueur, si bien que le voyageur égaré confond aisément le dos du dragon avec les collines environnantes. Dans ses entrailles rodent quelque bête fabuleuse qui participe à l’étrange écosystème de Griaule ou des parasites qu’il ne fait pas bon croiser au détour d’un chemin. Bien que la plupart des dragons aient disparu de la surface de la Terre et relèvent partout ailleurs de la légende, l’homme s’est accoutumé à cette étrangeté, une ville, Téocinte, s’est développée à proximité et sur son dos les chasseurs d’écailles ont érigé un véritable village. Mais si le corps du dragon est frappé de léthargie, son esprit est toujours vivace et son influence façonne la vie des hommes et des femmes qui vivent à proximité et qu’il soumet à sa volonté insidieuse. Las de voir leur destin régi par un reptile à moitié fossilisé, fut-il le plus grand dragon de son espèce, les autorités locales cherchent un moyen de le tuer  définitivement. Les projets ne manquent pas, mais finalement la patience des hommes aura raison de la volonté du dragon, à moins que cet étrange plan, qui consiste à peindre intégralement le corps de Griaule en espérant que les toxines contenues dans la peinture aient raison de son métabolisme, ne soit un énième avatar de ses obscurs desseins. Histoire d’amour empreinte d’une profonde mélancolie tout autant que fable sur la politique comme objet de manipulation des masses (ou le contraire), on serait tenté de croire que dans ce jeu de dupes, qui consiste à tromper l’adversaire en permanence, l’art puisse puisse fonctionner comme un vecteur de subversion. Un moyen d’échapper à ce contrôle et de libérer la parole tout autant que l’action politique. Ce serait bien trop simple, voire simpliste, et bien que Shepard joue constamment sur cette cruelle ambiguïté, le lecteur ne préservera pas bien longtemps ses illusions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un peu moins convaincante sur le fond et sur la forme, “La fille du chasseur d’écailles” n’en contient pas moins quelques thèmes intéressants. Après avoir subi une tentative de viol, une jeune femme réputée pour sa beauté et ses moeurs quelque peu légères, est contrainte de fuir dans les profondeurs des entrailles de Griaule, afin d’échapper à ses poursuivants. Catherine découvre un monde dont elle ne soupçonnait pas l’existence, dans ces cavernes de chair, des êtres humains dégénérés vivent en symbiose avec le dragon, le débarrassent de ses parasites internes en échange de sa chaleur et de sa protection. Prisonnière de Griaule, qui semble lui réserver un destin bien particulier, Catherine vit recluse dans cet étrange écosystème, apprend à connaître à force d’études et de patience la physiologie de la bête, les étranges facultés des substances qu’il sécrète, des plantes ou des animaux parasites qui peuplent ses entrailles. Catherine prend conscience peu à peu du rôle que Griaule lui a attribué et dans quelle mesure le dragon la manipule et s’insinue dans son esprit pour réaliser ses propres desseins. Lente plongée dans un monde organique fascinant mais étouffant, cette nouvelle est l’occasion de découvrir un autre aspect de Griaule et de son pouvoir de suggestion, peu à peu se dessine un plan, que l’on peine à comprendre mais dont lentement se matérialisent les contours, avec pour corollaire l’idée que pour un monstre de son envergure, les humains ne sont rien d’autre que des pions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;“Au cas où vous en douteriez, je vous prie de réfléchir à tout ce que vous avez appris à ce jour : vous comprendrez de quoi j’étais capable lorsque je n’avais aucun pouvoir et je vous laisse imaginer ce qui pourrait se passer à présent que j’en ai beaucoup.”&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Manipulation, pouvoir,, libre-arbitre, révolte. Des thèmes qui constituent le fil directeur de ce recueil  et qui sont à nouveau au coeur de la nouvelle “Le père des pierres”, un récit qui fonctionne comme une enquête policière. Un avocat est chargé d’assurer la défense d’un lapidaire responsable du meurtre de Mardo Zemaille, grand prêtre du temple du dragon, une secte qui rêve de redonner vie au sorcier responsable du sort de Griaule. Retrouvé près du corps du prêtre et de l’arme du crime (une gemme d’une taille et d’une qualité exceptionnelles), l’homme affirme qu’il n’a pas agi pour se venger de Zemaille, qu’il accusait jusqu’à lors d’avoir dévoyé sa fille, mais sur injonction de Griaule, qui souhaitait par son intermédiaire se débarrasser d’une menace. Le récit, psychologique et sulfureux, est centré sur l’enquête menée par l’avocat, dont on comprend rapidement qu’il est manipulé par les deux partis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout comme le texte précédent, “La maison du menteur” se déroule à une époque indéterminée, loin dans le passé si l’on en croit le récit qui met en scène les amours entre un truand un tantinet rustique et une femme-dragonne. Deux êtres à priori totalement contrôlés par le dragon endormi, lui-même aiguillonné par un instinct qui lui intime de se reproduire (pas facile lorsqu’on mesure plus de mille mètres de long et que l’on est endormi depuis des siècles). L’homme n’est ici plus seulement manipulé par le dragon, il incarne Griaule sous une forme humaine et sa semence donnera naissance à un véritable dragon. Le thème de la manipulation s’efface d’ailleurs face à une histoire d’amour impossible entre deux individus que tout oppose (impossible de par leur nature, mais également impossible au regard des hommes), incapables de distinguer leurs sentiments de leurs instincts. Sorte de parabole sur le droit à la différence et sur l’intolérance des hommes, “La maison du menteur” est un très beau texte qui montre Griaule sous son aspect le moins sombre et l’humanité sous celui qui est le sien depuis toujours, à savoir cruelle et stupide.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;&lt;br /&gt;“Mais c’est vrai ! J’ai été manipulé ! Griaule s’est servi de moi !&lt;br /&gt;L’autre parut réfléchir sérieusement à cette hypothèse. C’est possible, dit-il finalement. En fait c’est même probable, j’imagine.&lt;br /&gt;Cette déclaration fut loin de susciter l’enthousiasme de la foule.&lt;br /&gt;Mais il y a un problème... reprit le blond avec un sourire. On ne peut pas pendre Griaule, pas vrai ? Alors tu vas payer à sa place.”&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On passera un peu plus rapidement sur  “L’écaille de Taborin”, une nouvelle non dénuée de qualités mais curieusement bien moins prenante que les textes précédents. Deux jeunes gens, George le numismate et Sylvia la prostituée, sont transportés dans une dimension parallèle (à moins qu’il ne s’agisse des rêves de Griaule) dans laquelle le dragon est bel et bien vivant et maintient une poignée d’humains sous sa coupe. Ces derniers sont parqués selon le bon vouloir du monstre. George et Sylvia sont donc contraints de (sur)vivre ensemble jusqu’à ce que le dragon leur indique les motifs de leur présence dans cette dimension parallèle. Le texte vaut surtout pour ses dernières pages, dans lesquelles le dragon tente dans un ultime sursaut vital, d’échapper à son funeste destin, avant que la cupidité des hommes ne se charge de découper son cadavre pour en faire des reliques bon marché.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    &lt;span style="font-style:italic;"&gt;“Ils s’attaquèrent à lui dès le lendemain, tous les profiteurs, les truands et les entrepreneurs, ceux qui avaient des droits sur son cadavre et deux qui n’en avaient aucun. Leur terreur sacrée annihilée par l’avidité, une pulsion presque aussi forte que la peur. Ils grouillèrent bientôt sur sa dépouille, qu’ils découpèrent et dépecèrent, puis ils excavèrent la colline où il avait chu, se lançant à la recherche de son trésor.”&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ultime et dernier texte au sujet du  dragon Griaule “Le crâne” est aussi est surtout le morceau de choix  de ce recueil. Une petite novella qui confirme le retour d’un Lucius Shepard au sommet de son art. On pouvait penser qu’il manquait à l’auteur ce petit quelque chose d’indéfinissable, cette urgence et cet engagement, qui faisaient toute la force des textes qu’il écrivait dans les années quatre-vingts. Il n’en est rien, Shepard est encore capable d’écrire dans la veine sud-américaine de ses débuts. Il est d’ailleurs symptomatique de constater que pour ce faire, Lucius Shepard a déplacé le théâtre des opérations dans un pays qui fait furieusement penser au Guatemala et politisé son texte autant que possible. Désormais Griaule est mort et ne subsiste plus que son crâne, déplacé sur le coup de tête d’un petit roi imbus de sa personne jusqu’au Temalagua. Envahi par une végétation luxuriante qui tente de reprendre ses droits, le crâne accueille pourtant une étrange communauté, qui agit de manière discrète et semble répondre à la volonté du dragon, mort depuis plus d’un siècle. L’âme de Griaule habiterait-elle encore ce crâne ? Quels sont ses desseins désormais ? Quel rôle joue la belle Yara, surnommée la endriaga ? L’humanité devra-t-elle à nouveau subir la volonté obscure d’un dragon manipulateur ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;On aurait pu croire qu’en abordant le registre de la fantasy, Lucius Shepard adoucisse son discours et se tourne vers une littérature moins engagée, davantage axée sur le divertissement. Les six textes qui composent ce recueil prouvent à chaque page le contraire. Lucius Shepard reste un auteur profondément ancré dans le réel, fidèle à lui-même il continue d’explorer l’âme humaine et bien évidemment ses nombreux travers. Avec une acuité étonnante et une sensibilité à fleur de peau il observe la société, en dénonce les dérives,  toujours à travers le prisme de l’individu, de ses douleurs, de ses erreurs et de ses doutes. Ecrivain politique avant toute chose, Lucius Shepard est encore et toujours un styliste hors pair, doté d’une plume élégante et raffinée. Un écrivain qui échappe à toute classification, à toute tentative d’étiquetage pour maintenir envers et contre tout son cap, celui d’une littérature exigeante et foncièrement originale.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-7101633668933431857?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/7101633668933431857/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=7101633668933431857' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/7101633668933431857'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/7101633668933431857'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2011/11/fantasy-de-haute-volee-le-dragon.html' title='Fantasy de haute volée : Le dragon Griaule, de Lucius Shepard'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-G-7-LhAy9jg/TrXEMaYGiRI/AAAAAAAADgQ/d03CVFUU4rE/s72-c/griaulegif.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-3092870047296646514</id><published>2011-10-31T17:24:00.002Z</published><updated>2011-10-31T17:25:01.155Z</updated><title type='text'>FoxyLadyProject</title><content type='html'>&lt;i&gt;Ceci est la reprise d'un billet de réflexion de la documentaliste du blog d'à côté, juste pour faire envie à qui-vous-savez&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-ux0_rriSSe0/Tq7Zvc0h8TI/AAAAAAAAAB4/qLmWGeFXKhw/s1600/FoxyladyProject.JPG" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://2.bp.blogspot.com/-ux0_rriSSe0/Tq7Zvc0h8TI/AAAAAAAAAB4/qLmWGeFXKhw/s320/FoxyladyProject.JPG" width="214" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Hier, au festival de la Guitare d'Issoudun, sur le stand du luthier &lt;a href="http://www.chevalguitars.com/"&gt;Franck Cheval&lt;/a&gt;, j'ai vu un livre magnifique qui m'a mise au bord de la transe. Son sujet n'était pas l'objet de mon admiration, bien que ce livre exceptionnel rassemble une impressionnante collection de guitares. A gauche, la présentation, à droite la photographie d'une guitare. Grandeur nature.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Oui, c'est là que se situe la caractéristique exceptionnel de ce livre : il mesure 109 par 47 cm de large, est relié de soie rouge, composé d'un papier agréable au toucher et qui se feuillette aisément (ce n'est pas une mince affaire avec des pages d'un demi mètre carré), et la mise en page est superbe, avec des photographies d'une qualité supérieure. Seule raison pour laquelle il n'est pas encore dans ma bibliothèque : il coûte 375 euros (housse, pardon coffret compris : un carton fort, avec une poignée, estampillé "OUI, CECI EST UN LIVRE"). Pour l'admirer, c'est &lt;a href="http://www.foxyladyproject.com/defaultsite.asp"&gt;là&lt;/a&gt;, et en musique (mais ça ne vaut pas le feuilletage en vrai).&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ce livre m'a rappelé les merveilles qu'on trouve dans les bibliothèques : les manuscrits enluminés, mais aussi &lt;a href="http://descegy.bibalex.org/"&gt;les 10 volumes de la description d'Egypte&lt;/a&gt;, les reliures des volumes de la bibliothèque du château de Chantilly (avis aux Picards&amp;nbsp; et aux Francilliens : le château de Chantilly est une merveille et &lt;a href="http://www.bibliotheque-conde.fr/accueil.htm"&gt;sa bibliothèque&lt;/a&gt; un paradis de bibliophiles), ou plus contemporains, les derniers Citadelle &amp;amp; Mazenod de la collection Variation. Plus abordables, j'aime beaucoup les pages vieux rose des éditions Gaïa, le grain particulier du papier de certaines publications d'Actes Sud. J'aime bien les couvertures qui changent de l'ordinaire, comme le petit tas de laine figurant un mouton sur &lt;i&gt;&lt;a href="http://www.decitre.fr/livres/Qui-a-tue-Glenn.aspx/9782841113309"&gt;Qui a tué Glenn&lt;/a&gt; ?&lt;/i&gt;, celles qui sont en relief, ajourées. J'aime aussi les atlas, les herbiers, les belles mises en pages.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Bref, l'avenir du livre, c'est de proposer du contenu mis en forme, au numérique comme en papier, et dans le cas du livre matériel de la mise en forme qui en fasse un bel objet, une chose à part entière, qu'on a envie de poser sur une étagère, de mettre sur un lutrin, de tenir dans la main, de caresser du bout des doigts, qu'on détaille page après page dans les moindres détails. La dématérialisation apportera avec elle de nouveaux outils, de nouvelles manières de lire (le dictionnaire intégré, les hyperliens, le multimédia, et tout ce qu'on n'a pas encore inventé), et ce sera très bien. Les tablettes et autres liseuses sont encore un peu chères, mais bientôt à portée de toutes les bourses et remplaceront le papier dans de nombreux usages. Mais pas le beau livre, celui qui donne à voir, à toucher&amp;nbsp; autant qu'à lire. Il faut que les éditeurs jouent de la matérialité comme ils doivent jouer du multimédia pour proposer autre chose que le contenu brut. Sinon, les auteurs se passeront d'eux, et ce seront les distributeurs qui prendront le relai. Les oeuvres y perdront un regard critique, et cette mise en forme qui ajoute toujours au bonheur de lire.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-3092870047296646514?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/3092870047296646514/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=3092870047296646514' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/3092870047296646514'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/3092870047296646514'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2011/10/foxyladyproject.html' title='FoxyLadyProject'/><author><name>Valérie</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02593743808220673303</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-ux0_rriSSe0/Tq7Zvc0h8TI/AAAAAAAAAB4/qLmWGeFXKhw/s72-c/FoxyladyProject.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-787268318214705098</id><published>2011-10-27T14:29:00.002Z</published><updated>2011-11-05T23:21:33.113Z</updated><title type='text'>Meurtres en Egypte : Les enfants d'Alexandrie, de Françoise Chandernagor</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://www.decitre.fr/gi/15/9782226221315FS.gif" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://www.decitre.fr/gi/15/9782226221315FS.gif" width="217" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Pour nous changer des affres floridiens, quoi de plus dépaysant que de nous plonger dans l'Antiquité, et dans cette histoire maintes fois visitée : les amours d'Antoine et Cléopâtre. Françoise Chandernagor, qui a su en son temps faire revivre une Maintenon plus vraie que nature, nous entraine cette fois-ci sur les pas de la Reine à nulle autre pareille, par les yeux de sa fille Sélèné. Comme à son habitude, Dame Chandernagor nous offre un roman historique à la trame impeccable, mais avec une atmosphère étonnante. Elle prend le parti d'en appeler à un rêve, vieux procédé littéraire bien oublié, dans lequel son héroïne apparaît, la réclame (en grec ancien !). Elle entremêle parfois au récit des considérations techniques sur la difficulté d'écrire l'histoire, les libertés qu'elle se permet ou qui lui sont soufflées par l'ombre onirique de Sélèné, des fragments d'inventaires d'antiquaires contemporains. Le tout peut sembler parfois un peu déroutant, mais en fin de compte, quel régal pour l'historienne !&lt;br /&gt;Nous voici donc à Alexandrie, quasiment confinés dans le palais où sont élevés les enfants de Cléopâtre. Il y a là Césarion, le fils de Jules César et héritier de la couronne d'Egypte, un tout jeune homme déjà au fait de la politique ; les jumeaux Cléopâtre Sélèné et Hélios Alexandre, et le petit dernier Ptolémée Philadelphe, fruits de des amours de la Reine et de l'Imperator Marc Antoine. Bientôt arrive Antyllus, le fils aîné de Marc Antoine et de sa première épouse Fulvie, et Iotapa, petite princesse mède destinée à épouser Césarion, qui a la consistance d'une ombre. Tout ce petit monde joue, fait des caprices et parfois s'interroge, dans les jambes des nourrices, des pédagogues et de quelques personnages hauts en couleurs. De temps en temps, des choses extraordinaires viennent briser la monotonie de la vie du palais, loin des parents, comme ce voyage en Syrie pour rejoindre Marc Antoine défait par les Parthes. Et puis, au loin, comme un grondement d'orage, la politique recouvre d'un voile inquiétant chacun des gestes des enfants. Enfin, en paroxysme, l'affrontement de Marc Antoine et Octave se termine aussi tragiquement qu'on le dit, et pour les enfants c'est le bouleversement ou la mort. Il n'y a plus qu'à attendre le second tome...&lt;br /&gt;L'imixtion de l'auteure dans le récit m'a un peu gênée au départ. Mais, la dernière page refermée, on espère que Sélèné reviendra hanter Françoise Chandernagor, pour le meilleur. Les &lt;i&gt;Mémoires d'Hadrien&lt;/i&gt; restent inégalées, mais &lt;i&gt;les enfants d'Alexandrie&lt;/i&gt; offrent une aussi belle plongée dans le temps que &lt;i&gt;Murena&lt;/i&gt;.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-787268318214705098?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/787268318214705098/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=787268318214705098' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/787268318214705098'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/787268318214705098'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2011/10/meutres-en-egypte-les-enfants.html' title='Meurtres en Egypte : Les enfants d&apos;Alexandrie, de Françoise Chandernagor'/><author><name>Valérie</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02593743808220673303</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-3200079895173350278</id><published>2011-10-26T16:55:00.008Z</published><updated>2011-10-27T11:47:46.263Z</updated><title type='text'>Polar désespérant : Ile flottante infestée de requins, de Charles Willeford</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/-bWaNhUxebyE/Tqg7ipxJO7I/AAAAAAAADd0/qTXmRNZdPZ0/s1600/book_cover_l_ile_flottante_infestee_de_requins_180100_250_400.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 130px; height: 200px;" src="http://2.bp.blogspot.com/-bWaNhUxebyE/Tqg7ipxJO7I/AAAAAAAADd0/qTXmRNZdPZ0/s200/book_cover_l_ile_flottante_infestee_de_requins_180100_250_400.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5667845597559339954" /&gt;&lt;/a&gt; Surtout connu pour une série de polars se déroulant à Miami et mettant en scène un flic au bout du rouleau mais plutôt fin limier (voir la chronique de &lt;a href="http://bloggerinfabula.blogspot.com/2011/03/polar-bien-noir-miami-blues-de-charles.html"&gt;Miami Blues&lt;/a&gt;, Charles Willeford a commis, avant de mourir sans avoir pu toucher le jackpot, quelques chefs d’oeuvres du roman noir parmi lesquels &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Combats de coqs&lt;/span&gt;, &lt;span style="font-style:italic;"&gt;La messe noire du frère Springer&lt;/span&gt; et &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Ile flottante infestée de requins&lt;/span&gt; ; ce dernier étant considéré par l’auteur comme son meilleur livre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La structure même du roman a de quoi dérouter les amateurs d’intrigues classiques bétonnées, les fanatiques de la procédure policière et autres Hercule Poirot en herbe. D’ailleurs, il n’y a pas d’intrigue dans Ile flottante infestée de requins et il n’y a pas non plus le moindre flic. J’en vois déjà qui crient à l’arnaque, mais pas d’inquiétude à avoir, le roman contient son lot de salauds, psychopathes et fêlés de service oeuvrant en toute impunité. D’une certaine manière, &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Ile flottante infestée de requins&lt;/span&gt; rappelle &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Un tueur sur la route&lt;/span&gt; ou bien encore &lt;span style="font-style:italic;"&gt;American psycho&lt;/span&gt; par sa capacité à incarner la mal et à jouer sur le processus d’identification du lecteur. L’histoire est découpée en quatre récits entrecroisés, ceux de quatre jeunes hommes proches de la trentaines, jeunes, beaux, aisés, célibataires... quatre jeunes imbéciles en somme, qui tuent l’ennui à coups de bières et de commentaires machistes sur la gent féminine à la terrasse d’une piscine. L’alcool et la testostérone aidant nos quatre gaillards se lancent dans un défi insensé, l’un d’entre eux (censé être le bourreau des coeurs de ces dames) devra en moins de deux heures emballer une jeune femme dans le lieu réputé pour être le moins évident en la matière, à savoir un cinéma drive-in, et la ramener chez lui. Sauf que le pari tourne mal. En guise de trophée, c’est une junkie de 14 ans à moitié défoncée que le bellâtre embarque dans sa bagnole. Quelques kilomètres après la sortie du drive-in, l’adolescente vomit une partie de ses tripes sur le tableau de bord et meurt d’une probable overdose. Sauf que nos lascars décident de ne pas prévenir la police et de régler le problème à leur manière, c’est à dire sans beaucoup d’élégance. Les récits suivants permettent de suivre les parcours croisés de ces quatre amis sur une période plus longue, tous semblent s’être parfaitement intégrés à la société et leur aventure d’un soir a été enterrée sous une chape de plomb. Pour résumer assez brièvement, le second protagoniste devra faire face au mari jaloux d’une jeune femme qu’il espérait séduire, mais en guise de nuit d’amour il devra défendre chèrement sa vie dans un jeu de cache cache à travers la ville. Le troisième tentera par tous les moyens d’échapper à l’emprise d’une femme acariâtre, pingre et frigide par dessus le marché. Le quatrième est dans une situation assez similaire, sauf que la femme à laquelle il tentera d’échapper est beaucoup plus âgée que lui, immensément plus riche et incroyablement possessive.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Willeford fait partie de ces écrivains fascinés par Miami, à croire que la ville est un terrain de jeu de prédilection pour les psychopathes refoulés et autres détraqués en tous genres. Mais l’on comprend aisément que la réunion d’ingrédients aussi variés et toxiques que l’argent, la drogue, les filles faciles et un vivier inépuisable de victimes désignées puisse attirer une certaine clientèle criminelle. A vrai dire tout le monde, ou à peu près, semble travailler du chapeau du côté de la Floride et l’on peine parfois à distinguer les bandits des honnêtes gens. Effet de loupe ou prisme déformant d’une réalité fatalement complexe, Willeford dresse le portrait d’une cité infestée de requins prêts à fondre sur une victime au moindre signe de faiblesse. Une ville où quatre “sympathiques” jeunes gens peuvent en quelques minutes se transformer en psychopathes et où la moindre goutte de sang donne le signal de la curée. La Floride n’est donc pas le paradis escompté et ses longues plages de sable fin, ses palmiers, ses plantations d’agrumes et son climat chaud et ensoleillés fonctionnent comme un trompe l’oeil. Mais à la limite on le savait déjà, Willeford arrive en terrain connu et le lecteur n’est pas forcément surpris par cet aspect criminogène du substrat socio-économique floridien ; même s’il a l’art et la manière de le faire. En revanche, on est totalement fasciné par le glissement psychologique des personnages. Au départ simples branleurs célibataires sérieusement travaillés par leurs hormones, Willeford nous permet d’observer par quels processus psychologiques, quatre jeunes gens dans le vent peuvent se transformer en criminels totalement dénués de remords. Une absence totale de culpabilité, une capacité à la prise de décision rapide et au calcul, qui en font d’authentiques psychopathes ignorés. Portraits croisés de quatre jeunes gens “ordinairement dégueulasses”, selon les propres termes de Willeford, Ile flottante infestée de requins est une plongée dans la noirceur de l’âme humaine, un voyage dans la tête devrais salopards dont on ne sort pas totalement indemne.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-3200079895173350278?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/3200079895173350278/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=3200079895173350278' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/3200079895173350278'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/3200079895173350278'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2011/10/surtout-connu-pour-une-serie-de-polars.html' title='Polar désespérant : Ile flottante infestée de requins, de Charles Willeford'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-bWaNhUxebyE/Tqg7ipxJO7I/AAAAAAAADd0/qTXmRNZdPZ0/s72-c/book_cover_l_ile_flottante_infestee_de_requins_180100_250_400.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-1892741446964140988</id><published>2011-09-30T20:56:00.001Z</published><updated>2011-09-30T21:01:49.406Z</updated><title type='text'>SF anarchiste (de droite) : Révolte sur la Lune de Robert Heinlein</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/-iwHsDdXo7jw/ToYtYyLCPsI/AAAAAAAADcU/Q6XG3MqPx84/s1600/Revolte_sur_la_Lune_200p.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 120px; height: 200px;" src="http://2.bp.blogspot.com/-iwHsDdXo7jw/ToYtYyLCPsI/AAAAAAAADcU/Q6XG3MqPx84/s200/Revolte_sur_la_Lune_200p.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5658259885645774530" /&gt;&lt;/a&gt; Auteur déroutant et controversé, Robert Heinlein est un écrivain dont les contours politiques restent difficiles à cerner. C’est que le personnage ne peut être défini comme un bloc monolithique et chacun de ses romans explore l’une de ses personnalités. Comment expliquer en effet que &lt;span style="font-style:italic;"&gt;En terre étrangère&lt;/span&gt; ait pu exercer une certaine influence dans les milieux hippies des années soixante alors que &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Etoiles, garde à vous !&lt;/span&gt; valut à Heinlein les foudres de l’intelligentsia de gauche, qui n’y voyait qu’un roman militariste tendance fasciste. Heinlein était-il schizophrène, adepte du grand écart idéologique ou bien un simple auteur de science-fiction à l’imagination fertile et décomplexée ? Certes, il est toujours délicat d’analyser la pensée d’un auteur à travers le prisme de son oeuvre, mais on a peine à retenir la seconde proposition tant ses romans ressemblent à des essais de politique dans lequel l’auteur déroule sa rhétorique avec parfois la subtilité d’un Maccarthy au meilleur de sa forme (Certains passages de Marionnettes humaines font preuve d’un anti-communisme qui fleure bon la paranoïa aigüe). Dans ses mémoires, Isaac Asimov évoque le cas de son ancien ami et souligne l’influence des épouses successives de Robert Heinlein dans l’évolution de sa pensée politique, notamment celle de sa dernière femme issue d’une famille ultra-conservatrice. L’explication a le mérite d’exister, mais elle paraît hautement insuffisante, je ne saurais trop conseiller aux lecteurs avides d’une théorie plus étayée, de lire l’excellent essai de Hugo Bellagamba et Eric Picholles, Solutions non satisfaisantes : une anatomie de Robert Heinlein, nulle doute qu’ils y trouvent une réponse plus solide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Durant plus de six cents pages, le lecteur suit le parcours plutôt mouvementé de Manuel Garcia O’Kelly (alias Mannie), un informaticien freelance originaire de Luna city, principale ville de la colonie pénitentiaire de la Lune. Un personnage étrange, un peu falot par certains côtés mais parfois traversé par de brefs éclairs de lucidité. Raisonnablement compétent, il a le privilège d’assurer la maintenance de “Mike” l’ordinateur central qui contrôle l’ensemble des fonctions vitales de la colonie. Doté de capacités de calcul sans égal, Mike n’est pas sans évoquer HAL9000, dans le sens où l’on assiste à l’émergence d’une véritable intelligence artificielle, capable de mener une conversation, d’apprendre, voire de penser de manière indépendante de sa programmation ; tout du moins est-il capable de l’interpréter à sa manière. Au cours de ses échanges avec Mike, Mannie réalise donc que l’ordinateur central développe progressivement une véritable personnalité et qu’ils nouent ensemble une relation d’amitié durable. Cette amitié aura d’ailleurs une influence considérable sur le cours des événements et conditionnera le contournement (voire la trahison) des instructions initiales de l’ordinateur en faveur de ses amis. La colonie lunaire connaît en réalité une grave crise structurelle, le déséquilibre entre hommes et femmes est important, ce qui explique l’établissement d’une société polyandrique, mais surtout les ressources du satellite sont surexploitées car les colons ont des quotas de production agricole à respecter ; chaque jour un catapultage de nourriture est supervisé par l’Autorité lunaire (l’administration imposée par la Terre). A ce rythme, les ressources seront épuisées en un quart de siècle menaçant le fragile équilibre acquis par les pionniers. La contestation gronde plus ou moins chez les colons, ici et là quelques réunions clandestines sont organisées, au grand dam de l’Autorité lunaire, dont les forces sont finalement assez réduites, mais c’est la répression d’un de ses mettings qui déclenchera le processus révolutionnaire. A la suite d’un l’affrontement avec les policiers de l’Autorité, Mannie et deux de ses amis (Wyoming Knot et le Pr de la Paz) se réfugient dans une chambre d’hôtel qui devient l’embryon de leur quartier général. Avec l’aide de Mike, ils imaginent la structure même de la rébellion, les stratégies à mettre en place et les ruses qu’ils pourront employer pour remporter en dépit de leurs faiblesses  la bataille contre la Terre. Mike devient en réalité le coordonnateur de la rébellion, il est le seul à en connaître la hiérarchie et l’organisation. L’objectif des rebelles est d’obtenir l’indépendance de la Lune et une redéfinition des relations commerciales entre la colonie et la planète mère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Révoltes sur la Lune&lt;/span&gt; est tout à fait représentatif des lignes de fracture qui traversent l’oeuvre de Robert Heinlein. Soutenu par un discours très fortement influencé par la pensée libertarienne, la première partie du roman est rien moins qu’un condensé du manuel du bon petit révolutionnaire, agrémenté de quelques techniques de guérilla spatiale ; de quoi entretenir la confusion et faire passer Heinlein pour un anarchiste. On pourrait toujours rétorquer que les adeptes de la pensée libertarienne représentent une forme d’anarchisme de droite, d’ailleurs Heinlein lui-même n’est pas dupe et son professeur de La Paz se revendique de “l’anarchisme rationnel”.  En réalité, le discours d’Heinlein se tient parfaitement et répond à une doctrine finalement simple : ériger la liberté individuelle en principe absolu. L’organisation de la société sélénite, son combat contre la domination terrienne, les stratégies mises en place, répondent toutes à ce principe qu’en France on qualifierait tout simplement d’ultra-libéral. Ce qui est amusant c’est de constater que la Terre concentre pour Heinlein tous les défauts traditionnellement pointés par les libéraux ; elle est surpeuplée (Malthus a encore frappé), autoritaire, minée par l’intertie d’une bureaucratie kafkaienne, rétrograde et incapable d’évoluer. A contrario, la colonie lunaire est présentée comme un modèle d’adaptation à un environnement hostile, c’est une société ouverte, tolérante, travailleuse, capable d’initiative, l’action étatique est réduite à son strict minimum (pas d’école gratuite, pas de police, pas de justice organisée... bref pas de services publics et donc en conséquence pas d’impôt). Heinlein considère que toute forme d’organisation étatique est contre-productive et que l’impôt n’est pas une nécessité car l’argent dépensé pour soi est forcément mieux utilisé que s’il avait été collecté puis dépensé de manière discrétionnaire par les politiques (c’est le principe du There is no free lunch cher à Milton Friedman). La démocratie parlementaire est d’ailleurs vivement critiquée, elle est perçue comme un course pour le pouvoir, comme un système lourd et inefficace, propice aux discussions sans fin plus qu’aux prises de décision rapides et efficaces. Et si l’on y regarde de plus près cette révolution a pour but d’obtenir l’indépendance, mais d’instaurer également un système commercial reposant intégralement sur le libre-échange. Les analogies avec la révolution américaine paraissent assez évidentes tout au long du roman et on saisit rapidement qu’aux yeux de Robert Heinlein, la colonie lunaire représente une Amérique idéalisée, débarrassée de ses imperfections keynésiennes, pour ne pas dire socialistes. D’ailleurs, la déclaration d’indépendance de la Lune est anti-datée au 4 juillet, tout un symbole.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si le fond est relativement riche (quoique discutable), la forme est hélas largement perfectible et plane sur ce roman comme une étrange sensation d’essai politique avorté. Sur le plan stylistique ou bien encore sur le plan de la technique narrative, l’ensemble est assez pauvre, voire franchement indigne. Tout est bien trop classique, didactique et l’ensemble manque singulièrement de naturel, notamment dans les dialogues, qui par ailleurs sont abondants et traînent souvent en longueur. Les personnages ont un profil et une psychologie à peu près aussi épais qu’une feuille de papier à rouler, c’est dire si leurs relations sont complexes. Il n’y a guère que le professeur de La Paz qui sorte un tant soit peu du lot. L’ensemble serait donc difficilement digeste si le récit n’était émaillé d’idées finalement assez brillantes. Des qualités qui ne font certes pas de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Révolte sur la Lune&lt;/span&gt; un chef d’oeuvre de la littérature moderne, mais assurément un roman de science-fiction assez intriguant et non dénué d’intérêt sur le fond.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-1892741446964140988?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/1892741446964140988/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=1892741446964140988' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/1892741446964140988'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/1892741446964140988'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2011/09/sf-anarchiste-de-droite-revolte-sur-la.html' title='SF anarchiste (de droite) : Révolte sur la Lune de Robert Heinlein'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-iwHsDdXo7jw/ToYtYyLCPsI/AAAAAAAADcU/Q6XG3MqPx84/s72-c/Revolte_sur_la_Lune_200p.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-5881385476850115437</id><published>2011-09-23T16:27:00.006Z</published><updated>2011-09-23T16:40:51.435Z</updated><title type='text'>Dans la chambre verte : Surf City de Kem Nunn</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/-DRM8FypGtp8/Tny1AsEFcsI/AAAAAAAADcM/u0jUsJTnuR0/s1600/9782070304813.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 121px; height: 200px;" src="http://2.bp.blogspot.com/-DRM8FypGtp8/Tny1AsEFcsI/AAAAAAAADcM/u0jUsJTnuR0/s200/9782070304813.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5655594255503422146" /&gt;&lt;/a&gt; Voici un livre qui a tout du roman de plage, le titre évidemment, la couverture, le décor sauf qu’il s’agit probablement d’une des plus sombres histoires qu’il m’ait été donné de lire ces dernières années. Du surf, Kem Nunn est assurément un bon connaisseur, il en maîtrise le vocabulaire, la technique, mais aussi et surtout l’esprit, ce qui est déjà moins évident. D’ailleurs le titre anglais &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Tapping the source&lt;/span&gt; est beaucoup plus en phase avec son univers que les deux titres choisis successivement par les éditeurs français (&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Surf city&lt;/span&gt; a d’abord été publié sous le titre Comme frère et soeur). Mais plus important encore, Kem Nunn est un bon écrivain et un excellent auteur de polars. Que son histoire se déroule sur la plage n’enlève rien à la force de son récit, le choc n’en est d’ailleurs que plus violent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   A 18 ans, Ike ne connaît pas grand chose de Los Angeles. Tout droit venu de son désert natal, où il trompait l’ennui en réparant des motos, il se retrouve seul au milieu de cette cité tentaculaire avec l’espoir un peu vain d’y retrouver sa soeur disparue. Pas vraiment du genre armoire à glace, un brin naïf et sans aucun contact, il possède uniquement  trois noms de personnes qui auraient fréquenté sa soeur au cours des derniers mois ; trois surfeurs qui font la loi du côté d’Huntington beach (la fameuse Surf City) et qui trempent dans le trafic de drogue. Ike n’est pas de taille pour les affronter de face, même séparément, alors il tente l’approche par le surf. Il s’achète une planche et une combinaison (en oubliant le leash, ce qui est plutôt pénible)  et se jette à l’eau au milieu des surfeurs locaux et des requins. Hélas, les requins ne sont pas les plus dangereux du côté d’Huntington, ce qui lui vaut quelque coup de poing bien senti d’un surfeur à qui Ike a coupé la priorité. Sonné, Ike récupère sa planche sur la plage et réalise que l’approche par la mer n’est pas aussi facile qu’il l’espérait, car s’il ne maîtrise pas la technique il maîtrise encore moins les règles et les codes en vigueur dans le milieu du surf. Mais si le bonhomme n’a pas la carrure d’un lutteur japonais, il a en revanche pas mal de chance. Il fait ainsi la rencontre de Preston Marsh, un motard au passé un peu trouble, ancien surfeur de renom et accessoirement ex-ami d’un certain Hound Adams, l’un des trois noms figurant sur sa liste. Preston devient rapidement le mentor d’Ike, en l’initiant au surf et en le protégeant de la faune qui règne du côté d’Hungtington.  Il faut croire que le jeune homme a le bon feeling avec les vagues car il se fait rapidement remarquer par Hound Adams, qui tente de le prendre sous son aile. Une brèche dans laquelle Ike s’engouffre immédiatement, au risque d’y perdre une partie de son âme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Les romans sur le surf sont suffisamment rares pour intriguer (Je ne saurais trop conseiller à ce sujet &lt;a href="http://pedagogie.ac-amiens.fr/cdi/pedagogie/actionlecture/notes/Surfer%20la%20nuit.htm"&gt;Surfer la nuit&lt;/a&gt;, l’excellent roman de l’australienne Fiona Capp), mais un roman sur le surf doublé d’un excellent polar se déroulant dans les milieux de la drogue et des snuff-movies on n’avait encore jamais vu ; le moins que l’on puisse dire c’est que le mélange des genres a quelque chose de décapant et d’incroyablement efficace. C’est d’ailleurs dans cette alliance improbable, ce hiatus entre deux univers que tout semble opposer, que repose le principal levier de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Surf City&lt;/span&gt;. En soi, cela n’a rien de foncièrement original et le postulat de départ évoque immanquablement le &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Point Break&lt;/span&gt; de Kathryn Bigelow, mais là où le film manquait de profondeur (l’image du surfeur shooté à l’adrénaline a quelque chose éminemment réducteur) &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Surf City&lt;/span&gt; réalise le sans faute. Rarement un roman aura aussi bien réussi à transmettre l’émotion qui saisit le surfeur lorsqu’il est dans l’eau, ce sentiment de puissance et de plénitude, cette sensation de glisse et de communion avec l’océan. Cliché pourrait-on rétorquer ? Pas nécessairement, mais encore faut-il avoir les mots pour traduire cet état d’esprit et Kem Nunn a clairement évité le piège de la philosophie de pacotille grâce à une plume d’une sobriété exemplaire. Un plaisir simple et pur auquel aspire totalement Ike et dans lequel le lecteur plonge avec un bonheur infini. Jusqu’à ce que l’auteur enclenche la vitesse supérieure, le roman bascule alors dans l’horreur et Kem Nunn joue cette fois sur le registre plus classique du thriller. Sous les pavés, la plage ? Pas vraiment semble nous dire Kem Nunn, car sous le sable d’Huntington Beach on trouverait plutôt des cadavres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Roman initiatique par excellence, &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Surf City&lt;/span&gt; nous plonge dans cette période incertaine de la fin de l’adolescence, quand on cesse  brusquement d’être un enfant pour entrer définitivement dans l’âge adulte. Une transition violente qui résonne parfaitement avec l’intrigue du roman, lorsque Ike plonge au coeur de l’indicible. Alors le voile de perfection se déchire pour révéler les entrailles de la bête. Le dernier quart du roman joue constamment sur cette déconstruction des représentations, l’image d’Epinal d’une Californie enchanteresse inondée de soleil, aux rues bordées de palmier, aux longues plages de sable fin sur lesquelles les vagues parfaites du Pacifique viennent s’écraser, toute cette quincaillerie californienne vole constamment en éclat sous le regard d’un Ike désormais beaucoup moins candide. De critique, le roman aurait pu devenir foncièrement pessimiste, voire nihiliste, mais Kem Nunn sauve son personnage, lui offre une seconde chance grâce à une histoire d’amour qui aurait pu passer pour une bluette, mais qu’il traite tout en finesse et en retenue. Un nouveau tour de force dans un roman qui n’a pas fini d’être surprenant et qui ne se contente pas d’égratigner l’image d’une Californie stéréotypée et pourrie jusqu’à son coeur.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-5881385476850115437?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/5881385476850115437/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=5881385476850115437' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/5881385476850115437'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/5881385476850115437'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2011/09/dans-la-chambre-verte-surf-city-de-kem.html' title='Dans la chambre verte : Surf City de Kem Nunn'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-DRM8FypGtp8/Tny1AsEFcsI/AAAAAAAADcM/u0jUsJTnuR0/s72-c/9782070304813.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-1096601447448534696</id><published>2011-08-30T21:05:00.003Z</published><updated>2011-08-30T21:09:07.661Z</updated><title type='text'>SF post-apo : Quinzinzinzili, de Régis Messac</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/-TpfKrJY3oqM/Tl1REd6Li-I/AAAAAAAADb8/mkWMBL5MLVY/s1600/quinzinzinzili.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 135px; height: 200px;" src="http://4.bp.blogspot.com/-TpfKrJY3oqM/Tl1REd6Li-I/AAAAAAAADb8/mkWMBL5MLVY/s200/quinzinzinzili.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5646758644982451170" /&gt;&lt;/a&gt; Roman au titre improbable, voire carrément bizarre, Quinzinzinzili cache en réalité une novella d’une rare noirceur publiée par Régis Messac en ….. 1935. Ecrivain oublié, sous-estimé, voire totalement ignoré, Régis Messac était un auteur versatile, touche à tout, pourfendeur de la littérature de salon boursouflée ; à ce sujet, son pamphlet “A bas de latin” contribua certainement à le marginaliser dans le milieu littéraire. Sa mort probable dans un camp de concentration allemand aurait pu en faire un de ces intellectuels martyrs élevés à la postérité, mais il faut croire qu’on préféra l’oublier et l’enterrer définitivement. Il fallut attendre Pierre Versins pour entendre à nouveau parler de Messac et trouver enfin le chaînon manquant entre Jules Verne et Barjavel. En 2006, dans son excellente anthologie consacrée à l’âge d’or de la science-fiction française, Chasseurs de chimères, Serge Lehman avait à nouveau exhumé Messac de son tombeau sans que cela ne fasse pourtant trembler l’establishment littéraire français. Pour tout dire, c’est surtout grâce au travail de la société des amis de Régis Messac et aux éditions Ex Nihilo que l’on peut à nouveau lire la prose cynique mais particulièrement lucide de cet écrivain. Cette fois ce sont pourtant les éditions de l’arbre vengeur qui s’y collent, en nous proposant un ouvrage de très belle facture. Le roman compte à peine plus de 150 pages, mais il est agrémenté d’une préface fort intéressante signée Eric Dussert, d’un avant-propos issu de l’édition originale, d’une lettre de Théo Vallet adressée à Régis Messac (au sujet de Quinzinzinzili) et d’une bibliographie complète. C’est ce qu’on appelle du travail soigné.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le roman en lui-même est l’un des premiers représentants de la science-fiction post-apolyptique et fait figure de précurseur à Ravage ou Malévil, dans lesquels on retrouve de furieux accents de Quinzinzinzili. Le point de départ de ces trois romans est sensiblement identique, un conflit mondial a exterminé l’ensemble de la race humaine, seul un petit groupe d’humains a survécu et tente de reconstruire un embryon de société. Le début du roman est assez édifiant et montre à quel point Messac a une juste vision de la géopolitique de son époque, cette acuité est assez troublante, au point que l’on a du mal à croire que Quinzinzinzilli a été publié en 1935, tant ses pages sont prémonitoires. Chez Messac, l’apocalypse n’est pas nucléaire (il faudra attendre Hiroshima pour voir fleurir ce type de catastrophes), mais chimique. Une peur probablement issue de l’expérience de l’auteur sur les champs de bataille de la première guerre mondiale. De ce désastre toxique, un adulte (Gérard Dumaurier), une fillette et une poignée de jeunes garçons échappent par miracles puisqu’ils se trouvaient sous terre, occupés à explorer une grotte. Cette grotte est d’ailleurs leur seul refuge pendant plusieurs semaines, les substances toxiques imprègnent l’air, le sol et l’eau, rendant toute sortie impossible. Ce n’est que progressivement qu’ils peuvent accéder à leur environnement proche, survivant tant bien que mal grâce à l’eau d’une rivière souterraine et chassant taupes et serpents, rares animaux à avoir survécu au cataclysme, pour se nourrir. Mais contre toute attente, Gérard ne prend jamais les choses en main, n’impose rien aux enfants, surtout pas l’autorité, et se contente d’observer d’un oeil cynique et dégoûté leur évolution ou plutôt leur lent retour à l’état sauvage. Son regard sur ces enfants n’a rien de tendre ou de protecteur, il se détache de leur communauté, qui évolue dans une bulle dont il est intellectuellement exclu, à défaut de l’être physiquement. Leur langage évolue, se dégradant, lui devenant presque incompréhensible, des croyances s’érigent sur des bribes de souvenirs d’un passé pas toujours bien compris. Ainsi Quinzinzinzili est une déformation lexicale issue du latin “Qui es in coelis”, que l’on retrouve dans le pater noster ; un Dieu omnipotent et incompréhensible, qui guide chaque geste et chaque coutume adoptée par cette étrange communauté un brin stupide. Mais le plus édifiant, c’est que ces quelques enfants attardés finissent par redécouvrir la violence et à réinventer la guerre. On comprend dès lors aisément que le narrateur n’éprouve qu’une tendresse limitée à l’égard de cette nouvelle humanité dont l’existence risque d’être encore plus brève que la précédente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cynique, pathétique, froidement pessimiste, le roman de Régis Messac frôlerait allègrement le nihilisme le plus forcené s’il ne fallait plutôt y voir une mise en garde empreinte d’un profond humanisme. Oui, l’humanité est stupide, oui elle court à sa perte, mais elle pourrait être sauvée si elle prenait la peine d’ouvrir les yeux et de corriger ses dérives. Hélas la voix de Régis Messac était bien trop faible face au fracas assourdissant des usines d’armement fonctionnant à plein régime de l’autre côté du Rhin, le monde était bien trop occupé à préparer la guerre pour songer à lire  un roman d’à peine 150 pages. Que peuvent les lettres face aux impératifs politiques, que peuvent quelques pages d’une écriture sèche et dépouillée de tout artifice face à la volonté de toute une nation d’en découdre ; probablement rien et l’Histoire s’en mord certainement les doigts. &lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-1096601447448534696?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/1096601447448534696/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=1096601447448534696' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/1096601447448534696'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/1096601447448534696'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2011/08/sf-post-apo-intelligente-quinzinzinzili.html' title='SF post-apo : Quinzinzinzili, de Régis Messac'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-TpfKrJY3oqM/Tl1REd6Li-I/AAAAAAAADb8/mkWMBL5MLVY/s72-c/quinzinzinzili.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-585270720616027219</id><published>2011-08-08T06:12:00.005Z</published><updated>2011-09-04T13:45:44.883Z</updated><title type='text'>Eloge du carburateur, de Matthew B. Crawford</title><content type='html'>&lt;a href="http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQ2ItLqxgQfvZsPZc6EKuUBY7keA2rDsllwaj_zvO1mvFn-J-FE"&gt;&lt;img alt="" border="0" src="http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQ2ItLqxgQfvZsPZc6EKuUBY7keA2rDsllwaj_zvO1mvFn-J-FE" style="cursor: hand; cursor: pointer; float: left; height: 288px; margin: 0 10px 10px 0; width: 175px;" /&gt;&lt;/a&gt;Comment peut-on préférer la saleté et les aléas économiques d'un atelier de réparation de motos à un emploi confortable et un salaire encore meilleur dans un think tank à Washington ? C'est ce que cherche à nous expliquer l'auteur de cet ouvrage rafraichissant. Passant en revue sa propre expérience et regardant son entourage de l'oeil critique de l'universitaire qu'il ne cesse jamais d'être vraiment, il nous explique en quoi réside, non pas la noblesse, terme qu'il rejette, mais l'intérêt du travail artisanal. Il se refuse à mythifier le travail manuel, et d'ailleurs se propose d'appliquer sa grille de lecture à tous les travaux, même et surtout ceux dits de service.&lt;br /&gt;&amp;nbsp;Pour lui en effet, l'artisanat n'est pas seulement une manière de travailler, c'est un état d'esprit qui rend bien évidemment l'artisan acteur de son travail, mais aussi responsable d'un tâche de A à Z. Il va à l'encontre de toute la politique manageriale actuelle, qui utilise beaucoup l'image du travailleur acteur, mais en réalité l'enferme dans des procédures, et qui déresponsabilise du plus bas au plus haut niveau. Il donne au passage une explication de l'ampleur de la crise immobilière aux Etats-Unis du plus grand intérêt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans son voyage au pays du management, je retiendrai un exemple qui me touche de près : son incursion dans le monde du résumé d'articles.  Alors qu'il s'attendait à faire un travail qui lui permettrait de se tenir au courant des dernières avancées scientifiques, il se retrouve à faire du (mauvais) résumé au kilomètre, sans réellement comprendre ce qu'il résume faute de temps, avec interdiction de reprendre le résumé fait par les auteurs, pourtant bien meilleur (car eux savent de quoi ils parlent), car alors, lui explique-t-on, où serait la plus-value ? On vous laisse imaginer la qualité du travail final, et le désenchantement parfait du jeune homme chargé de la tâche, se rendant compte qu'on lui demande un travail superficiel et mal fichu. On l'imagine d'autant mieux qu'on fait ce genre de travail et qu'on lutte de toutes ses forces pour qu'il soit bien fait...&lt;br /&gt;La satisfaction du travail bien fait a laissé la place aux objectifs chiffrés et au rendement, ce qui ne peut en aucun cas satisfaire le travailleur, et ce qu'explique M. Crawford de façon magistrale. C'est un sentiment largement partagé, qui s'étale dans tous les journaux dès qu'un employé se suicide, qui ressort dans des documentaires tels que&lt;span style="font-style: italic;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href="http://programmes.france3.fr/mise-a-mort-du-travail/" style="font-style: italic;"&gt;la mise à mort du travail&lt;/a&gt;. Mais c'est aussi un tel poids, une telle évidence dans notre société que rares sont ceux qui peuvent s'en extirper, tant en tant que consommateur qu'en tant que travailleur, même ceux qui ont une légère marge de manoeuvre.&lt;br /&gt;Alors quoi, faut-il tous devenir réparateurs de moto ou plombier ? Peut-être pas. Ce n'est pas le but de l'auteur que de magnifier le travail manuel. Il en dit toute la dureté, dans l'apprentissage, dans le langage, dans la pratique quotidienne. Il en montre l'usage élitiste, les carences aussi. Mais il en montre aussi toute la valeur, dans la relation non seulement à l'humain, mais aussi aux choses, et c'est dans ce dernier point que sa réflexion va plus loin que les autres analyses. Son éloge va au carburateur. Certes, le client est un paramètre important, mais dans l'affaire, l'important c'est de faire repartir la bécane (ou de faire briller l'ampoule, ou de colmater la fuite).&lt;br /&gt;On peut tous s'interroger sur sa manière de travailler et jeter un regard d'artisan sur son travail. C'est d'autant intéressant qu'on travaille avec des enfants ou des adolescents. C'est aussi et surtout d'autant plus urgent pour conserver cette marge de manoeuvre qui, dans l'Education Nationale, nous est grignottée à chaque réforme, et non réclamer, toujours un peu plus, des petites cases dans lesquelles nous enfermer...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-585270720616027219?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/585270720616027219/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=585270720616027219' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/585270720616027219'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/585270720616027219'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2011/08/eloge-du-carburateur-de-matthew-b.html' title='Eloge du carburateur, de Matthew B. Crawford'/><author><name>Valérie</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02593743808220673303</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-7320218713189103283</id><published>2011-07-28T20:43:00.005Z</published><updated>2011-08-08T17:10:01.981Z</updated><title type='text'>Le projet Mars, de Andreas Eschbach</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/-QfEvP9a7xMQ/TkAYZTjKeuI/AAAAAAAADbM/y_YPB7I9b8Q/s1600/projet_mars.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 143px; height: 200px;" src="http://2.bp.blogspot.com/-QfEvP9a7xMQ/TkAYZTjKeuI/AAAAAAAADbM/y_YPB7I9b8Q/s200/projet_mars.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5638533556491418338" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;A propos des grands auteurs qui écrivent pour la jeunesse, voici Andreas Eschbach, l'auteur de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Des milliards de tapis de cheveux&lt;/span&gt;. Sa dernière série de romans se déroule sur Mars, en compagnie des quatre premiers enfants nés dans la première colonie. On y retrouve une écriture des plus agréable, une intrigue bien ficelée, mais aux ramifications moins complexes que pour&lt;span style="font-style: italic;"&gt; Des milliards de tapis de cheveux. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;La colonie terrienne de Mars se porte bien, mais végète faute de crédits suffisants pour continuer les navettes entre la Terre et la planète rouge et surtout faute de volonté politique. Dans cet univers un peu confiné, une décision venue de la Terre fait l'effet d'une bombe : la colonie va être abandonnée par ordre du gouvernement mondial. Une décision qui ravit l'administrateur de la colonie, envoyé sur Mars contre son gré, mais plonge les autres colons dans le désespoir, et en premier lieu ses quatre enfants. Tandis que les adultes se résignent à retourner sur Terre, les enfants, eux cherchent tous les moyens pour rester dans ce qu'ils considèrent comme leur maison, la seule qu'ils connaissent. C'est le cas en particulier d'Elinn, la plus jeune, qui est persuadée que les Martiens cherchent à communiquer avec elle par le biais de mystérieuses pierres.  Mais même son frère Carl, et leurs amis Ronny et Ariana doutent fortement de l'existence de ces Martiens dont on n'a jamais trouvé aucune trace et qui ne se sont jamais manifestés auprès des colons.&lt;br /&gt;Voici la situation qui se met lentement en place. Andreas Eschbach prend comme à son habitude le temps de planter le décors, et explique habilement sans jamais pontifier les tenants et les aboutissants de son univers, cette fois-ci du point de vue de jeunes adolescents, qui s'intéressent au monde qui les entoure tout en laissant de côté des points qui paraissent cruciaux aux adultes. Aucune faute de goût dans ces trois tomes de la saga martienne, le tempo est bien défini, entre une vie routinière et les événements exceptionnels qui viennent la bousculer. Les enfants grandissent aussi, apprennent la vie, s'interrogent sur leur avenir sans manichéisme. Les personnages secondaires sont complexes, chacun développe une personnalité particulière. Et à la fin de chaque tome, une révélation vient nous tenir en haleine pour la suite des aventures. Ainsi se construit sans hâte la saga martienne d'Andrea Eschbach, pour notre plus grand plaisir. Seul défaut : pas de quatrième tome en vue...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-7320218713189103283?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/7320218713189103283/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=7320218713189103283' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/7320218713189103283'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/7320218713189103283'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2011/07/le-projet-mars-de-andreas-eschbach.html' title='Le projet Mars, de Andreas Eschbach'/><author><name>Valérie</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02593743808220673303</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-QfEvP9a7xMQ/TkAYZTjKeuI/AAAAAAAADbM/y_YPB7I9b8Q/s72-c/projet_mars.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-1899578523769228915</id><published>2011-07-19T13:33:00.013Z</published><updated>2011-08-08T18:14:47.784Z</updated><title type='text'>Jasper Fforde, le délire aux commandes</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/-tml-yhlqj4A/Tju8Ruh6F4I/AAAAAAAABsg/0leHsPL4nH0/s320/Moi--Jennifer-Strange--derniere-tueuse-de-Dragons.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 199px; height: 320px;" src="http://2.bp.blogspot.com/-tml-yhlqj4A/Tju8Ruh6F4I/AAAAAAAABsg/0leHsPL4nH0/s320/Moi--Jennifer-Strange--derniere-tueuse-de-Dragons.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;Comme Jasper Fforde a décidé de s'attaquer à la jeunesse en publiant une petite aventure dragonnesque, il est temps de dénoncer ce pas triste personnage, échappé des plateaux de tournages cinématographiques pour coucher sur papier des délires teintés de science littéraire. Comment résumer ses livres ? A vrai dire, personne n'en a envie. Chacun d'eux est un empilement de trouvailles loufoques et décousues qui prennent lentement place dans un canevas tout au long du déroulement de l'histoire pour aboutir à un déchainement de forces sans précédents laissant pantois le lecteur moyen, déjà souvent entièrement secoué de spasmes de rires.  Il y a du James Ellroy dans la manière de mener son histoire à multiples fils pour aboutir à une corde, mais nulle trace de la paranoïa de l'auteur américain. Ici, c'est le délire qui est aux commandes, tant dans les inventions de l'oncle Mycroft que pour la mise en scènes des héros de la littérature anglaise. Déjà, s'appeler Thursday Next, affectée à la brigade de sureté littéraire d'un royaume d'Angleterre qui est toujours en guerre contre la Russie en Crimée, et avoir pour père un voyageur dans le temps recherché par la police temporelle pour un forfait qui n'a pas encore eu lieu (ou bien si, avec les décalages horaires, on ne sait plus très bien...),  voilà qui peut se révéler périlleux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://imrryran.files.wordpress.com/2011/04/l-affaire-jane-eyre.jpg?w=182&amp;h=300"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 182px; height: 299px;" src="http://imrryran.files.wordpress.com/2011/04/l-affaire-jane-eyre.jpg?w=182&amp;h=300" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;Et on ne vous dira rien des autres tomes de la série, sauf qu'on y découvre le chat du Cheshire en bibliothécaire, la manière de voyager dans les livres, un puits sans fonds, Mamie Next, le Minotaure, sans compter Picwick le dodo régénéré et la fin du monde en mousse rose.&lt;br /&gt;Pour son incursion dans le roman jeunesse, Jasper Fforde reprend les mêmes ficelles, mais elles sont moins échevelées. J'ai beaucoup aimé son dragon, plein d'humour et d'intelligence, le dernier de son espèce, mais c'est tout de même un peu plus sage et moins truffé de références littéraires.&lt;br /&gt;C'est toujours un excellent moyen de passer un moment léger, mais plein de suspence, dans des Angleterres revisitées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;PS : par le plus grand des hasards, je viens de lire un article sur la place des femmes dans la Scandinavie médiévale (on a les vices qu'on peut...), et j'y ai trouvé au détour d'une phrase l'explication d'un concept Ffordien. Moi qui trouvais que son dernier roman manquait de références littéraires, je n'ai plus qu'à me mettre aux sagas scandinaves, et dans le texte encore...&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-1899578523769228915?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/1899578523769228915/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=1899578523769228915' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/1899578523769228915'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/1899578523769228915'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2011/07/jasper-fforde-le-delire-aux-commandes.html' title='Jasper Fforde, le délire aux commandes'/><author><name>Valérie</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02593743808220673303</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-tml-yhlqj4A/Tju8Ruh6F4I/AAAAAAAABsg/0leHsPL4nH0/s72-c/Moi--Jennifer-Strange--derniere-tueuse-de-Dragons.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-3492565140375024234</id><published>2011-07-08T21:10:00.004Z</published><updated>2011-08-08T17:15:26.075Z</updated><title type='text'>Lost in space : Destination ténèbres, de Frank M. Robinson</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/-zeOKLUBYmWo/Thdziv5ZyrI/AAAAAAAADSw/4o_EoMGbH90/s1600/Destination-tenebres.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 136px; height: 200px;" src="http://1.bp.blogspot.com/-zeOKLUBYmWo/Thdziv5ZyrI/AAAAAAAADSw/4o_EoMGbH90/s200/Destination-tenebres.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5627093300232702642" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style="font-style:italic;"&gt;"La seule chose dont je me souviens, c'est que j'ai vu quelque chose d'extraordinaire le matin du jour où je suis mort."&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Ainsi commence &lt;span style="font-style:italic;"&gt;The dark beyond the stars&lt;/span&gt; (le titre VO est quand même nettement plus subtil) de Frank M. Robinson, devenu aujourd’hui un classique de la science-fiction outre-Atlantique et dont on attendait la traduction depuis près de vingt ans. Journaliste, éditeur, scénariste (on lui doit le scénario de La tour infernale), militant de la cause gay, Frank M. Robinson est un écrivain plutôt méconnu en France, même si les lecteurs les plus avertis s’étaient probablement procuré l’un de ses premiers romans, Le Pouvoir, publié il y a quelques années chez Folio SF.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    En mission de reconnaissance sur une planète inhospitalière, Sethi IV, le jeune Moineau fait une chute vertigineuse à laquelle il ne réchappe que par miracle. Rapatrié en urgence à bord de l’Astron, il se réveille dans un environnement qui lui est totalement étranger car Moineau a perdu l’ensemble de ses souvenirs dans l’accident. Le jeune-homme, âgé seulement de 17 ans, découvre alors qu’il se trouve à bord d’un vaisseau interstellaire dont la mission est d’explorer la galaxie à la recherche d’une forme de vie (intelligente ou non). Mais depuis 2000 ans qu’il s’enfonce au plus profond de l’espace, l’Astron n’a rien découvert, sinon des centaines de planètes désolées, inhospitalières et dépourvues de la moindre parcelle de vie. Alors au fil des siècles l’Astron s’est transformé en vaisseau générationnel, l’équipage se renouvelant au gré d’un système de contrôle des naissances très sctrict. Depuis 2000 ans il est dirigé par le même homme, le capitaine Kusaka, un personnage inflexible, obnubilé par sa mission et déterminé à mener son vaisseau à travers les étoiles jusqu’à ce qu’il remplisse enfin ses objectifs. Mais au sein de l’équipage la révolte gronde car Kusaka semble avoir perdu la raison, il veut désormais traverser la nuit, une partie de la galaxie totalement dépourvue d’étoiles, pour explorer une région qu’il espère plus riche en découverte. Mais il faudra à l’Astron plusieurs siècles pour traverser la nuit, sans pouvoir faire une seule halte, autant dire que le voyage confine au suicide pour un vaisseau déjà usé par plus de deux millénaires d’errance à travers le vide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    D’un premier abord, &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Destination ténèbres&lt;/span&gt; apparaît comme un roman de facture assez classique, usant avec talent des codes du space opera et de la hard science. En réalité il n’en est rien, car Robinson prend le contre-pied de ce qui se fait habituellement dans le genre ; ici point de civilisation à l’échelle de la galaxie, pas de technologie exotique permettant de traverser en un éclair l’équivalent de 300 parsecs, rien d’autre que le vide sidéral, la fatigue et la lassitude accumulée par plusieurs centaines de générations. Le roman est bâti sur deux axes, le premier est relativement classique, il est centré autour de Moineau et de son passé. En reconstruisant la mémoire du jeune-homme on découvre progressivement l'histoire étonnante de l’Astron, de son écosystème replié sur lui-même, on en découvre le fonctionnement au quotidien, les étranges règles de sociabilité, l'évolution des moeurs... dépaysement garanti. Le second axe est de nature plus philosophique puisqu’il est centré autour du paradoxe de Fermi et de l’équation de Drake (deux équations établies par d’éminents scientifiques et qui sur des bases similaires mais des conclusions radicalement opposées tentent de répondre à une question essentielle : sommes nous seuls dans l’univers ?). Ces deux principes sont au coeur même de l’affrontement idéologique qui divise le vaisseau, entre les partisans du capitaine, persuadés que l’immensité de l’univers joue en faveur de leurs arguments, et les partisans du retour sur Terre, persuadés qu’en 2000 ans les extraterrestres avaient largement eu le temps de se manifester. Mais rien n’est simple, rien n’est jamais définitif et Robinson intègre à cette balance des équations mathématiques de nouvelles données, qui indiscutablement pipent les dés. Mais sous peine de déflorer intégralement l’intrigue, on se gardera bien d’en évoquer ici le contenu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Construit comme un huis-clôt, traversé par une tension digne des meilleurs thrillers, vertigineux par certains aspects, &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Destination ténèbres&lt;/span&gt; est doté d’une construction narrative en béton armé, qui réserve nombre de surprises au lecteur et ménage le suspense de manière assez habile. Bourré d’idées, bien écrit et formellement très maîtrisé, ce roman fait figure d’incontournable dans un paysage éditorial qui manquait singulièrement de piquant ces dernières années ; pas de quoi pavoiser néanmoins concernant l’état de santé de la science-fiction car il s’agit là d’un roman âgé de près de vingt ans.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-3492565140375024234?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/3492565140375024234/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=3492565140375024234' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/3492565140375024234'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/3492565140375024234'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2011/07/lost-in-space-destination-tenebres-de.html' title='Lost in space : Destination ténèbres, de Frank M. Robinson'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-zeOKLUBYmWo/Thdziv5ZyrI/AAAAAAAADSw/4o_EoMGbH90/s72-c/Destination-tenebres.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-6943897241883239253</id><published>2011-06-29T15:53:00.002Z</published><updated>2011-06-29T15:59:40.397Z</updated><title type='text'>Louisiana connection : Une saison pour la peur, de James Lee Burke</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://jaseur.monblogue.branchez-vous.com/images/jaseur/saisonpeur.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 158px; height: 244px;" src="http://jaseur.monblogue.branchez-vous.com/images/jaseur/saisonpeur.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Quatrième opus de la série Dave Robicheaux, oeuvre qu’il est nécessaire de lire dans l’ordre pour saisir toute l’épaisseur du personnage central, Une saison pour la peur est une nouvelle fois une grande réussite du roman noir louisianais. Un roman puissant, doté d’une solide intrigue et de personnages d’une rare profondeur. On ne se lasse pas de lire James Lee Burke, parce que le bonhomme n’a pas d’égal pour évoquer les grandes spécificités de la Louisiane, cette région tellement unique de l’Amérique, mais aussi parce que sa littérature est réellement authentique et fleure bon le bayou, la musique cajun et le steak d’alligator bien épicé (nan je plaisante, c’est une espèce protégée), sans jamais relever du cliché.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après avoir frôlé la prison à perpétuité, voire la chaise électrique, dans Black Cherry Blues, Dave Robicheaux a regagné sa petite cité de New Iberia, lavé de tout soupçon et réintégré dans ses fonction de flic municipal. Il mène une vie paisible en compagnie de sa fille adoptive tout en gérant au mieux sa petite affaire de location de matériel de pêche. Jusqu’au jour où on lui confie la mission d’escorter deux condamnés à mort jusqu’à la prison d’Angola (nom attribué au pénitencier d’état de Louisiane). Hélas, la mission tourne mal et les deux prisonniers s’échappent, le premier n’est qu’un gosse à peine sorti de l’adolescence et condamné de manière expéditive à la peine capitale, le second est un criminel d’un autre calibre, un dangereux psychopathe qui crible de balles la poitrine de Dave Robicheaux. Ce dernier s’en tire et après quelques semaines d’hôpital accepte une dangereuse mission d’infiltration dans les milieux mafieux de la Nouvelle Orléans, espérant ainsi mettre la main sur son tueur. Sa cible officielle, Tony Cardo, un parrain de la mafia, un baron de la drogue qui noyaute une bonne partie du système de distribution en Louisiane. Aidé de son pote Clete, ancien coéquipier à la criminelle, Dave Robicheaux va donc tenter de faire tomber Tony Cardo, mais le parrain de la Nouvelle Orléans est en réalité un personnage complexe et torturé, dans lequel Dave retrouve nombre des angoisses qu’il avait enfouies au plus profond de sa personnalité.  Comment finalement abattre un homme dont l’humanité évidente bat en brèche le portrait que les services de polices avaient dressé de lui, comment un homme qui se bat chaque jour pour que son fils handicapé s’épanouisse est-il capable d’arroser la ville des drogues les plus dures, celles toucheront fatalement des populations déjà démunies ? Comment envoyer en prison un homme dont finalement on devient malgré soi l’ami ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois n’est pas coutume, cet épisode de la série Dave Robicheaux bénéficie d’une intrigue beaucoup plus resserrée qu’à accoutumée, l’histoire est véritablement centrée sur l’enquête/infiltration et sur la relation de Dave et de Tony Cardo. Exit donc toutes les digressions personnelles qui font habituellement le charme des romans de James Lee Burke, la fille adoptive d’Alafair est reléguée au second plan, sa vie quotidienne de Cajun (pêche, bière, poisson grillé) également. On y gagne en intensité ce que l’on perd un peu en ambiance, tant ce rythme un peu nonchalant faisait partie intégrante de l’atmosphère louisianesque des romans de Burke. Rien de grave car finalement tout repose sur le couple Robicheaux/Cardo et sur ce personnage étonnant de mafioso, complexe, presque attachant dans sa souffrance et son humanité. Cardo est assurément un personnage contrasté, un anti-héros par excellence, torturé et bourré de contradictions. Finalement on ne s’étonne guère de l’amitié qui finit par naître entre les deux personnages, tant ils semblent se refléter. Mais le malaise finit par s’installer entre le lecteur et ce couple improbable, générant une tension dramatique née de l’immoralité d’une relation qui devrait être au contraire antagoniste ; un flic devrait condamner les agissements d’un baron de la drogue et non tenter de les comprendre. De ces contradictions émerge un roman solidement construit, à la fois violent et étonnamment subtil. Après quatre romans tous différents les uns des autres, James Lee Burke n’arrive toujours pas à nous lasser, donnant au fil du texte toujours plus de substance et d’ampleur à son héros.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-6943897241883239253?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/6943897241883239253/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=6943897241883239253' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/6943897241883239253'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/6943897241883239253'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2011/06/louisiana-connection-une-saison-pour-la.html' title='Louisiana connection : Une saison pour la peur, de James Lee Burke'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-193721459990901638</id><published>2011-05-21T13:22:00.003Z</published><updated>2011-05-21T13:26:57.955Z</updated><title type='text'>SF ethnologique : La cinquième tête de Cerbère, de Gene Wolfe</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/-uFd-UW1sT3k/Tde9A9dtDjI/AAAAAAAADQE/mGbyz8f3y5s/s1600/medium_wolfe.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 124px; height: 200px;" src="http://2.bp.blogspot.com/-uFd-UW1sT3k/Tde9A9dtDjI/AAAAAAAADQE/mGbyz8f3y5s/s200/medium_wolfe.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5609159685110042162" /&gt;&lt;/a&gt; Second roman de Gene Wolfe dans l’ordre de parution, La cinquième tête de Cerbère est une oeuvre étrange et envoûtante composée de trois textes distincts reliés par un mince fil narratif et quelques personnages récurrents. L'action, si l'on peut dire, se déroule sur les planètes jumelles de Sainte-Croix et de Saint-Anne, autrefois colonisées par des Français un rien belliqueux puisqu'ils anéantirent les autochtones, puis furent à leur tour réduits au silence par d'autres colons (anglo-saxons évidemment). De l'espèce originelle qui peuplait ce système, l'humanité sait très peu de choses, mais plusieurs théories affirment que ces êtres doués de mimétisme pouvaient adopter n'importe quelle forme biologique. D'aucuns pensent même que pour se protéger ils auraient pris la forme de colons pour se fondre dans la masse. Leurs capacités de mimétismes étant si développées, ils auraient fini par oublier leur nature même. Toutes ces hypothèses intriguent un terrien, le Dr Marsh, qui décide de se rendre sur Sainte-Croix pour mener ses recherches sur ces fameux autochtones prétendument disparus. La force du roman réside sur l’ambiguïté des personnages de chacun de ces textes, des hommes ou des femmes dont on peine à définir la nature ; sont-ils humains, clones, autochtones, dans quelle mesure la planète elle-même transforme-t-elle l’identité profonde des êtres qui parcourent sa surface ? Autant de questions fascinantes et intrigantes, mais qui n’auront au final aucune réponse claire et directe. Au lecteur de se construire une interprétation, sans jamais avoir l’assurance qu’il détient la vérité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Honnêtement, la SF ethnologique (magnifiée dans ce roman par l’étonnante superposition des cultures) ne court pas vraiment les rues, alors quand on met la main sur un spécimen on ne peut qu'être intrigué ; en l'occurrence La cinquième tête de Cerbère vaut moins pour l'originalité de l'histoire que pour la narration absolument brillante de Gene Wolfe. On pense tour à tour à Le Guin, R.C Wilson ou bien encore à Iain M. Banks, tant la manière de raconter, tout en subtilité, se rapproche de la peinture ; au début c'est la toile blanche, puis l'auteur dessine un contour, apporte quelques touches ici et là pour donner vie à son oeuvre. Et lorsque le tableau est terminé, il faut encore l'observer sous différents angles, se rapprocher, reculer, s'attarder sur quelque détail pour en saisir toute la subtilité. L'écriture de Gene Wolfe est absolument irréprochable, tout en douceur et en légèreté, pas d'effets de style pour épater le lecteur, pas d'esbroufe et une proximité psychologique avec les personnages remarquable. Gene Wolfe a la capacité de dire beaucoup en peu de mots, ce qui lui permet d'éviter le didactisme dont font preuve nombre d'écrivains de SF. C'est un vrai plaisir que de lire ce roman qui brasse des tonnes de concepts passionnants ; la gémellité et la copie, la notion d'unicité, le rôle de la mémoire (dans le premier récit le personnage central est un clone), mais également des questions essentielle sur le colonialisme, le génocide ou bien encore la notion de paradis perdu. Les lecteurs habitués de Gene Wolfe ne seront pas dépaysés, l’auteur utilise avec bonheur les procédés narratifs qui ont fait sa réputation et le texte regorge en réalité de petites subtilités qui peuvent, si le lecteur est suffisamment attentif, renverser complètement le sens du récit. Les dix dernières pages du roman sont à ce titre tout à fait symptomatiques de cette approche littéraire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La cinquième tête de Cerbère est une oeuvre marquante, envoûtante et définitivement géniale, à condition d’apprécier les récits lents et subtils empreints d’une profonde mélancolie.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-193721459990901638?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/193721459990901638/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=193721459990901638' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/193721459990901638'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/193721459990901638'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2011/05/sf-ethnologique-la-cinquieme-tete-de.html' title='SF ethnologique : La cinquième tête de Cerbère, de Gene Wolfe'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-uFd-UW1sT3k/Tde9A9dtDjI/AAAAAAAADQE/mGbyz8f3y5s/s72-c/medium_wolfe.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-1990344407820222662</id><published>2011-05-05T20:40:00.003Z</published><updated>2011-05-05T20:48:21.080Z</updated><title type='text'>Roman coup de poing  : The sinaloa story, de Barry Gifford</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/-YbeTFIJue7Q/TcML8lJ7bII/AAAAAAAADP0/eCCHTlhij4U/s1600/Sinaloa-Story.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 126px; height: 200px;" src="http://3.bp.blogspot.com/-YbeTFIJue7Q/TcML8lJ7bII/AAAAAAAADP0/eCCHTlhij4U/s200/Sinaloa-Story.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5603335496772840578" /&gt;&lt;/a&gt; Principalement connu pour avoir écrit les romans de la saga Sailor &amp; Lula (dont le premier fut adapté à l’écran par David Lynch), Barry Gifford est également poète et scénariste de films ; on lui doit notamment d’avoir co-signé avec Lynch le scénario de Lost Highway. Elevé dans une famille assez atypique puisque son père entretenait des relations étroites avec la pègre de Chicago et de La Nouvelle Orléans, Gifford mena une enfance chaotique, vivant la plupart du temps dans des hôtels. Le plus étonnant fut qu’il réussit néanmoins à boucler ses études universitaires avant de s’engager dans l’Air Force. Après une carrière avortée dans le base ball professionnel, Gifford se consacra intégralement à l’écriture, en tant que journaliste et écrivain. Sa production est particulièrement marquée par l’influence de la Beat generation, à laquelle il consacra un excellent essai co-écrit avec Lawrence Lee, Les vies parallèles de Jack Kerouac.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un peu à part dans la production littéraire de Barry Gifford, puisqu’il n’appartient pas à la série des Sailor et Lula, The Sinaloa story est un roman court mais d’une densité tout à fait remarquable.  L’histoire démarre de manière terriblement classique. Delray Mudo, mécanicien sans histoires, rencontre dans un bordel du Texas la très belle et très dangereuse Ava Varazo, qui, sans trop forcer son talent, le convainc de monter un coup aux dépens d’Indio Desacato, un obscur dealer/mac totalement fou d’Ava et propriétaire d’un beau magot. Delray quitte donc son boulot et suit Ava jusqu’à Sinaloa... évidemment, c’est à partir de là que Gifford déploie toute la mesure de son talent. Jusque là maîtrisé mais sans surprise, le roman bascule de manière abrupte et cueille le lecteur à froid pour le faire entrer dans une nouvelle dimension, encore plus sombre, certainement moins confortable, mais assurément largement plus convaincante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ecriture sèche qui va droit à l’essentiel, personnages bruts de décoffrage, chez Gifford la violence explose sans prévenir, au détour d’une phrase et le lecteur la prend en pleine poire. On cherche en vain un fil directeur entre les différents fils narratifs, mais Gifford s’y refuse, offrant un récit étrange et destructuré à mille lieues des intrigues carrées et bien ficelées du polar classique. Une fois la dernière page tournée, le lecteur est toujours tenaillé par cette angoisse instillée tout au long du roman, abandonné par un auteur qui lui lègue davantage de questions que de réponses. Une seule certitude, après cette lecture votre foi en l’humanité aura encore baissé d’un cran.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-1990344407820222662?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/1990344407820222662/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=1990344407820222662' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/1990344407820222662'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/1990344407820222662'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2011/05/roman-coup-de-poing-sinaloa-story-de.html' title='Roman coup de poing  : The sinaloa story, de Barry Gifford'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-YbeTFIJue7Q/TcML8lJ7bII/AAAAAAAADP0/eCCHTlhij4U/s72-c/Sinaloa-Story.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-782602936851572760</id><published>2011-04-16T15:54:00.002Z</published><updated>2011-04-16T16:06:01.395Z</updated><title type='text'>Polar desespéré : Drive, de James Sallis</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/-ulJouhHQRTM/Tam73A8KwAI/AAAAAAAADOw/3zFCDrM95z4/s1600/drive.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 130px; height: 200px;" src="http://2.bp.blogspot.com/-ulJouhHQRTM/Tam73A8KwAI/AAAAAAAADOw/3zFCDrM95z4/s200/drive.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5596210565804113922" /&gt;&lt;/a&gt; Il parle peu, frappe sec, conduit comme peu de gens savent le faire et ne se mêle jamais des affaires d’autrui. De lui nous ne saurons rien, ou si peu, sinon qu’il fut placé dans une famille d’accueil après que sa mère ait assassiné son père ; de toute façon, la pauvre femme était folle. Très tôt il montra des aptitudes étonnantes derrière un volant, si bien qu’il en fit rapidement son gagne-pain ; cascadeur sur les plateaux hollywoodiens le jour, chauffeur pour quelque casse bien juteux en ville la nuit ou les jours chômés. Il a peu d’amis, ne fréquente pas les femmes et de ses pensées secrètes ou de ses motivations nous ne connaîtrons rien. Le chauffeur ne bosse même pas pour l’argent, change sans cesse de domicile, comme s’il était incapable de s’attacher à quoi que ce soit de matériel. Il aime les bagnoles, mais elles sont avant tout un instrument de travail. Elles doivent être efficaces, précises, puissantes et fiables, la beauté de leur carrosserie importe peu. Le chauffeur est un professionnel et ne laisse rien au hasard ; il conduit, mène sa mission à bien, empoche sa part du butin et s’en retourne vers d’autres horizons. Du reste, il ne veut rien savoir. Jusqu’au jour où l’un de ses commanditaires tente de le doubler. Mauvaise idée, le chauffeur se transforme désormais en tueur, tout aussi efficace, tout aussi froid... impitoyable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En moins de deux cents pages d’une écriture aride et sans fioriture, James Sallis nous offre un roman d’une rare intensité. Un exercice de style voire une leçon de maître dont devraient s’inspirer bon nombre de tâcherons à la plume paresseuse et à l’ambition démesurée. Violent, sombre, voire désespéré, Drive est par essence un roman behavioriste qui s’affranchit de toute psychologie inutile. L’homme se définit par ses actes et ses actes parlent pour lui. Sallis a soigné son style, dépouillé à l’extrême, maîtrise l’art de l'ellipse avec brio, au risque parfois de perdre le lecteur, et construit un roman complexe dans sa structure narrative mais pourtant limpide pour le lecteur. De l’Amérique le chauffeur n’attend rien, il prend et trace sa route, sans se retourner, sans prendre en considération les dommage collatéraux. Un individualiste qui erre sans but dans l’immensité des suburbs californiennes. Une vision certes parcellaire des Etats-Unis, mais dont le lecteur sort abasourdi, littéralement KO.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-782602936851572760?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/782602936851572760/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=782602936851572760' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/782602936851572760'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/782602936851572760'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2011/04/polar-bien-noir-drive-de-james-sallis.html' title='Polar desespéré : Drive, de James Sallis'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-ulJouhHQRTM/Tam73A8KwAI/AAAAAAAADOw/3zFCDrM95z4/s72-c/drive.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-7674310203872842691</id><published>2011-04-12T18:18:00.006Z</published><updated>2011-06-29T16:02:27.711Z</updated><title type='text'>Pavé à thèse : Effondrement, de Jared Diamond</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://lamouette.blog.lemonde.fr/files/2070776727_lib_fiche_2.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 120px; height: 192px;" src="http://lamouette.blog.lemonde.fr/files/2070776727_lib_fiche_2.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Loin de la littérature pleine de sang et de fureur que ce blog offre habituellement, voici un gros pavé de réflexion qui connut son heure de gloire, et qui, n'en doutons pas, reviendra à la mode au gré des aléas climatiques. Car c'est d'environnement et de fluctuations climatiques, et de leurs conséquences sur les groupements humains, que parle le livre de Jared Diamond. A partir de quelques exemples à petite et moyenne échelle, il nous invite à une réflexion sur les limites du monde, sur notre environnement écologique et sur ce que nous en faisons.&lt;br /&gt;Pour argumenter longuement sa thèse, il propose de multiples exemples d'effondrements de civilisations : l'île de Pâques, la plus emblématique, suite à une course au prestige et au gigantisme. Celui des établissements vikings du Groenland, incapables de s'adapter aux changements climatiques, tandis que leurs cousins islandais, eux, réussissaient. Dans le Pacifique, avec le même parallèle entre les îles qui réussissent à maintenir leur population et celle qui n'y arrivent pas. A la découverte de la disparition des Indiens Pueblo ou des Mayas. Une immense érudition est mise à profit pour relever toute la complexité des enchaînements qui prélude à la disparition de civilisations petites ou grandes.&lt;br /&gt;On sent bien pointer les thèses maltusianistes et de décroissance derrière tout cela, mais Jared Diamond, ancien dirigeant de Greenpeace et sociologue averti, préfère nous laisser le soin des conclusions, sans jamais être manichéen. Car ce qui sauve les uns peut provoquer la perte des autres, si les bonnes décisions ne sont pas prises au bon moment. Et bienheureux celui qui sait et qui peut prendre la bonne décision au bon moment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Troublant, c'est bien le mot qui convient pour cette lecture. Il nous entraine sur les parages de la survie, glissant d'une échelle à une autre, avançant des arguments dans un sens pour les retourner quelques pages plus loin, démontrant que si l'impact de l'environnement est primordial pour la survie, le libre-arbitre humain est incontournable.&lt;br /&gt;Sa lecture ne laisse pas indifférente, et il n'est jamais trop tôt pour se demander si nous ne courrons pas à la catastrophe, quand les crises financières et économiques se rapprochent...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-7674310203872842691?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/7674310203872842691/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=7674310203872842691' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/7674310203872842691'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/7674310203872842691'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2011/04/pave-these-effondrement-de-jared.html' title='Pavé à thèse : Effondrement, de Jared Diamond'/><author><name>Valérie</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02593743808220673303</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-8483235883365489559</id><published>2011-04-12T16:51:00.005Z</published><updated>2011-04-12T17:05:14.224Z</updated><title type='text'>Polar pulpeux : The Blonde, de Duane Swierczynski</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/-3oda3Vjo8rg/TaSE5KuAnZI/AAAAAAAADOo/e5k3rFD3poA/s1600/blonde.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 128px; height: 200px;" src="http://3.bp.blogspot.com/-3oda3Vjo8rg/TaSE5KuAnZI/AAAAAAAADOo/e5k3rFD3poA/s200/blonde.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5594742754765741458" /&gt;&lt;/a&gt; Illustre inconnu de ce côté ci de l’Atlantique, Duane Swierczynski n’en est pas moins un auteur confirmé de polars et de comics. The Blonde est le premier de ses romans à bénéficier d’une traduction française et le moins que l’on puisse dire c’est que Rivages/noir a une nouvelle fois déniché un p’tit gars prometteur. Revendiquant haut et fort son attachement aux pulps et à la littérature de genre, Duane Swierczynski nous offre un techno-thriller décomplexé, mené à tambour battant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En pleine procédure de divorce Jack Eisley, journaliste à Chicago, se rend à Philadelphie pour négocier avec l’avocat de sa femme, un cador de la spécialité dont la réputation n’est plus à faire. A sa sortie de l’avion, Jack décide de prendre un verre avant de rejoindre son hôtel dans le centre-ville. A peine accoudé, une jolie blonde engage innocemment la conversation puis lui glisse en toute simplicité qu’elle vient de l’empoisonner. D’abord stupéfait, puis convaincu qu’il s’agit d’une blague ou d’une tentative de séduction extrêmement originale, Jack finit par la croire folle et la plante dans le bar avant de prendre un taxi. Mais conformément aux affirmations de la belle, une heure plus tard les symptômes promis par la jeune femme déclenchent nausées et vomissements. Au bord de la panique, Jack rebrousse chemin pour retrouver cette femme dont il ne sait rien et qui veut sa mort.  Même ville, même heure, l’agent Kowalski, qui officie pour une section très spéciale des services secrets, est chargé de récupérer la tête d’un professeur d’université récemment décédé. Sur fond de complot et de menace nanotechnologique, les destins de ces trois personnages vont se croiser et déjouer les plans du cerveau machiavélique qui a orchestré cette machination.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Roman de divertissement par excellence, The blonde est l’archétype du thriller urbain moderne. Un rythme effréné, un scénario haletant et globalement bien ficelé (mais dont les bases restent assez peu vraissemblables), une écriture sèche et efficace et des personnages à la psychologie réduite à la portion congrue. La réussite d’un tel roman tient évidemment à l’alchimie obtenue à partir de tous ces éléments, mais Duane Swierczynski a su intelligemment user des codes du genre, tout en s’affranchissant de certains stéréotypes. Il prend ainsi un malin plaisir à inverser les rôles ; c’est la blonde de service qui mène la danse, elle élabore la stratégie, prend l’initiative, rend coup pour coup face à l’adversaire. Autant dire que Jack Eisley, anti-héros par excellence,  ne sert que de faire-valoir. Sans compter que Swierczynski manie l’humour noir avec un certain talent, à tel point que certaines scènes frisent la parodie. The Blonde ne se prend pas au sérieux une seule seconde et cette distance salutaire en fait un divertissement tout à fait recommandable.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-8483235883365489559?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/8483235883365489559/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=8483235883365489559' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/8483235883365489559'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/8483235883365489559'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2011/04/polar-pulpeux-blonde-de-duane.html' title='Polar pulpeux : The Blonde, de Duane Swierczynski'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-3oda3Vjo8rg/TaSE5KuAnZI/AAAAAAAADOo/e5k3rFD3poA/s72-c/blonde.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-5201057976120887323</id><published>2011-04-04T16:28:00.002Z</published><updated>2011-04-04T16:44:50.131Z</updated><title type='text'>Poésie épique : Lavinia, d'Ursula K. Le Guin</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/-dqElvJ2hWnM/TZn1LBZYVmI/AAAAAAAADOg/rSYZunz07Ic/s1600/lavinia_le_guin.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 145px; height: 200px;" src="http://4.bp.blogspot.com/-dqElvJ2hWnM/TZn1LBZYVmI/AAAAAAAADOg/rSYZunz07Ic/s200/lavinia_le_guin.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5591769982059435618" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;« Comme Hélène de Sparte j'ai causé une guerre. La sienne, ce fut en se laissant prendre par les hommes qui la voulaient ; la mienne, en refusant d'être donnée, d'être prise, en choisissant mon homme et mon destin. L'homme était illustre, le destin obscur : un bon équilibre. »&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De Lavinia, Virgile lui même ne donne qu’une description succincte, une phrase sibylline au détour de l’Enéide et qui résume la place de la jeune femme dans la tradition romaine, à savoir une simple épouse et une génitrice. Il n’est finalement pas tellement étonnant qu’Ursula K. Le Guin, dont le talent et la subtilité ne sont plus à prouver, s’intéresse à ce personnage secondaire pour en faire une douce héroïne au féminisme discret mais néanmoins affirmé. Pour autant, considérer Lavinia comme une réécriture de l’Enéide adoptant un point de vue féministe serait une erreur car la vision de l’auteur dépasse ce cadre. Lavinia est une plongée au coeur du mythe de la fondation de Rome éclairée sous deux angles à la fois, celui de la tradition latine et celui des discrets apports (dans le roman) de l’archéologie moderne. Une vision certes rêvée, mais empreinte d’un réalisme du quotidien tout à fait saisissant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lavinia commence donc non pas aux côtés d’Enée, rescapé d’une Troie désormais réduite en cendres, mais en Italie et plus précisément dans le Latium (au sud de l’actuelle Toscane). Le royaume est gouverné par le roi Latinus, un souverain qui a réussi à unifier les différentes tribus du Latium tout en préservant une paix durable avec les régions frontalières, notamment la puissante Etrurie. De son mariage avec la belle Atia, Latinus eut trois enfants, deux garçons et une fille, Lavinia, qui fut la seule à survivre à la maladie qui emporta ses frères à peine sortis de l’enfance. De cette tragédie, Atia ne se remit jamais, sombrant progressivement dans la folie, Latinus trouva donc refuge dans ses fonctions et dans l’amour que lui portait sa fille. Désormais âgée de près de dix-huit ans et prête à marier, Lavinia est une jeune-fille discrète et soucieuse de répondre à ses obligations familiales, mais néanmoins armée d’une volonté de fer. Courtisée par une demi-douzaine de prétendants, dont le puissant roi des Rutules qui n’est autre que son cousin Turnus, elle ne cesse pourtant de remettre son choix au lendemain. En réalité elle croit en une prophétie de l’oracle qui annonça à son père qu’elle épouserait un étranger et que de leur union naîtrait une descendance puissante, à l’origine du plus grand des empires. Ce destin, Lavinia veut l’accomplir, mais de sa ténacité naîtra la guerre, dès que les bateaux d’Enée et de ses Troyens accosteront sur les rives du Tibre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;“Oh, ma chère, a-t-il dit toujours aussi doucement. Mon inachevée, mon incomplète, mon inaccomplie.”&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La narration est probablement l’un des aspects les plus intéressants de Lavinia. Imprégnée de l’Enéide, mais également d’autres auteurs classiques, bien au fait des avancées en matière d’archéologie, Ursula Le Guin mêle habilement les éléments du mythe et de la tradition latine, avec un certain réalisme purement hérité de la recherche historique, mais sans aucune lourdeur. Les gestes du quotidien, les rites et les coutumes des latins sont retranscrits avec une fidélité et un sens du détail qui octroient au roman une grande crédibilité, mais également une certaine proximité avec des personnages pourtant mythiques et par définition irréels. Plus surprenant, Le Guin convoque Virgile en personne à l’occasion de quelques scènes surprenantes où l’auteur latin fait quasiment office d’oracle auprès de Lavinia. Des interventions limitées au fil du texte, mais porteuses de sens. Lavinia s’est ainsi échappée de son carcan littéraire, qui lui réservait un rôle bien trop effacé, son créateur peut désormais la voir s’épanouir avant de s’effacer lui-même définitivement. Un geste d’une grande poésie, qui permet à l’auteur de s’affranchir de la tradition littéraire, mais qui prend également une résonance particulière à la lumière de récents propos d’Ursula K. Le Guin affirmant qu’elle en avait probablement terminé avec la fiction. Un bien beau testament littéraire, qui couronne la carrière exemplaire d’une grande dame de la littérature. Souhaitons qu’à l’image de certains artistes, Ursula K. Le Guin (âgée tout de même de 81 ans) revienne sur cette décision pour nous régaler à nouveau de sa plume exceptionnelle.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-5201057976120887323?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/5201057976120887323/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=5201057976120887323' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/5201057976120887323'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/5201057976120887323'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2011/04/poesie-epique-lavinia-dursula-k-le-guin.html' title='Poésie épique : Lavinia, d&apos;Ursula K. Le Guin'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-dqElvJ2hWnM/TZn1LBZYVmI/AAAAAAAADOg/rSYZunz07Ic/s72-c/lavinia_le_guin.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-1920148804188801443</id><published>2011-03-21T18:14:00.002Z</published><updated>2011-03-21T18:24:38.157Z</updated><title type='text'>Space opera poussif : Janus, de Alastair Reynolds</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/-JTDk6gKZxLE/TYeWEaLoYjI/AAAAAAAADN0/Pq6HW1u9Izk/s1600/n140676.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 139px; height: 200px;" src="http://3.bp.blogspot.com/-JTDk6gKZxLE/TYeWEaLoYjI/AAAAAAAADN0/Pq6HW1u9Izk/s200/n140676.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5586598865268138546" /&gt;&lt;/a&gt; Souvent présenté comme le fer de la lance du nouveau space opera, ou bien comme le “p’tit nouveau qui n’en veut”, c’est selon, Alastair Reynolds est désormais un écrivain de science-fiction confirmé, à qui l’on doit quelques réussites, notamment les deux premiers volets du cycle des Inhibiteurs, mais également quelques gamelles de premier ordre, comme &lt;span style="font-style:italic;"&gt;La pluie du siècle&lt;/span&gt;. N’en déplaise à certains, les petits défauts que l’on pouvait pardonner à un jeune auteur et que Reynolds semble traîner comme un boulet depuis son premier roman, ne sont désormais plus excusables. La question est de savoir si avec &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Janus &lt;/span&gt;(“Pushing Ice” en VO) l’écrivain britannique s’est enfin transcendé pour nous offrir un roman de science-fiction incontournable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2057. Système solaire. Banlieue de Saturne. Modeste lune de la géante gazeuse, d’un diamètre inférieur à 200 km, Janus quitte subitement son orbite et, à la surprise de l’ensemble des scientifiques humains, se dirige à une vitesse de plus en plus importante en direction de Spica ; une étoile de la constellation de la vierge, située à plus de 16 années lumière. En réalité, Janus n’est pas une véritable lune, mais un artefact extraterrestre doté d’une technologie extrêmement avancée. Problème, aucune équipe scientifique n’est en mesure de rejoindre Janus pour l’étudier avant que le satellite ne quitte le système solaire. Seule l’équipage du Rockhopper, un pousseur de glace dont la mission consiste à capturer des comètes, est capable de rattraper Janus. Poussés par l’appât du gain, les dirigeants du conglomérat privé auquel appartient le vaisseau, encouragent moyennant finance l’équipage à accepter la mission. Les deux cents hommes et femmes d’équipage se lancent alors à la poursuite de l’artefact extraterrestre, en vue d’en tirer le maximum de bénéfice en un minimum de temps. Hélas le deal est biaisé et le vaisseau se retrouve rapidement entraîné dans le sillage de Janus et dans l’incapacité totale de rebrousser chemin en direction de la Terre. Après une mutinerie en règle, l’équipage s’installe donc sur ce caillou qui fonce à une vitesse proche de la lumière vers Spica. Pour survivre, il leur faudra apprendre à exploiter les ressources offertes par Janus, à en déjouer les pièges et les dangers. Un voyage long et épuisant avec pour objectif l’inconnu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N’y allons pas par quatre chemins,  &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Janus &lt;/span&gt;est certes plus proche de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;L’espace de la révélation&lt;/span&gt; que de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;La pluie du siècle&lt;/span&gt;, mais globalement nous avons encore affaire à un roman bourré de qualités et d’idées lumineuses (notamment lorsqu’il joue avec les concepts relativistes), plombé par un style insipide, des dialogues totalement foirés et des personnages parfois à la limite de la caricature (pas tous heureusement). La première moitié de ce roman de près de six cents pages est d’un ennui consommé. Malgré les enjeux liés à la survie de l’équipage, Reynolds ne parvient à soulever que mollement l’intérêt du lecteur, l’intrigue étant focalisée sur l’affrontement entre deux femmes, Bella, capitaine déchue du Rockhopper, et Svetlanna, ingénieur en chef qui s’est emparée du pouvoir. Le coup des meilleures amies du monde devenant ennemies irréductibles, les renversements politiques à la petite semaine, le clivage entre les deux factions de l’équipage, les questions amorcées en début d’ouvrage et jamais résolues ou ne laissant la porte ouverte qu’à une suite, tout cela n’est pas bien nouveau et relève des ficelles habituelles de l’auteur. Reynolds commence à avoir la fâcheuse habitude de recycler son fonds de commerce et ce qui pouvait fasciner au premier roman commence sérieusement à sentir le réchauffé, voire le cramé. Les Big Dumb Objects déclinés à toutes les sauces sur six romans, ça commence sérieusement à bien faire. Il va falloir innover Mister Reynolds, ou bien les lecteurs se lasseront. Alors certes, le roman est émaillé de beaux passages et l’action décolle dans la seconde partie, par ailleurs Reynolds jongle toujours aussi habilement avec les concepts scientifiques et techniques, mais c’est très nettement insuffisant pour convaincre. D’autant plus que, comme les trois romans précédents de l’auteur, ce Janus est décidément atteint de surcharge pondérale, avec une intrigue ramassée sur trois cents pages de moins, ce nouvel opus d’Alstair Reynolds serait hautement plus digeste ; à croire que l’éditeur anglo-saxon a lui aussi bâclé son travail.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-1920148804188801443?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/1920148804188801443/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=1920148804188801443' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/1920148804188801443'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/1920148804188801443'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2011/03/space-opera-poussif-janus-de-alastair.html' title='Space opera poussif : Janus, de Alastair Reynolds'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-JTDk6gKZxLE/TYeWEaLoYjI/AAAAAAAADN0/Pq6HW1u9Izk/s72-c/n140676.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-4723560491321993306</id><published>2011-03-04T21:33:00.003Z</published><updated>2011-03-09T13:52:15.072Z</updated><title type='text'>Polar bien noir : Miami blues, de Charles Willeford</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/-3Z3SG_EIndg/TXFawYEgJtI/AAAAAAAADNE/4C0bwlyfnXA/s1600/9782869304710.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 129px; height: 200px;" src="http://1.bp.blogspot.com/-3Z3SG_EIndg/TXFawYEgJtI/AAAAAAAADNE/4C0bwlyfnXA/s200/9782869304710.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5580341200430311122" /&gt;&lt;/a&gt;Largement ignoré du grand public et parfois abusivement considéré comme un second couteau, Charles Willeford fait pourtant partie des auteurs majeurs du roman noir américain. Ecrivain maudit sans cesse à la poursuite du succès, outrageusement talentueux mais constamment boudé du public, Willeford est de ceux dont la vie aussi bien que la plume forcent le respect. Tantôt soldat, écrivain, soldat à nouveau, écrivain et enfin enseignant à l’université de Floride, il alterne les périodes d’écriture avec les phases de profond dégoût, voire de dépression. Il sombre dans l’alcool puis l’appel de l’écriture est à nouveau le plus fort. En 1984, Willeford publie  Miami blues, un polar sombre et violent, qui contre toute attente rencontre le succès. Carton plein pour l’auteur, dont le talent est enfin reconnu à sa juste valeur. Face au succès et à la pression de son éditeur, il écrit plusieurs suites mais ne profitera même pas de l’avance de 225 000 dollars qu’il obtient pour son dernier roman, terrassé par une crise cardiaque une semaine après la sortie de Ainsi va la mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Miami blues a ceci de particulier qu’il met en scène deux parfaits anti-héros : Hoke Moseley, flic expérimenté mais fatigué de la police de Miami, et Frederic J. Frenger, alias Junior, dangereux psychopathe tout droit venu de Californie. Le roman n’est pas sans rappeler Un tueur sur la route de James Ellroy (publié deux ans plus tard) ou bien encore les livres parfaitement déjantés de Tim Dorsey (autre auteur de la vague floridienne) en moins drôle. L’histoire démarre néanmoins de manière assez saugrenue. Alors qu’il débarque à l’aéroport de Miami, Junior se débarrasse, en lui cassant le doigt, d’un jeune homme qui tentait de lui soutirer quelques dollars pour une cause obscure. Sans le savoir, Junior l’a en réalité tué ; l’homme, en état de choc, succombe à cette blessure en apparence anodine avant même que les secours ne soient sur place. Junior quant à lui, a décidé de se mettre au travail. Il loue une chambre dans un hôtel luxueux et s’empresse de se rencarder sur les possibilités offertes par la ville de Miami en matière de criminalité avec violence, mais avant d’explorer la cité floridienne il se paie du bon temps avec une prostituée. Coup du sort incroyable, la jeune fille (Susan) se trouve être la soeur de l’homme qu’il vient d’assassiner. Commence alors avec le sergent Hoke Moseley, à qui l’affaire vient d’être confiée, un jeu du chat et de la souris pour lequel notre psychopathe est loin d’être démuni.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En apparence tirée par les cheveux, la trame de Miami blues est en réalité extrêmement bien troussée et repose sur la relation ambiguë qui lie les trois principaux personnages (Moseley, Junior et Susan) du roman. Tous les trois sont en situation d’échec social. Moseley est divorcé, il vit dans une chambre d’hôtel minable sans réussir à joindre les deux bouts, porte un dentier qu’il a du mal à assumer, ne voit sa fille que deux fois par an et a du mal à gérer ses relations avec les femmes. Junior/Freddy, est incapable de s’insérer dans la société ; dangereux, violent, intelligent (ou tout du moins calculateur) il aspire pourtant à vivre une vie normale puisqu’il tente par tous les moyens de donner à la relation qu’il entretient avec Susan les apparences de la normalité (il s’installe avec la jeune fille dans une petite maison, part tous les matins détrousser les passants au centre commercial, comme s’il s’agissait d’un boulot respectable). Quant à Susan, elle incarne la parfaite petite femme d’intérieur, prépare de bons petits plats pour son psychopathe de mari, accepte toutes les humilations (sexuelles comme psychologiques) en filant le parfait amour avec Junior/Freddy. En réalité c’est toute la société américaine, symbolisée par la très édifiante ville de Miami,  qui semble gangrenée par la violence et la schizophrénie sociale (voire sociétale). La violence explose à tous les coins de rue dans une ville assaillie par des vagues d’immigrés cubains, les classes moyennes blanches fuient et se replient dans les banlieues sécurisées, les filcs pétent les plombs et les criminels s’en donnent à coeur joie. Alors chacun se donne une apparence et tente de préserver son intégrité en se raccrochant aux lambeaux d’une vie affreusement matérialiste et anxiogène.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-4723560491321993306?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/4723560491321993306/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=4723560491321993306' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/4723560491321993306'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/4723560491321993306'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2011/03/polar-bien-noir-miami-blues-de-charles.html' title='Polar bien noir : Miami blues, de Charles Willeford'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-3Z3SG_EIndg/TXFawYEgJtI/AAAAAAAADNE/4C0bwlyfnXA/s72-c/9782869304710.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-4236463843866452070</id><published>2011-02-21T19:37:00.002Z</published><updated>2011-02-21T19:41:21.068Z</updated><title type='text'>Fantasy darky : La compagnie noire, de Glenn Cook</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/-sV9Pv444S2o/TWK_TQYoLaI/AAAAAAAADMw/HS2JHy7Lftw/s1600/CompagnieNoire.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 125px; height: 200px;" src="http://2.bp.blogspot.com/-sV9Pv444S2o/TWK_TQYoLaI/AAAAAAAADMw/HS2JHy7Lftw/s200/CompagnieNoire.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5576229626174778786" /&gt;&lt;/a&gt; L’écrivain américain Glenn Cook est surtout connu pour être l’auteur du cycle de la Compagnie noire, une série à succès que d’aucuns affirment classer dans la dark fantasy. On n’épiloguera pas ad vitam eternam sur ce qualificatif, qui visiblement a été amputé de son sens premier en franchissant l’Atlantique. Alors que les anglo-saxons l’emploient essentiellement pour cataloguer les oeuvre relevant du fantastique horrifique, les fans français considèrent que la dark fantasy est une variante de l’heroic fantasy dont les protagonistes ne seraient plus les sauveurs du monde, mais plutôt les potes de Sauron. Honnêtement, la polémique fleure bon l’odeur de moisi et les classifications étant le plus souvent abusives, on se contentera d’en sourire et d’attaquer l’oeuvre proprement dite. La compagnie noire bénéficie d’une réputation plutôt élogieuse (les onze tomes de la série prouvent que le succès commercial est au rendez-vous) et la lecture du pitch laisse apparaître quelques bonnes idées, surtout pour les lecteurs fatigués de suivre les aventures de héros falots et pleins de bons sentiments. Cook nous promet une histoire plus sombre, plus mature et beaucoup moins manichéenne. On demande à voir, mais surtout on se procure la version poche à pas cher parce que tout de même on n’est pas vraiment rassuré par la lecture des premières pages.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Le scénario n’a, à priori, rien de compliqué, sous la plume du narrateur (appelé Doc), nous découvrons l’engagement d’une compagnie de mercenaires pas vraiment sans foi ni loi au service de la Dame, une puissante souveraine dont les desseins paraissent sinon maléfiques au moins obscurs. Sans le savoir, les hommes de la compagnie noire ont en réalité accepté un marché de dupe et ont pris position dans un conflit séculaire qui oppose des forces qui les dépassent. Installée dans la cité de Beryl, au service d’un dirigeant dont les jours au pouvoir semblent comptés, la compagnie noire doit faire face à la contestation populaire et fuit la ville après avoir plus ou moins massacré la garnison. Ils franchissent la mer en direction du Nord après avoir accepté l’offre de l’homme lige de la Dame et s’engagent  à rejoindre le gros de ses forces. Durant le voyage, Doc dévoile quelques éléments supplémentaires. On apprend que dans les temps anciens, le Dominateur et son épouse (la Dame) maintenaient leur emprise implacable sur le monde. Pour mettre fin à leur règne machiavélique, la Rose Blanche, une puissante magicienne de la Rébellion, faute de pouvoir détruire  définitivement leur pouvoir, les enterra vivants dans un tombeau en compagnie de leurs dix asservis (des mages très puissants). Comme toutes les bonnes choses ont une fin, le mal tente à nouveau d’étendre son emprise sur le monde et les forces du bien se soulèvent contre le pouvoir renaissant de la Dame et de ses asservis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est suffisamment rare pour être souligné, mais après cent cinquante pages d’une lecture poussive et confuse La compagnie noire a eu raison de ma patience. J’avoue rester dubitatif quant-au succès remporté par cette série, même si je suis capable de lui reconnaître certaines qualités, notamment la volonté affichée par son auteur de sortir des canons du genre et de tenter une approche plus mature. Hélas la lecture de l’ouvrage se révèle d’un ennui mortel. Les enjeux restent obscurs, les forces en présence demeurent floues, les personnage manquent singulièrement de substance. Cook nous plonge directement dans le bain, sans explication, ce serait formidable si l’auteur savait dans quelle direction mener sa barque, mais le sentiment de voguer à vue persiste tout au long des cent premières pages, voire davantage. Cet aspect brouillon du roman use la patience du lecteur, qui aimerait bien comprendre ce qui se passe. Même les promesses initiales ne semblent pas tenues, on assiste bien à un massacre en règle au début du roman, puisque la compagnie égorge une garnison complète par surprise (comprendre, pendant que les hommes se reposaient), il est vrai que c’est assez vil, mais quelques chapitres plus loin, Doc et ses acolytes sauvent un petit vieux et une gamine qui se faisaient violenter par des brutes appartenant à une compagnie alliée. La gamine, surnommée Chérie est ensuite adoptée comme mascotte. De vrais durs on vous dit.  Avec une écriture de grande qualité on pourrait s’y retrouver et lire pour la beauté du texte, hélas, Cook n’est pas exactement un grand styliste ; les descriptions sont sommaires et ses dialogues pour le moins basiques. Quant à la construction narrative elle brille par son classicisme. L’ambiguïté du propos, la gestion efficace de l’ellipse, les potentialités cachées du non-dit, autant d’éléments qui sont les ingrédients d’un roman de qualité, mais qui, mal maîtrisés, tombent littéralement à plat et ne participent qu’à la confusion du lecteur. Suis-je trop obtus pour comprendre le génie de Glenn Cook, sans doute, mais les romans dont j’ai lâché la lecture après cent cinquante pages se comptent sur les doigts de la main.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-4236463843866452070?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/4236463843866452070/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=4236463843866452070' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/4236463843866452070'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/4236463843866452070'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2011/02/fantasy-darky-la-compagnie-noire-de.html' title='Fantasy darky : La compagnie noire, de Glenn Cook'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-sV9Pv444S2o/TWK_TQYoLaI/AAAAAAAADMw/HS2JHy7Lftw/s72-c/CompagnieNoire.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-5135666393902733449</id><published>2011-02-09T14:27:00.003Z</published><updated>2011-02-09T17:13:31.165Z</updated><title type='text'>Mexico connection : Cosa Facil, de Paco Ignacio Taibo II</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TVKkmK5Pk3I/AAAAAAAADMU/yBc8F2oxXvI/s1600/9621-medium.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 129px; height: 200px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TVKkmK5Pk3I/AAAAAAAADMU/yBc8F2oxXvI/s200/9621-medium.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5571696664677159794" /&gt;&lt;/a&gt; Ecrivain engagé, et pour cause le bonhomme est né dans une famille d’anarcho-syndicalistes espagnols, Paco Ignacio Taibo II est un auteur atypique. Naturalisé Mexicain vers l’âge de dix ans, il partage désormais sa vie entre le Mexique, l’Espagne et la France. Auteur d’une biographie passionnante de Che Guevara et d’un livre co-écrit avec le sous-commandant Marcos, Paco Ignacio Taibo II a surtout rencontré le succès grâce aux enquêtes du détective Hector Balascoaran Shayne, détective privé mexicain aux origines basques et irlandaises.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Cosa Facil&lt;/span&gt; est le second roman de la série Balascoaran. Ecrit au milieu des années 70, alors que le Mexique connaît  pour quelques années encore une importante croissance économique et l’émergence d’une véritable classe moyenne,  &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Cosa Facil&lt;/span&gt; laisse apparaître quelques lignes de cassure. Le miracle mexicain touche à sa fin, la machine se grippe et les syndicats montent au créneau. C’est là qu’entre en marche la répression étatique et policière. Le roman illustre à merveille ce basculement dans la violence sociale et économique liée à la libéralisation de la société mexicaine, et c’est probablement ce qui en fait toute la force. Au milieu de ce chaos annoncé, qui pour le moment n’en est pas encore un, Hector Balascoaran Shayne, ex-ingénieur aujourd’hui détective sans le sou, partage ses bureaux avec un plombier, un tapissier et un ingénieur spécialiste des canalisations et des égouts. Hector Balascoaran Shayne, que l’on nommera par ses initiales HBC, c’est plus court, mène une vie pour le moins compliquée. Sa vie sentimentale est un champ de ruines et ses affaires lui rapportent plus de coups et de blessures que de pesos. Cette fois, notre détective doit mener trois affaires de front : un illustre illuminé, persuadé que Zapata n’a jamais été assassiné, lui demande de se lancer à sa recherche, une actrice populaire sur le déclin charge HBC de veiller sur sa fille victime de plusieurs agressions, enfin, les dirigeants d’une grosse entreprise de Mexico lui demandent d’enquêter sur l’assassinat d’un ingénieur dans une usine secouée par un mouvement de grève important.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Si vous me demandez pourquoi il est détective privé, je serais bien en peine de vous répondre. Il est évident qu’à certains moments, il préférerait ne pas l’être, comme il y a des moments où je préférerais être n’importe quoi, sauf écrivain&lt;/span&gt;.”&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Raymond Chandler&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Ce qui fascine au premier abord dans le personnage de HBS c’est qu’il s’inscrit dans la longue tradition du polar hard-boiled. Il s’agit d’un détective dans le plus pur style behavioriste (un dur à cuire capable d’une grande finesse d’analyse, sensible, profondément solitaire mais gardant les pieds ancrés dans la réalité sociale), qui s’éloigne toutefois des canons du genre pour mieux se singulariser (a obtenu sa licence en suivant des cours par correspondance, se déplace la plupart du temps en bus, consomme des sodas plutôt que du whisky, partage son bureau avec trois autre énergumènes, très proche de ses frères et soeurs qu’il met souvent à contribution pour ses enquêtes). Globalement HBS reste un redresseur de torts, un défenseur de la veuve et de l’orphelin incapable de mener une enquête qui entrerait en conflit avec ses propres préceptes moraux, philosophiques ou politiques (fortement ancrés à gauche), l'appât du gain n’est pas sa première motivation, son moteur c’est l’adrénaline que lui procure son boulot, c’est d’une certaine manière sa liberté d’action et de choix, qui l’autorise régulièrement à envoyer bouler son employeur. HBS surprend souvent, déçoit rarement, mais reste profondément humain, il n’est pas infaillible et reçoit régulièrement son lot de grosses galères. Bref, il est tout simplement l’archétype de l’anti-héros attachant. L’autre force de Paco Ignacio Taibo II, c’est sa capacité à ancrer son héros et ses enquêtes dans le réel, chaque roman est l’occasion de plonger au coeur de la société mexicaine, d’en comprendre les lignes de fracture et les enjeux (émergence des revendications de la classe moyenne, corruption, violences policières, zones de non droit et impunité des politiques). C’est d’ailleurs l’occasion pour l’auteur d’étaler toute sa science du détail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Dernière qualité et pas des moindres. Paco Ignacio Taibo II est un écrivain qui sait prendre son temps. Il  s’attarde sur des descriptions à priori futiles, mais finalement lourdes de sens, nous plonge dans les réflexions perplexes de son détectives, nous permet de partager quelques tranches de vie savoureuses. Bref, tout ce qui fait les qualités d’un bon roman, mais fait hélas défaut à nombre de polars trop attachés à la notion de suspense, un artifice dont Paco Ignacio Taibo II sait parfaitement se passer.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-5135666393902733449?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/5135666393902733449/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=5135666393902733449' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/5135666393902733449'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/5135666393902733449'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2011/02/mexico-connection-cosa-facil-de-paco.html' title='Mexico connection : Cosa Facil, de Paco Ignacio Taibo II'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TVKkmK5Pk3I/AAAAAAAADMU/yBc8F2oxXvI/s72-c/9621-medium.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-3370520948220449207</id><published>2011-02-08T17:56:00.004Z</published><updated>2011-02-08T18:02:43.243Z</updated><title type='text'>Polars pop corn : Le Faucheux (J. Sallis) / Signé Moutain (P. Corris)</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TVGEmyUReCI/AAAAAAAADME/P2TGzHDYLVc/s1600/Le-faucheux.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 115px; height: 200px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TVGEmyUReCI/AAAAAAAADME/P2TGzHDYLVc/s200/Le-faucheux.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5571380015910713378" /&gt;&lt;/a&gt;Un billet rapide pour signaler deux polars sympathiques, mais qui ne méritent pas à proprement parler une chronique de 3000 signes. Le premier était attendu puisqu’il s’agit du Faucheux de James Sallis, auteur dont j’avais entendu le plus grand bien ici et là et dont j’attendais forcément beaucoup. Inévitablement, les chances d’être déçu augmentent sensiblement dans ce cas de figure. Ce roman, qui n’en est pas exactement un, est en réalité un fixup composé de quatre nouvelles mettant en scène Lew Griffin, ex barbouze devenu détective privé à la Nouvelle Orléans. Un grand black tout en muscles porté sur la bouteille, appelé à de multiples reprises à sauver la veuve et l’orphelin. Mouais, honnêtement j’attendais mieux de Sallis, porté aux nues par certains de mes camarades et souvent encensé par la critique. Le personnage est légèrement binaire, très américain sans son attitude et ses conceptions du bien et du mal (normal après tout, on est quand même aux USA). On s’ennuie ferme dans cette série d’enquêtes un peu molles du genou, bien que les deux derniers textes finissent par convaincre le lecteur qu’en grattant quelque peu ce vernis pourtant pas bien épais, un auteur d’une toute autre envergure transparaît. Même Big Easy déçoit, il y a bien quelques fulgurances, quelques détails typiquement louisianais, mais une désagréable impression de saupoudrage persiste durant les trois quarts du livre. L’action pourrait se dérouler à Detroit ou Seattle sans que le lecteur puisse réellement sentir la différence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TVGE-AZsH_I/AAAAAAAADMM/DnAhqBc8j9E/s1600/9782743621339.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 128px; height: 200px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TVGE-AZsH_I/AAAAAAAADMM/DnAhqBc8j9E/s200/9782743621339.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5571380414828519410" /&gt;&lt;/a&gt;Pas vraiment plus consistant, Signé Mountain de Peter Corris est un petit polar bien rodé mettant en scène une nouvelle enquête du détective Cliff Hardy, un autre genre de dur à cuire. Si le suspense est cette fois mieux géré et l’enquête rondement menée, ce roman, qui se déroule en Australie, plus exactement dans la ville de Sydney, pêche par son absence d’ambiance caractéristique. L’action se déroule entre l’appartement de Cliff Hardy (situé vraisemblablement quelque part dans Sydney), son bureau (situé quelque part dans Sydney), l’appart du principal suspect (situé quelque part dans Sydney) et un pub (là aussi, allez savoir où ça se trouve). Bon ok, Cliff Hardy va également faire un tour dans l’arrière-pays et du côté de Melbourne. On me rétorquera qu’il s’agit d’un polar et pas d’un guide touristique, mais pour le dépaysement faudra tout de même chercher ailleurs (du côté de Sharkbait ou Dogfish de Susan Geason par exemple en ce qui concerne le polar).&lt;br /&gt;    Bref, deux romans en demi-teinte, qui certes se lisent bien, mais demeurent sans grande saveur. De la littérature pop corn, qui divertit mais s’oublie en un clin d’oeil.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-3370520948220449207?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/3370520948220449207/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=3370520948220449207' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/3370520948220449207'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/3370520948220449207'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2011/02/polars-pop-corn-le-faucheux-j-sallis.html' title='Polars pop corn : Le Faucheux (J. Sallis) / Signé Moutain (P. Corris)'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TVGEmyUReCI/AAAAAAAADME/P2TGzHDYLVc/s72-c/Le-faucheux.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-5219013977119635145</id><published>2011-01-07T17:14:00.004Z</published><updated>2011-01-07T17:22:24.240Z</updated><title type='text'>Jazz in New Orleans : Courir après le diable, de David Fulmer</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TSdLyRPYHgI/AAAAAAAADLs/HtDHTzuVENY/s1600/arton18440-60087.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 132px; height: 200px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TSdLyRPYHgI/AAAAAAAADLs/HtDHTzuVENY/s200/arton18440-60087.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5559495592005606914" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Le polar-jazz est-il un genre à part entière ? C’est à se le demander tant les deux font bon ménage et participent indiscutablement à l’imaginaire lié aux années cinquante. Mais cette fois il faut  remonter le temps d’environ un demi-siècle, prendre la highway 11 en direction du delta, jusqu’à la Nouvelle Orléans, et s’imprégner de l’ambiance de storyville, le quartier chaud de la ville. En ce début de XXème siècle, la Nouvelle Orléans n’est plus la perle du Sud, mais si son économie vacille son aura culturelle persiste. Big Easy attire comme un aimant, sa vie nocturne fascine et ses lois plutôt souples ont permis l’éclosion de clubs et de maisons closes de standing variable qui font sa réputation. A la croisée du blues et du ragtime, un nouveau genre musical est sur le point d’éclore, le jazz prend vie sous les doigts de Jelly Roll Morton et de Buddy Bolden. Le jour grâce aux Brass bands ils animent les processions et autres fanfares destinées à marquer les festivités de la grande cité du sud (carnaval, piques nique, réunions sportives, enterrements), la nuit venue ils prennent possession des clubs, animant des soirées bien arrosées, qui se prolongent jusqu’au petit matin, lorsque les danseurs et les noctambules épuisés regagnent leurs pénates.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;"Un journaliste local, s'aventurant un soir dans back-of-town pour assister au spectacle, écrivit que Bolden jouait du « bavardage musical », en employant le terme français « jaser » pour donner du relief à son dédain. Le terme fit mouche. Bientôt, tout le monde dans back-of-town comprit ce que cela signifiait quand un orchestre « jassait » les airs."&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Valentin Saint-Cyr, ancien membre de la police et désormais homme de main d’un puissant “homme d’affaire” de la Nouvelle Orléans, est aussi l’ami d’enfance de Buddy Bolden, cornettiste de génie, précurseur du jazz et amateur de femmes. Le patron de Valentin l’a chargé d’élucider une série de meurtres qui secoue storyville ; en l’espace de quelques jours, plusieurs prostituées ont été sauvagement assassinées, ce qui n’inquiétait guère les autorités lorsqu’il s’agissait de femmes noires, mais désormais le tueur s’est attaqué à une octavonne dans une maison respectable, qui sait si la fois prochaine il ne tuera pas une blanche. Malheureusement pour Saint-Cyr, les soupçons des autorités semblent se focaliser sur la personne de Buddy Bolden. Non seulement le musicien connaissait toutes les femmes assassinées, mais des témoins l’ont vu discuter avec l’une des victimes, juste avant qu’elle soit lardée de coups de couteau. Le détective est persuadé que son ami est innocent, mais les pressions exercées par son patron et par une partie de son entourage le font douter, surtout depuis qu’il assiste à la lente descente aux enfers de Buddy ; consommation excessive d’opium et d’alcool, accès de rage récurrents, embrouilles avec les musiciens de son propre band. Le King semble avoir perdu les pédales et sa propre famille constate son impuissance à le remettre dans le droit chemin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Courir après le diable fait partie de ces polars dont on se demande s’ils n’auraient pas tout intérêt à se débarrasser de leur intrigue policière. Non pas que celle-ci soit rébarbative car David Fulmer maîtrise parfaitement la narration et le dosage du suspense, mais l’arrière-plan historique et culturel est tellement passionnant qu’il se suffit à lui-même. D’autant plus que l’auteur maîtrise parfaitement son sujet et ses connaissances en matière de musique afro-américaine prouvent qu’il aurait parfaitement pu écrire un véritable roman historique. David Fulmer réussit cependant à judicieusement mêler la fiction et le réel, rendant un très bel hommage aux précurseurs du jazz et en particulier à Buddy Bolden, dont il dresse un portrait touchant de sincérité (quant à Jelly Roll Morton, il ne fait l’objet que d’une courte scène). Mais indiscutablement, c’est la Nouvelle Orléans qui représente la plus grande réussite de David Fulmer, sa description de la cité louisianaise à l’orée du XXème siècle est saisissante de réalisme, pour peu que l’on accepte de se contenter des milieux interlopes qu’il décrit avec beaucoup de précision et un grand sens de la mise en scène. L’ambiance est palpable lorsque Saint-Cyr traverse les rues mal famées de storyville, la moiteur de la ville assaille le lecteur, comme les odeurs de la cuisine créole, et le soir venu lorsque les ombres du voodoo étendent leur toile à travers la cité, les rythmes du jazz se mêlent aux pas des danseurs de lindy hop dans un étrange ballet qui semble ne plus avoir de fin.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-5219013977119635145?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/5219013977119635145/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=5219013977119635145' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/5219013977119635145'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/5219013977119635145'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2011/01/jazz-in-new-orleans-courir-apres-le.html' title='Jazz in New Orleans : Courir après le diable, de David Fulmer'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TSdLyRPYHgI/AAAAAAAADLs/HtDHTzuVENY/s72-c/arton18440-60087.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-621381055065876988</id><published>2010-11-20T20:35:00.003Z</published><updated>2010-11-20T20:43:53.952Z</updated><title type='text'>Born to kill : Les deux morts de John Speidel, de Joe Haldeman</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TOgxLrSlzvI/AAAAAAAADK4/MX6kybR8wwU/s1600/OL8864506M-M.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 136px; height: 200px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TOgxLrSlzvI/AAAAAAAADK4/MX6kybR8wwU/s200/OL8864506M-M.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5541733418148417266" /&gt;&lt;/a&gt; On savait que Joe Haldeman avait été fortement imprégné par son expérience du Vietnam, et qu’elle hantait encore et toujours son oeuvre, mais on pensait que l’écrivain américain avait tout dit et que l’apogée de sa carrière était désormais derrière lui. Il est vrai que &lt;span style="font-style:italic;"&gt;La guerre éternelle&lt;/span&gt; est souvent présenté comme son chef d’oeuvre, alors quand on a atteint le sommet il est bien difficile de faire autre chose que redescendre. Eh bien nous avions tout faux, car son chef d’oeuvre Haldeman ne l’a pas écrit en 1974, mais en 1995 et le roman s’intitule &lt;span style="font-style:italic;"&gt;1968 &lt;/span&gt;(traduit par Les deux morts de John Speidel en français). Mauvaise nouvelle pour les geeks ce n’est pas de la SF, heureusement pour les lecteurs c’est de la vraie bonne littérature.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Agé tout juste de 19 ans, John Speidel, surnommé Spider,  a l’immense privilège d’avoir été tiré au sort pour partir crapahuter dans la jungle vietnamienne. Il quitte donc Bethesda, dans la banlieue de Washington, laisse derrière lui ses parents et sa petite amie Beverly  et troque sa collection de bouquins de SF pour une paire de rangers et un M16 constamment enrayé. D’abord affecté à des tâches peu reluisantes mais planquées, comme la récupération des cadavres ou la vidange des latrines, Spider est ensuite envoyé sur le front dans une unité de sapeurs. N’allez pas croire que son quotidien soit beaucoup plus excitant car l’ennemi se montre peu, se contentant la plupart du temps d’embuscades et d’attaques éclairs, pas forcément très meurtrières, mais souvent démoralisantes pour des soldats qui ont rarement l’occasion de riposter franchement. La peur est bel et bien la compagne indéfectible de l’ennui et les marches épuisantes à travers une forêt luxuriante et menaçante succèdent à d’interminables journées où l’occupation principale consiste à astiquer son M16 en sifflant des canettes de bière tiède. Alors pour tromper l’ennui, Spider écrit à sa famille et à Beverly. Au cours d’une mission de reconnaissance, sa compagnie tombe dans une embuscade dont il est le seul à réchapper. Coup de chance ou  acte de miséricorde, il est épargné par le soldat vietcong chargé d’achever les blessés. Choqué, déclaré à tort schizophrène et homosexuel  par les médecins militaires, il est rapidement rapatrié aux Etats-Unis et interné dans un hôpital psychiatrique près de Washington.  Commence alors pour Spider un long parcours du combattant pour retrouver sa liberté et sa dignité, dans un pays qui en l’espace de quelques mois lui est devenu presque étranger ; car à la fureur des combats fait place la fureur du monde moderne, impitoyable envers ces jeunes gens qui, par devoir, obligation ou conviction, ont donné leur sang.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Très peu centré sur les combats, Les deux morts de John Speidel est finalement un récit intimiste architecturé autour du quotidien de Spider, dont la candeur fait toute la force du roman, car on oublie bien trop souvent que le combattant de base sort la plupart du temps tout juste de l’adolescence (ce qui n’a fait que se vérifier quarante ans plus tard en Irak). La première partie, celle qui se déroule au Vietnam n’est pas forcément la plus édifiante, si ce n’est qu’elle brise par son réalisme quasi documentaire, la dimension esthétique et hypnotique de la guerre, que l’on retrouve trop souvent au cinéma ; on est à des années lumières d’un Platoon ou d’un Apocalypse Now. Le quotidien de l’armée est finalement assez fidèlement résumé : beaucoup d’ennui, peu d’action, de la fatigue, de la bouffe un peu terne et surtout une incompréhension totale concernant les objectifs et la stratégie du haut commandement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La seconde partie du roman, qui raconte la difficile réadaptation de Spider à la vie civile est, dans un sens, plus violente que l’évocation des combats. La figure du combattant de retour du front n’est pas forcément inédite, elle avait été plus ou moins subtilement interprétée par Sylvester Stallone dans Rambo (le film est l’adaptation d’un roman de David Morell), mais elle a cette fois l’avantage d’être dépouillée de tout artifice spectaculaire. Alors qu’il échappait au sein de son unité au carcan moral et ultra policé de la société américaine des années soixante, Spider doit réintégrer la vie civile et ses obligations sociales, familiales ou professionnelles ; une succession de règles, qui apparaissent bien terre à terre, étriquées et stupides pour un soldat qui a vu ses compagnons mourir sous les balles des mitrailleuses lourdes, tantôt décapités ou démembrés par un obus, émasculés par une balle perdue ou achevés à la baïonnette par un soldat vietcong. Difficile de reprendre un emploi lorsque le moindre claquement de porte vous incite à plonger à terre pour éviter les balles ennemies, difficile de réintégrer une chambre d’adolescent quand vous avez pris l’habitude de dormir contre votre fusil d’assaut au milieu des bruits de la jungle nocturne, comment ne pas trouver absurde des lois qui interdisent à un jeune homme de 19 ans d’acheter un pack de bière au supermarché du coin alors même que l’armée fournissait régulièrement à ses soldats quelques bières pour améliorer l’ordinaire. Mais ce qui apparaît le plus dur pour le Spider revenu dans sa patrie, c’est la solitude qu’il doit affronter désormais. Ses parents le fuient, sa petite amie l’a quitté, ses amis l’ont abandonné. Au mieux il suscite la pitié, au pire il provoque l’ire de pacifistes allumés à la marijuana et aux amphets, quand il ne se fait pas carrément tabasser. En l’espace de quelques mois le pays a considérablement changé, Martin Luther King a été assassiné, le mouvement hippie agonise lentement et les GI ne sont plus les enfants chéris de l’Amérique ; ils cristallisent au contraire les frustrations d’un pays qui sent arriver la défaite et qui ne croit plus au bien fondé de cette guerre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Roman initiatique, roman de guerre, roman de société, témoignage d’une époque, Les deux morts de John Speidel est tout cela à la fois et plus encore. Haldeman nous livre un roman total, qui bouleverse par sa crudité, son réalisme subtil et sa distance critique.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-621381055065876988?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/621381055065876988/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=621381055065876988' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/621381055065876988'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/621381055065876988'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2010/11/born-to-kill-les-deux-morts-de-john.html' title='Born to kill : Les deux morts de John Speidel, de Joe Haldeman'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TOgxLrSlzvI/AAAAAAAADK4/MX6kybR8wwU/s72-c/OL8864506M-M.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-527420541847866932</id><published>2010-10-26T14:09:00.002Z</published><updated>2010-10-26T14:16:28.739Z</updated><title type='text'>L'espion qui venait des îles : Dr Frigo, de Eric Ambler</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TMbhjY617kI/AAAAAAAADI8/h5k-YNqzUBM/s1600/1073389-gf.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 128px; height: 200px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TMbhjY617kI/AAAAAAAADI8/h5k-YNqzUBM/s200/1073389-gf.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5532357190372159042" /&gt;&lt;/a&gt; Pas forcément très populaire auprès du grand public, &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Eric Ambler&lt;/span&gt; est pourtant considéré par ses pairs comme l’un des maîtres du roman d’espionnage. Ses livres auraient, dit-on, inspiré John Le Carré en personne et Hitchcock aurait fait appel à ses services à maintes reprises.  D’ailleurs, sans le savoir, vous connaissez très probablement Eric Ambler, car il fut co-scénariste (mais non crédité au générique) des Révoltés du Bounty de 1962. On a vu pire comme CV. Curieusement, l’un des derniers romans du maître, &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Dr Frigo&lt;/span&gt;, n’avait jamais été publié en France. 36 ans après la parution originale du roman, les éditions Rivages/noir réparent cette terrible injustice&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Médecin apprécié d’un petit hôpital insulaire, Ernesto Castillo, alias Dr Frigo, coule des jours paisibles sur sa petite île des Caraïbes ; jusqu’au jour où il est convoqué par la DST. Que peut bien vouloir le contre-espionnage français à un petit médecin de son calibre ? C’est que le Dr Castillo n’est pas exactement le premier venu. En dépit de ses efforts pour se démarquer du passé, Ernesto Castillo ne peut effacer le fait qu’il est le fils d’un ancien président assassiné par la junte militaire, quelque part dans un obscur pays d’Amérique latine. Affaiblie, la dictature militaire est sur le point de s’écrouler et les anciens lieutenants de son père ont senti le vent tourner. Avec l’aide du gouvernement français (et donc de la DST), ils tentent plus ou moins adroitement de se rapprocher de Castillo, afin de s’arroger une partie de la popularité dont il bénéficie dans son pays en tant que fils de martyre. Sauf que le sujet de leur convoitise n’est pas vraiment intéressé par la lutte politique. En fait, le Dr Frigo aurait préféré qu’on le laisse exercer la médecine en toute tranquillité sur son île paradisiaque. Hélas pour lui, son pays d’origine aiguise d’autant plus les convoitises, qu’on y a découvert d’importants gisements de pétrole. Tous les éléments sont donc réunis pour transformer cette affaire en une véritable pétaudière où intérêts politiques, économiques et personnels se confondent de manière douteuse et nauséabonde. Les événements vont prouver au Dr Castillo qu’il est difficile d’échapper à son passé, même lorsqu’on fuit son héritage paternel depuis près de deux décennies.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Je m’en voudrais de paraître trop catégorique, surtout après n’avoir lu qu’un seul de ses romans, mais avec &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Dr Frigo&lt;/span&gt;, Eric Ambler prouve que sa réputation de maître du roman d’espionnage est loin d’être usurpée. Sans avoir l’air d’y toucher, ce livre lève un coin de voile sur cette petite cuisine malodorante, ces tractations douteuses qui se jouent à l’échelle des états et dont quelques personnages hauts en couleur, barbouzes, hauts fonctionnaires tatillons ou politiciens cyniques,  se sont fait une spécialité (certains y ont même gagné un prix Nobel de la paix). A mille lieues des romans à la Ian Flemming,  Dr Frigo, s’inscrit dans la veine réaliste du roman d’espionnage, sans gadget, sans course-poursuite, sans explosion ni coup de feu... bref, sans esbroufe. Ce côté quasiment documentaire et clinique fait la grande force d’un récit, qui, sur le plan purement stylistique, ne surprend guère, mais reste fluide et agréable à lire. La seconde bonne idée d’Eric Ambler, c’est d’avoir imaginé des personnages de fiction d’une très grande justesse. A cet égard, Castillo est l’un des plus parfaits exemples d’anti-héros de la littérature moderne, à la fois sobre, juste et tout simplement dépassé par les événements. Un cas suffisamment rare pour être souligné, dans un genre où les protagonistes principaux sont souvent plus proches d’un Jason Bourne (La mémoire dans la peau, de Robert Ludlum) que d’un Joseph Turner (Les six jours du Condor, de James Grady ; un auteur sur lequel il faudra que je revienne plus longuement).&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-527420541847866932?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/527420541847866932/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=527420541847866932' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/527420541847866932'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/527420541847866932'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2010/10/lespion-qui-venait-des-iles-dr-frigo-de.html' title='L&apos;espion qui venait des îles : Dr Frigo, de Eric Ambler'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TMbhjY617kI/AAAAAAAADI8/h5k-YNqzUBM/s72-c/1073389-gf.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-9196042874138219839</id><published>2010-10-09T21:46:00.002Z</published><updated>2011-03-01T15:54:34.064Z</updated><title type='text'>Polar pop corn : Savemore, de Sean Doolittle</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TLDiv6SvmtI/AAAAAAAADIo/x7lsYpNRlio/s1600/9782743621094.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 131px; height: 200px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TLDiv6SvmtI/AAAAAAAADIo/x7lsYpNRlio/s200/9782743621094.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5526166055513201362" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;Loin de se scléroser en ne se concentrant que sur les auteurs phares de son prestigieux catalogue, la collection dirigée par François Guerif est perpétuellement à la recherche de nouveaux talents. Le petit dernier s’appelle Sean Doolittle et son second roman, &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Savemore&lt;/span&gt;, fait la preuve que, malgré une recette largement éprouvée, ce n’est pas uniquement dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Rétrogradé après avoir frappé l’officier avec lequel vit désormais son ex-femme, Mathew Worth exerce ses fonctions d’agent de police dans un petit supermarché de banlieue. Une mesure disciplinaire qui pourrait être mal vécue par n’importe quel policier, mais que Mathew prend avec une certaine philosophie. Et le jeune homme se fait un devoir d’assurer ses missions avec le plus grand sérieux. Il dissuade les voleurs potentiels, rend service à la ménagère en empaquetant les achats et, accessoirement, prend un certain plaisir à observer le travail de la jolie Gwen, caissière de son état. Pas exactement heureuse en ménage, Gwen travaille surtout pour payer ses études d’infirmière et entre deux clients, il lui arrive souvent de sortir un livre  de cours pour réviser. De temps à autre, Mathew assiste aux passes d’arme qui l’opposent à son petit ami, une brute à l’esprit étroit, amateur de grosses cylindrées. Un soir, voyant la situation s’envenimer, il juge bon d’intervenir, déclenchant une réaction de jalousie totalement disproportionnée de la part de l’apollon bodybuildé. Prise à partie et battue de retour à la maison, Gwen tue la Bête en situation de légitime défense. C’est à partir de là que les choses de gâtent. Au lieu de prévenir ses collègues et de mettre en branle les procédures réglementaires, Mathew décide de maquiller la scène de crime. Il embarque le corps dans le véhicule surpuissant du défunt propriétaire, nettoie de fond en comble l’appartement et prend la déposition de Gwen en modifiant quelques éléments clés pour faire croire que le petit ami s’est enfui après avoir simplement battu sa compagne. Sauf que le petit ami en question appartenait à la pègre et que sa voiture contenait plusieurs centaines de milliers de dollars soigneusement dissimulés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Les intrigues policières les plus réussies ne sont pas forcément les plus complexes, c’est ce que semble avoir parfaitement intégré Sean Doolittle, qui a plutôt pris le parti de soigner sa narration et ses personnages. Il en résulte un roman d’une fluidité exemplaire, rondement mené et remarquablement prenant. Mais si &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Savemore &lt;/span&gt;fonctionne aussi bien, c’est essentiellement grâce à Mathew Worth, ce faux loser qui entretient avec une facilité déconcertante l’illusion à propos de son personnage. Rétrogradé, rabaissé voire carrément humilié, Mathew est en réalité un petit malin qui réussit contre toute attente à tirer son épingle du jeu. Évidemment, l’ambiguïté n’est pas totale, le lecteur sait bien que cet éternel second couteau, qui court sans cesse après le fantôme d’un frère couvert de gloire, a en réalité bon fond et sa naïveté n’est pas tout à fait feinte ; elle se heurte d’ailleurs à un principe de réalité bien tangible. Bref, &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Savemore &lt;/span&gt;fait partie de ces petits polars bien troussés, qui nous régalent sur le moment, mais hélas s’oublient relativement vite. Pas grave, il nous aura au moins diverti quelques heures. On attend cependant Sean Doolittle au tournant, en espérant que son prochain roman soit sur la forme aussi réussi et sur le fond nettement plus mordant.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-9196042874138219839?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/9196042874138219839/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=9196042874138219839' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/9196042874138219839'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/9196042874138219839'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2010/10/polar-pop-corn-savemore-de-sean.html' title='Polar pop corn : Savemore, de Sean Doolittle'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TLDiv6SvmtI/AAAAAAAADIo/x7lsYpNRlio/s72-c/9782743621094.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-1308606018099674873</id><published>2010-09-17T18:17:00.002Z</published><updated>2010-09-18T20:19:04.735Z</updated><title type='text'>Florida flow : Queue de poisson, de Carl Hiaasen</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TJOxN99huUI/AAAAAAAADIA/QfLjyybmSMo/s1600/9782264045874.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 120px; height: 200px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TJOxN99huUI/AAAAAAAADIA/QfLjyybmSMo/s200/9782264045874.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5517948821988030786" /&gt;&lt;/a&gt; A l'instar de son homologue Tim Dorsey, Carl Hiaasen est le grand représentant du polar déjanté made in Florida. Il faut croire que l'air des Everglade ou les Key porte sur le système, car les personnages de ces deux grands auteurs sont tous affectés par le même syndrome : la folie furieuse. Même s'il faut avouer que les protagonistes de Carl Hiaasen sont nettement moins atteints que ceux de Tim Dorsey. Mais la comparaison s'arrête là, car sur le plan littéraire, les deux écrivains floridiens ont choisi des voies radicalement différentes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    En croisière sur un paquebot qui navigue à proximité de la Floride, Chaz et Joey Perrone coulent en apparence des jours heureux. Mariés depuis trois petites années, leur couple ronronne sans faire d'étincelle. Lui est docteur en biologie et travaille pour le service des eaux chargé de contrôler la pollution dans les Everglade, elle a hérité d'une fortune conséquente et vit confortablement du revenu de ses placements. La vie de Joey bascule néanmoins en quelques secondes, le temps que son mari la saisisse par les chevilles afin de la balancer par dessus le pont. Il fait nuit, il pleut, personne n'a assisté à la scène et Joey se retrouve abandonnée en plein milieu du golfe du Mexique. Epuisée, transie de froid, à la limite de la noyade, Joey réussit à se hisser sur un ballot de marijuana, qui flottait à proximité,  et se laisse porter par les courants qui la poussent doucement vers la côte de Floride. C'est que Chaz, en plus d'être un très mauvais assassin, est aussi un biologiste totalement incompétent, c'est la raison pour laquelle il s'est fourvoyé concernant la vitesse et le sens des courants marins. Sans le savoir, Chaz a totalement loupé son coup et sa femme n'est pas prête à lui pardonner cette erreur monumentale. Seule au milieu de l'océan, Joey a eu le temps de cogiter et elle peine à comprendre l'acte de son mari. Certes, Chaz se montrait bien moins attentionné ces derniers temps, mais son ardeur au lit n'avait pas faibli, malgré quelques aventures que Joey avait fini par lui pardonner. Par ailleurs, le meurtre de son épouse ne lui rapportera pas un centime, le contrat de mariage et le testament de Joey stipulent en effet que l'ensemble de sa fortune sera légué à des oeuvres caritatives. Alors, qu'est-ce qui a bien pu pousser Chaz à la balancer par dessus bord ? Recueillie par un ex flic à la retraite, Joey décide de rester planquée et prépare sa riposte ; il est bien connu que la vengeance est un plat qui se mange froid et la vie de Chaz Perrone va rapidement se transformer en enfer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Dans Queue de poisson, mais c'est également valable pour d'autres de ses romans, Car Hiaasen a choisi une construction narrative relativement classique et une intrigue carrée, mais sans grande surprise. Ce qui fait la force de son roman réside évidemment ailleurs, notamment dans la caractérisation des personnages et dans le ton parfaitement loufoque de sa narration. Selon le principe du "plus c'est gros mieux ça passe", Carl Hiaasen a construit des personnages hauts en couleur, à la fois totalement barrés et parfaitement improbables, que l'on a peine à imaginer crédibles dans la vie, mais qui sur le papier fonctionnent parfaitement. Le personnage de Chaz résume à lui seul ce que Carl Hiaasen pense de la Floride : culte de l'apparence, superficialité, égoïsme prononcé et mesquinerie surdéveloppée. L'homme est tellement insupportable que l'on en vient à apprécier à leur juste valeur, les épreuves souvent douloureuses qu'il doit subir en représaille. Il est vrai qu'il n'y a rien de plus jouissif que de voir souffrir un grand méchant stupide. La dimension sadique est cependant désamorcée par l'humour qui suinte de la plupart des scènes clés du roman. Heureusement, car sans cela  Queue de poisson ne serait rien d'autre qu'un livre malsain, destiné uniquemement à flatter les bas instincts du lecteur. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Le roman de Carl Hiaasen est donc une belle réussite, mais demeure largement moins mordant et pétillant que ceux de son homologue Tim Dorsey, la critique sociale reste soft et ne remet jamais vraiment en cause le système (le fameux "american way of life"), alors même que deux personnages clés auraient pu tirer l'histoire dans cette direction ; notament l'ex flic qui recueille Joey. L'ambition littéraire est également moindre et l'écriture de Hiaasen, sans être fade, peine à rivaliser avec la maîtrise affichée par le style de Tim Dorsey, qui par ailleurs use de constructions narratives hautement plus élaborées. Néanmoins, Carl Hiaasen fait souvent mouche dans ses répliques et le lecteur, globalement, se marre bien. C'est finalement déjà pas mal.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-1308606018099674873?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/1308606018099674873/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=1308606018099674873' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/1308606018099674873'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/1308606018099674873'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2010/09/linstar-de-son-homologue-tim-dorsey.html' title='Florida flow : Queue de poisson, de Carl Hiaasen'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TJOxN99huUI/AAAAAAAADIA/QfLjyybmSMo/s72-c/9782264045874.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-3003339825358001322</id><published>2010-08-31T09:06:00.003Z</published><updated>2010-08-31T09:10:07.395Z</updated><title type='text'>Construire un feu, de Jack London, par Christophe Chabouté</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://www.bdgest.com/critiques/images/couv/66470.jpg"&gt;&lt;img style="float: left; margin: 0pt 10px 10px 0pt; cursor: pointer; width: 400px; height: 534px;" src="http://www.bdgest.com/critiques/images/couv/66470.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;meta equiv="CONTENT-TYPE" content="text/html; charset=utf-8"&gt;&lt;title&gt;&lt;/title&gt;&lt;meta name="GENERATOR" content="OpenOffice.org 3.2  (Win32)"&gt;&lt;style type="text/css"&gt; 	&lt;!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } 	--&lt;/style&gt;C’est l’histoire d’un type (aurait dit Coluche) qui marche quelque part dans le Grand Nord canadien alors que la température extérieure est en dessous de tout ce qu’on peut imaginer. C’est simple, quand il crache, son crachat gèle avant même de toucher le sol. Il est accompagné d’un chien. Le chien, lui, sait combien il fait froid au poil près, normal, c’est un natif. L’homme, lui, va s’en rendre compte trop tard. &lt;p style="margin-bottom: 0cm;" align="JUSTIFY"&gt;Un indien l’avait bien mis en garde, et lui avait bien donné quelques conseils. Seulement voilà, l’homme, qu’on devine prospecteur, est pressé de rejoindre le campement principal et se moque du froid qu’il croit connaître. Pas de souci, il est bien vêtu et fera du feu sur la route. Seulement voilà, construire un feu dans la neige, par moins quelque chose à vous glacer sur place, c’est compliqué. Même dans une forêt. Et obsédé par le froid, on en oublie vite quelques règles élémentaires...&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;" align="JUSTIFY"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;" align="JUSTIFY"&gt;Pas une bulle de dialogue, des encadrés de texte minimaux. Du noir, du blanc, un peu de gris et de beige. Un paysage monotone et sans point de repère. Un homme, un chien-loup et la fugace flamme rougeoyante du feu. Voilà ce qui pourrait résumer la bande dessinée que Christophe Chabouté a tiré de cette nouvelle glacée. C’est sans compter le cadrage des cases, les expressions de l’homme, un voile de bleu ça et là, bref tout un infini de détails qui font monter l’angoisse avant même que le personnage ne la ressente, qui nous amène à sentir ce froid atroce, et puis la peur panique de l’engourdissement fatal.  &lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;" align="JUSTIFY"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;" align="JUSTIFY"&gt;Chabouté  remplit sa bande dessinée du plus immobile de ses personnages, une nature congelée mais implacable, engloutissant celui qui la défie et qui ne tient pas compte d’elle. Une fable, peut-être. Une magnifique bande dessinée au service d’un très grand texte, à n’en pas douter.&lt;/p&gt; &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-3003339825358001322?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/3003339825358001322/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=3003339825358001322' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/3003339825358001322'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/3003339825358001322'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2010/08/construire-un-feu-de-jack-london-par.html' title='Construire un feu, de Jack London, par Christophe Chabouté'/><author><name>Valérie</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02593743808220673303</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-4981656011646637806</id><published>2010-08-26T23:56:00.002Z</published><updated>2010-08-27T00:03:08.173Z</updated><title type='text'>Retour à Quinsigamond : Et le verbe s'est fait chair, de Jack O'Connell</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/THcAg1FKghI/AAAAAAAADHs/sZUXogW_uNU/s1600/9782743610609.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 127px; height: 200px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/THcAg1FKghI/AAAAAAAADHs/sZUXogW_uNU/s200/9782743610609.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5509873233115644434" /&gt;&lt;/a&gt; J'avais déjà été très impressionné par &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;BP9&lt;/span&gt;, le premier roman de Jack O'Connell, alors le moins que l'on puisse dire c'est que j'attendais beaucoup de &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Et le verbe s'est fait chair&lt;/span&gt;. Tuons le suspense immédiatement, ce roman confirme tout le bien qu'on pouvait penser de cet auteur et prouve, en dépit d'un succès commercial pour le moins mitigé, que Jack O'Connell est bien l'un des auteurs de romans noirs les plus remarquables de ces vingt dernières années, aux côtés d'écrivains aussi talentueux que James Ellroy ou Edward Bunker.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Mettons également en garde certains lecteurs, amateurs de polar légers et autres friandises agathachristiennes, Et le verbe s'est fait chair n'est pas un livre à mettre entre toues les mains tant sa lecture relève de l'épreuve de force. L'univers de Jack O'Connell est sombre, glauque, impitoyable et  incroyablement dur ; en un mot : éprouvant. Nulle place à la pitié, à la rédemption ou à une quelconque once d'espoir. Mais une fois refermée la dernière page, le récit restera à jamais imprimé dans l'esprit du lecteur.   Et le verbe s'est fait chair est difficile d'accès, mais en contrepartie les efforts consentis seront amplement récompensés. Comme à son habitude l'auteur américain déploie son intrigue dans la ville de Quinsigamond, cité totalement imaginaire qu'il situe dans le Nord Est des Etats-Unis. Concentré de la ville américaine, ou plutôt de ses principaux travers, Quinsigamond est un improbable croisement entre Detroit, New York et Boston. Cité extrêmement segmentée, en proie à la désindustrialisation et touchée de plein fouet par une profonde crise, Quinsigamond est livrée à la plus extrême violence, vérolée par la criminalité organisée et quasiment laissée à l'abandon par les élites. La ville a la particularité d'accueillir une forte communauté juive issue d'Europe centrale et particulièrement de Bohême. Parmi eux se cachent quelques criminels de guerre, qui ont participé à l'extermination des juifs durant la seconde guerre mondiale. L'un d'eux, August Kroger, dont l'identité réelle demeure secrète, est à la recherche d'un livre particulièrement important à ses yeux, mais dont nul ne connaît le contenu exact. Prêt à tout pour récupérer cet objet, Kroger met le quartier des juifs de Quinsigamond à feu et à sang pour remettre la main sur son précieux livre. Sa route croise alors celle de Gilrein, ex-flic devenu chauffeur de taxi à la suite du décès de sa femme, qui, bien qu'ayant le profil de parfait loser, décide de remonter la piste de cet ouvrage si précieux. Au fil de son enquête, il léve le voile sur le passé tumultueux de Kroger et notamment sur ses crimes, en même temps qu'il tente de combattre les démons qui hantent ses souvenirs et la mémoire de sa défunte épouse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Tel un chirurgien équipé d'un scalpel fort afuté, Jack O'Connell procède à une minutieuse autopsie de la société américaine, couche par couche il en observe les principales névroses et les travers les plus inquiétants. Violence urbaine, décadence morale, corruption organisée... rien de bien neuf sous le soleil car il n'est pas le premier ni le dernier à dénoncer cette lente décomposition de l'Amérique. Et pourtant, le tableau a rarement été aussi inquiétant et aussi sombre. A la manière d'un David Lynch, Jack O'Connel a cette capacité qui consiste à oeuvrer toujours à la limite de la réalité, dans un univers que l'on sent capable de basculer dans le fantastique le plus déroutant. Hélas, le démon n'est pas exactement la bête noire et cornue qui illustre les contes pour enfants, il est juste humain et c'est cette vérité qui probablement est la plus insoutenable. Le mal est en nous et chaque jour nous oeuvrons à la construction d'un enfer au lieu d'édifier un paradis. Superbement écrit, hanté par des personnages d'une force peu commune et par l'ombre terrifiante de cette monstrueuse cité,  &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Et le verbe s'est fait chair&lt;/span&gt; peut dérouter par son style étonnant, qui privilégie les monologues introspectifs et relègue les dialogues au second plan. Le roman prend le risque de paraître bavard, mais instaure de fait une véritable conversation avec le lecteur. Loin des canons du polar et des stéréotypes, Jack O'Connell nous offre un roman dont l'ambition littéraire n'a rien à envier aux plus grands écrivains de littérature générale, saluons donc le courage des éditions Rivages, qui en dépit de ventes confidentielles, soutiennent indéfectiblement cet immense écrivain.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-4981656011646637806?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/4981656011646637806/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=4981656011646637806' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/4981656011646637806'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/4981656011646637806'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2010/08/retour-quinsigamond-et-le-verbe-sest.html' title='Retour à Quinsigamond : Et le verbe s&apos;est fait chair, de Jack O&apos;Connell'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/THcAg1FKghI/AAAAAAAADHs/sZUXogW_uNU/s72-c/9782743610609.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-7178575524483272430</id><published>2010-06-14T15:54:00.006Z</published><updated>2010-06-17T13:42:38.859Z</updated><title type='text'>Sonic, Mario et toute la clique : La saga des jeux vidéo, de Daniel Ichbiah</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TBZQx3lDS1I/AAAAAAAACtk/yc7nkrnBdDE/s1600/090615_saga_des_jeux_video.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 139px; height: 200px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TBZQx3lDS1I/AAAAAAAACtk/yc7nkrnBdDE/s200/090615_saga_des_jeux_video.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5482658414033324882" /&gt;&lt;/a&gt; En dépit du poids considérable acquis par l'industrie vidéoludique au cours des trente dernières années, la littérature consacrée aux jeux vidéo est tout simplement anémique en France. Il n'y a guère que les anglo-saxons pour y consacrer des études sérieuses. Certes, quelques universitaires s'intéressent à la question, notamment l'ancien game designer Sébastien Genvo, aujourd'hui maître de conférence à l'université de Limoges, on peut également saluer le travail de L'observatoire des mondes numériques en sciences humaines (&lt;a href="http://www.omnsh.org/"&gt;omnsh&lt;/a&gt;), regroupant des sociologues ou des psychologues qui travaillent sur l'impact des jeux vidéo dans la société... avec un peu de patience, il est donc possible de réunir une bibliographie solide mais limitée sur le sujet. Du côté du grand public c'est aussi le calme plat, même s'il existe quelques ouvrages intéressants (&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Push Start&lt;/span&gt;, de François Houste ou bien encore &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Les jeux vidéo&lt;/span&gt; de Jacques Henno, publié dans la petite collection idées reçues). C'est la raison pour laquelle l'arrivée des éditions Pix n'love représente une véritable bouffée d'air frais pour les gamers en manque de matériel sérieux sur l'histoire et la culture des jeux vidéo. Oui oui, je radote, mais leur travail est d'une telle qualité, que certains de leurs ouvrages se vendent presque aussi bien au Japon qu'en France, alors même qu'ils ne bénéficient d'aucune traduction dans ce pays. Preuve que finalement, il n'y a pas que le Roquefort et le Maroilles que le monde entier nous envie (oui je sais, il y a aussi Johnny Hallyday).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Publié initialement en 1998 chez Pocket, &lt;span style="font-style:italic;"&gt;La saga des jeux vidéo&lt;/span&gt; de Daniel Ichbiah a été repris l'année dernière au catalogue des éditions Pix n'love ;  sage décision, d'autant plus que l'ouvrage a bénéficié d'une cure de rajeunissement tout à fait substantielle (en gros, quatre chapitres traitant des années 2000). Journaliste spécialisé dans les nouvelles technologies, biographe, Daniel Ichbiah a choisi de traiter le sujet de manière chronologique, mais a évité avec brio toute tentative d'exhaustivité en opérant des choix personnels plutôt pertinents. Son livre dresse ainsi le panorama de plus de quarante ans d'histoire et de culture vidéoludique, des premiers embryons de jeux, en passant par Pong, la naissance de Nintendo, l'ascension de Sega, jusqu'à l'arrivée de la Wii. Mais parce qu'il souhaitait éviter de conférer à sa saga des jeux vidéo un aspect trop composite, Daniel Ichabiah a maintenu un fil directeur tout au long de son ouvrage en la personne de Philippe Ulrich, fondateur d'ERE informatique puis de Cryo, sociétés aujourd'hui disparues, mais qui ont marqué l'histoire du jeu vidéo (&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Crafton &amp; Xunk&lt;/span&gt;, &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;L'arche du captain Blood&lt;/span&gt;, &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Dune&lt;/span&gt;, &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Mega Race&lt;/span&gt; ou bien encore &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Dragon Lore&lt;/span&gt;). C'est, avouons le, surtout l'occasion d'évoquer le parcours des grands acteurs français du jeu vidéo (Eric Chahi, Frédéric Raynal, Bruno Bouchon, Emmanuel Viau...), qui ont, sans chauvinisme aucun, marqué de leur empreinte l'industrie vidéoludique  au cours des années 80/90 (sans doute faudrait-il plutôt parler d'artisanat). Si la fameuse "French touch" est aujourd'hui sujette à caution, souvent synonyme de jeu beau au gameplay bancal, elle fut durant les années de gloire des studios français, une véritable patte  artistique et nombre de jeux français furent cités en exemple à travers le monde. &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Another world&lt;/span&gt;, &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Flashback&lt;/span&gt; ou bien encore &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Alone in the Dark&lt;/span&gt; ont fait le tour du monde, fans et développeurs revendiquent encore leur influence plusieurs décennies après leur sortie. Ainsi, &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Alone in the dark&lt;/span&gt; est rien moins que le précurseur des survival horror, un genre on ne peut plus florissant aujourd'hui avec des licences comme &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Silent Hill&lt;/span&gt; ou bien &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Resident Evil&lt;/span&gt;. Il est évident que dans un ouvrage anglo-saxon ou japonais, l'histoire de ces précurseurs du jeu vidéo français aurait été plus condensée, mais elle a le mérite d'éclairer le passé et de mettre à l'honneur des acteurs prestigieux, que l'on a aujourd'hui tendance à oublier (Michel Ancel et Fred Raynal ont tout de même été faits chevaliers des arts et des lettres aux côtés de Shigeru Miyamoto).&lt;br /&gt;    Mais Daniel Ichbiah ne perd pas de vue pour autant son sujet : l'évolution du secteur du jeu vidéo depuis les années soixante-dix. Mutations économiques, progrès technologiques, émergence de nouveaux gameplays, flops industriels (ah, les déboires de Sega !), évolutions sociologiques... l'industrie vidéoludique a connu dans sa jeune histoire nombre de bouleversements, de l'essor époustouflant des jeux d'arcade dans les années 70 à la crise du début des années 80, en passant par le renouveau Nintendo, l'arrivée de Sony et de la 3D ou bien encore la démocratisation dans toutes les couches de la société avec l'arrivée de la Wii (la fameuse "casualisation" des jeux vidéo).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tantôt décrété en crise, le lendemain porté au pinacle le jeu vidéo est loin d'avoir terminé sa mutation. S'il a définitivement assuré son avenir économique et industriel (on voit mal comment le secteur pourrait s'effondrer étant donné son poids dans le secteur des loisirs), il lui reste à relever un nouveau défi, celui de la reconnaissance artistique et culturelle. Quant à la France, en pointe dans les années 80/90, elle s'est largement laissée distancer par la concurrence et si elle dispose encore de deux éditeurs de poids (Ubisoft et Infogrames ; Vivendi étant un cas bien particulier*) et de quelques studios de qualité, ces majors ont pour l'essentiel délocalisé la production à l'étranger. Sans doute est-ce la raison pour laquelle cette question de légitimation culturelle obtient des échos aussi forts en France, après avoir perdu le combat sur le plan industriel, peut-être espère-t-on tirer notre épingle du jeu sur le plan culturel. Sauf que les industriels sont loin, très loin de ces considérations philosophiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Digression mises à part, je ne saurais trop vous conseiller l'achat de cette &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Saga des jeux vidéo&lt;/span&gt;, à la fois accessible, très bien documentée, agrémentée de sympathiques anecdotes et, ce n'est pas la moindre de ses qualités, écrite dans un style fluide et limpide ; tout juste peut-on lui reprocher de ne pas agrémenter le texte de quelques illustrations (mais l'ouvrage ne serait pas vendu 15€). Je sais pas vous, mais moi je verrais bien ça dans un CDI.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Vivendi possède en effet quelques-uns des plus gros éditeurs de la planète (Blizzard, Activision, Sierra), mais pas un seul studio de développement français. Moralité, des 3 milliards de chiffre d'affaire, pas un radis n'atterrit dans la poche des développeurs français. Cela dit, Ubisoft et Infogrames sont en passe de suivre le même chemin, la plupart de leurs grosses licences sont délocalisées au Canada, dans les pays de l'Est et en Chine.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-7178575524483272430?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/7178575524483272430/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=7178575524483272430' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/7178575524483272430'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/7178575524483272430'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2010/06/en-depit-du-poids-considerable-acquis.html' title='Sonic, Mario et toute la clique : La saga des jeux vidéo, de Daniel Ichbiah'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TBZQx3lDS1I/AAAAAAAACtk/yc7nkrnBdDE/s72-c/090615_saga_des_jeux_video.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-702532944537808436</id><published>2010-06-12T19:30:00.008Z</published><updated>2010-06-12T20:02:19.202Z</updated><title type='text'>Canoë Bay, de Patrice Prugne et Tiburce Ogier</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_iTSob0aG044/TBPiZlcqOXI/AAAAAAAAAA4/D6g_nPeTPJs/s1600/9782356740090FS.gif"&gt;&lt;img style="float: left; margin: 0pt 10px 10px 0pt; cursor: pointer; width: 233px; height: 320px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_iTSob0aG044/TBPiZlcqOXI/AAAAAAAAAA4/D6g_nPeTPJs/s320/9782356740090FS.gif" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5481974100616952178" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mon cher ami Manu, éditeur de ce blog que je squatte de temps à autre semblant parti pour un tour en Amérique, je vais lui emboîter le pas, vers des cieux un peu plus septentrionaux.  Ca le rassurera également sur ma capacité à bouquiner encore un peu malgré ma vie agitée.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mirez donc, chers lecteurs, la note de lecture consacrée à la bande dessinée Canoë Bay. Il était une fois l'Acadie, aux portes de la Nouvelle-France, un petit gars orphelin dès que né, et qui se retrouve à l'âge requis mousse dans la marine anglaise. C'est là qu'il fait la connaissance d'un vieux dur à cuire, et... et s'ensuit des pirates, des indiens, un trésor au nord du lac Supérieur, et tout le Canada du 18e siècle.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;A travers les yeux de Jack et des ses deux (bientôt trois amis), on survole le commerce triangulaire, on aborde à Tortuga, on cherche à aider les Français contre les Anglais en Nouvelle France, on se retrouve à la recherche d'un trésor, coincés entre les Iroquois et les Anglais d'un côté, les Algonquins, les Français et les Canadiens de l'autre. Une sacré aventure !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Côté dessin, l'aquarelle apporte une note de douceur à une histoire souvent tragique, et accompagne doucement le regard tendre de nos jeunes héros. Non décidément, c'est un moment de bonheur que la lecture de cette aventure.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-702532944537808436?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/702532944537808436/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=702532944537808436' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/702532944537808436'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/702532944537808436'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2010/06/canoe-bay-de-patrice-prugne-et-tiburce.html' title='Canoë Bay, de Patrice Prugne et Tiburce Ogier'/><author><name>Valérie</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02593743808220673303</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_iTSob0aG044/TBPiZlcqOXI/AAAAAAAAAA4/D6g_nPeTPJs/s72-c/9782356740090FS.gif' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-2232074023318489111</id><published>2010-06-11T13:20:00.003Z</published><updated>2010-06-11T13:26:42.402Z</updated><title type='text'>De la décadence de l'Amérique : B.P.9, de Jack O'Connell</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TBI4gh-gHzI/AAAAAAAACtc/ILE5btdGrZE/s1600/connell.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 129px; height: 200px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TBI4gh-gHzI/AAAAAAAACtc/ILE5btdGrZE/s200/connell.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5481505827990806322" /&gt;&lt;/a&gt; Figure injustement méconnue du roman noir américain, Jack O'Connell a pourtant la chance d'avoir un éditeur qui croit en lui (François Guerif des éditions Rivages) et qui, en dépit de chiffres de vente assez confidentiels, continue à le traduire et à le publier en France. Alors que sont dernier roman, &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Dans les limbes&lt;/span&gt;, vient tout juste de paraître, il me semblait particulièrement judicieux d'exhumer quelques-uns de ses livres de ma bibliothèque. Et tant qu'à faire, commençons par &lt;span style="font-style:italic;"&gt;BP9&lt;/span&gt;, son premier roman.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Soutenu par James Ellroy, qui l'a toujours encouragé dans l'adversité littéraire, Jack O'Connell a créé un univers très personnel, à la fois sombre et original, dont l'action se déroule invariablement dans la ville imaginaire de Quinsigamond, que l'auteur situe quelque part sur la côte est des Etats-Unis. Décrépie, sociologiquement et économiquement en ruine, en proie à la violence et au chômage, Quinsigamond fait évidemment figure de décor idéal pour roman noir. Lenore Thomas est flic a la brigade des stups, un boulot qui exige des nerfs d'acier : planques à pas d'heure du côté de Bangkok park, plaque tournante du trafic de drogue, filatures dans la zone du canal (sorte de Greenwich village en plus trash), infiltrations dans les milieux interlopes, le plus souvent déguisée en prostituée... Lenore Thomas n'a pas vraiment l'occasion de se la couler douce. Ce qui correspond de toute façon parfaitement à sa personnalité survoltée. Accro aux amphets, Lenore collectionne les armes à feu, joue un jeu trouble et sensuel avec le parrain de la pègre locale, entretient une relation en dent de scie avec son imbécile de coéquipier et vit en co-location avec son frère jumeau, postier de son état et tout ce qu'il y a de plus rangé. L'arrivée d'une nouvelle drogue sur le marché, le jargon, va pourtant faire vaciller cet équilibre précaire sur lequel reposait la vie de Lénore. Cette nouvelle substance décuple, chez le sujet qui vient d'en absorber, les facultés liées au langage et à la compréhension, puis dans une seconde phase, ce dernier entre dans une période d'excitation sexuelle et de violence incontrôlable. Les autorités craignent, à juste titre, que la diffusion du Jargon provoque une vague incontrôlable de violence et mettent donc tous les moyens en oeuvre pour démanteler au plus tôt le trafic. Evidemment, dans cette lutte sans merci contre les traficants de drogue, Lenore Thomas est aux avants-postes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 470 pages bien tassées, Jack O'Connell dresse un portrait hautement corrosif de l'Amérique moderne (ou plutôt de la ville américaine), un concentré de violence et de décadence glauque à souhait. N'attendez pas de l'auteur qu'il joue la carte du roman classique, n'espérez pas vous identifier à un quelconque personnage, O'Connell ne mange pas de ce pain là et ne fait pas dans le sentimentalisme. Ses personnages, sont sans concession et leurs défauts sont souvent mis en exergue. Plus fascinant encore, à travers leur histoire passée et présente, l'écrivain américain explore sans cesse la frontière entre le bien et le mal, bouscule et interroge constamment la notion de morale ; à l'image de Lenore qui carbure aux amphétamines pour combattre les parrains de la drogue ou bien encore de Cortez, lecteur cultivé et érudit mais truand sans états d'âme. Sombre et gothique, &lt;span style="font-style:italic;"&gt;BP9 &lt;/span&gt;contient déjà tous les éléments qui sont désormais la marque de fabrique de Jack O'Connell : construction narrative en béton armé, écriture millimétrée, personnages complexes, univers sombre et décrépi... non, l'Amérique n'est pas une vaste contrée verte et riante. Si vous êtes allergique à ce genre d'univers, glauque et déprimant, si la violence sociale et morale vous rebute, si les soliloques interminables vous font bailler, si vous aimez vous identifier aux personnages, je ne saurais trop vous conseiller de passer votre chemin ; retournez donc lire Marc Levy en sirotant un lait grenadine. Quant aux autres, ceux qui s'intéressent à la littérature pour les grands, foncez bordel, O'Connell est un immense écrivain et ses romans côtoient les sommets de la littérature.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-2232074023318489111?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/2232074023318489111/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=2232074023318489111' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/2232074023318489111'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/2232074023318489111'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2010/06/figure-injustement-meconnue-du-roman.html' title='De la décadence de l&apos;Amérique : B.P.9, de Jack O&apos;Connell'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TBI4gh-gHzI/AAAAAAAACtc/ILE5btdGrZE/s72-c/connell.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-5023639379866233839</id><published>2010-06-08T10:43:00.012Z</published><updated>2010-06-10T15:59:05.112Z</updated><title type='text'>Voyage au pays des boulettes : Japan Arcade Mania, de Brian Ashcraft et  Jean Snow</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TA4ffEHEKVI/AAAAAAAACtU/bxd0wajv5Zg/s1600/CoverJapanArcadeMania.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 141px; height: 200px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TA4ffEHEKVI/AAAAAAAACtU/bxd0wajv5Zg/s200/CoverJapanArcadeMania.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5480352415096252754" /&gt;&lt;/a&gt; J'avais jusqu'à présent réussi à le cacher habilement, mais les jeux vidéo c'est un peu mon dada. Aussi, lorsqu'on a près de 20 ans d'expérience vidéoludique derrière soi, on regarde de temps à autre vers le passé avec un brin de nostalgie. On repense à ces longues heures passées sur Zelda, à l'émerveillement des premières images d'Another World, au level design fantastique d'un Flashback, aux parties endiablées sur Mario Kart avec les potes, aux crises de rage face à un boss particulièrement difficile de R-Type.... et puis vint la Playstation et l'invasion de la 3D. Loin de moi l'idée de cracher sur Sony (j'ai aussi possédé cette excellente console que fut la Playstation) et chaque gamer a une perception différente de l'histoire des jeux vidéo, mais force est de constater que pour toute une génération, la fin des années 80 et le début des années 90 fut un âge d'or, celui des consoles 16 bits, reines de la 2D. Aujourd'hui, le retrogaming est devenu à la mode, Sony, Microsoft, Nintendo et les grands éditeurs du secteur l'ont bien compris ; ce qui explique cette frénésie de réédition de vieux jeux remis au goût du jour et l'envolée des prix autour des vieilles consoles et des jeux antérieurs à la génération Playstation. Le marketing règne en maître et l'argent facile a suscité la convoitise de tout un secteur économique, provoquant la colère de certains gamers mais aussi, ne l'oublions pas, le bonheur de toute une génération qui peut replonger avec délectation dans son passé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec un amour des jeux vidéo qui force le respect et un sérieux qui frise la maniaquerie, les trois p'tits gars des éditions Pix n'Love se sont donné pour mission de redorer le blason du retrogaming de façon érudite, exhaustive et enthousiaste. Cette mission qui, osons l'affirmer haut et fort, devrait être reconnue d'utilité publique, est accomplie grâce à l'excellente revue Pix n'Love mais aussi au travers d'ouvrages de qualité retraçant l'histoire des jeux vidéo (L'histoire de Nintendo, La bible Engine), la biographie de grands maîtres du secteur (Takashi Meijin) ou bien encore grâce à la collection Les cahiers du jeu vidéo, qui traîte de manière thématique un aspect précis du domaine vidéoludique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Publié il y a tout juste un an, Japan Arcade Mania est la traduction d'un excellent ouvrage co-écrit par deux éminents spécialiste du site Kotaku.com ; il ne s'agit pas à proprement parler un livre sur l'histoire des jeux d'arcade au Japon et encore moins d'un catalogue exhaustif, mais simplement d'une invitation au voyage au pays de l'arcade. Contrairement à l'Europe et aux Etats-Unis, où les salles d'arcade ont quasiment disparu (en France elles se comptent sur les doigts de la main), les game centers ont encore la cote au pays du soleil levant et malgré la crise et la puissance du marché des consoles de salon, les Japonais se pressent encore dans ces lieux de "perdition" ou les joueurs de Shoot them up et de versus fighting côtoient les amateurs de Rhythm games, purikura (sortes de photomatons interactifs), medal games et autres UFO catchers (des jeux qui consistent à attraper une peluche à l'aide d'une pince). Scoreurs acharnés, familles au complet, jeunes filles kawaï, écoliers collectionneurs de cartes à jouer, salarymen venus faire une pause, les game centers ne sont pas réservés aux hardcore gamers et ces derniers sont parfois même minoritaires. Les grands game centers s'étalent sur plusieurs niveaux, en général un seul étage est réservé aux jeux vidéo (Shoots, jeux de combat, bornes dédiées). Chacun des sept chapitres de l'ouvrage traite successivement des différents types de jeux d'arcade proposés au Japon et explique en détail l'économie de ces game centers et les raisons pour lesquelles ils continuent d'avoir du succès alors qu'ils ont disparu dans le reste du monde. Les salles d'arcade japonaises fonctionnent en effet sur un système économique intégré qui ne met pas en concurrence les différents types de machines, mais propose au contraire toute une palette d'activités complémentaires, susceptibles d'intéresser aussi bien la mère de famille, que les jeunes écolières ou les adolescents fans de Street fighter ou Ikaruga.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la fois érudit et passionné, tout en restant relativement accessible, Japan Arcade Mania est une plongée délicieuse dans la culture des loisirs à la japonaise. Les rappels historiques sont émaillés d'anecdotes et de témoignages de figures de l'arcade au Japon (les fans de Street fighter seront par exemple aux anges puisque l'on suit le parcours de Daigo Umehara) et l'ensemble est très richement illustré et mis en valeur. Fans de boulettes, nostalgiques des bornes Afterburner, Outrun ou Sega Rally, amateurs de versus fighting ou amoureux de la culture nippone, Japan Arcade Mania est tout simplement le bouquin à posséder dans sa bibliothèque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://editionspixnlove.fr/"&gt;Le site des éditions Pix n'Love&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-5023639379866233839?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/5023639379866233839/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=5023639379866233839' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/5023639379866233839'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/5023639379866233839'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2010/06/voyage-au-pays-des-boulettes-japan.html' title='Voyage au pays des boulettes : Japan Arcade Mania, de Brian Ashcraft et  Jean Snow'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TA4ffEHEKVI/AAAAAAAACtU/bxd0wajv5Zg/s72-c/CoverJapanArcadeMania.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-2412970327338992807</id><published>2010-06-07T12:42:00.002Z</published><updated>2010-06-07T12:47:10.451Z</updated><title type='text'>L.A. swing : Bird est vivant, de Bill Moody</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TAzpiZmH9xI/AAAAAAAACtM/d34FekP_cCM/s1600/bird.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 130px; height: 200px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TAzpiZmH9xI/AAAAAAAACtM/d34FekP_cCM/s200/bird.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5480011623798667026" /&gt;&lt;/a&gt; Jazz et polar, voilà une rencontre qui s'est souvent montrée fructueuse et dont le cinéma et la télévision ont largement abusé depuis les années cinquante (souvenez-vous Lauren Bacall dans Le grand sommeil). Il faut dire que le roman noir américain est né alors que le jazz connaissait son apogée sur le plan musical ; qu'il constitue dans nombre de romans noirs des années cinquante-soixante un élément constitutif du décorum, voire une toile de fond, n'a donc rien d'étonnant. La liste des romans mettant en scène un détective évoluant dans le milieu du jazz est d'ailleurs assez conséquente et nombre d'auteurs se sont frottés au genre avec succès ; on pense aux romans d'Yves Buin, de John Harvey et dans une certaine mesure, puisqu'ils penchent plutôt vers le blues, ceux d'Ace Atkins ou bien encore de James Lee Burke (chaque titre des romans de la série Robicheaux fait référence à un classique du blues). Bill Moody, lui, a choisi le chemin inverse. A l'origine Batteur de Jazz, c'est sa passion commune de la musique et de la littérature qui l'a poussé à écrire. Ses romans, qui mettent en scène le pianiste et détective Evan Horne, se déroulent immanquablement dans les milieux du jazz californien. A ce jour, deux épisodes de la série Evan Horne ont été traduits aux éditions Rivages, hélas dans le désordre et sans commencer par le premier tome. Sur les traces de Chet Baker, publié en 2002, est le cinquième volume de la série, alors que Bird est vivant, publié en 2010, est le quatrième ; cherchez l'erreur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pianiste émérite, Evan Horne se remet tout juste d'un accident de la main, qui l'a empêché de jouer pendant plusieurs mois. C'est que bien malgré lui, Evan se retrouve parfois embarqué dans des enquêtes policières qui ne sont pas sans danger. Il s'apprête donc à reprendre son travail de musicien de jazz, loin des milieux interlopes et des scènes de crime. La chance semble même lui sourire puisque le producteur d'une petite maison de disques vient de lui proposer un contrat pour enregistrer un nouvel album. C'est évidemment le moment que choisit l'un de ses meilleurs amis, lieutenant dans les services de police de Los Angeles, pour requérir son aide sur un crime. L'une des figures les plus populaires du jazz-rock vient en effet d'être assassinée après un concert et la police craint qu'il s'agisse de l'oeuvre d'un serial killer. Plusieurs éléments semblent en effet relier ce meurtre à d'autres affaires récentes ; la victime était à chaque fois un musicien de smooth-jazz commercial et les indices laissent à penser qu'il s'agit du même meurtrier. En tant que musicologue et musicien confirmé de jazz, Evan apparaît comme la personne ressource idéale pour la police, mais alors qu'il pensait s'en tenir au rôle d'expert (plutôt en retrait de l'affaire), il est embarqué au coeur de l'enquête, sur la piste d'un serial killer adepte du jazz le plus pur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ecrit dans un style d'une platitude déconcertante, qui ne vise d'ailleurs que l'efficacité, Bird est vivant ne brille pas non plus pour la qualité de son intrigue, d'un classicisme éprouvé. Mais l'intérêt est ailleurs, car lorsque Bill Moody parle de musique on entre dans une autre dimension. Ses descriptions de l'histoire et de l'univers du jazz respirent l'amour de la musique et l'authenticité, transportant le lecteur au cœur de la scène. Bill Moody n'est pas musicien professionnel pour rien, il connaît avec exactitude l'ambiance d'un club de jazz, les sentiments qui traversent les musiciens lorsqu'ils ont atteint l'alchimie parfaite de la musique, lorsque chaque instrument a trouvé sa place et que l'improvisation peut s'éterniser sans jamais lasser. Entaché par quelques défauts structurels, mais sauvé par sa flamme et son excellente ambiance, Bird est vivant est un polar bien sympathique, qui se lit sans faim mais ne restera sans doute pas dans les mémoires ; ça tombe bien, on ne lui en demandait pas tant.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-2412970327338992807?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/2412970327338992807/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=2412970327338992807' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/2412970327338992807'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/2412970327338992807'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2010/06/la-swing-bird-est-vivant-de-bill-moody.html' title='L.A. swing : Bird est vivant, de Bill Moody'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TAzpiZmH9xI/AAAAAAAACtM/d34FekP_cCM/s72-c/bird.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-964144929021183521</id><published>2010-06-07T07:18:00.002Z</published><updated>2010-06-07T07:20:59.699Z</updated><title type='text'>Deep South : Blues Bar, de Ace Atkins</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TAydmmeIu7I/AAAAAAAACtE/ifs1OHaIiic/s1600/bluesbar.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 127px; height: 200px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TAydmmeIu7I/AAAAAAAACtE/ifs1OHaIiic/s200/bluesbar.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5479928133090589618" /&gt;&lt;/a&gt;Travers, ancien joueur de foot américain devenu musicologue est prof à l'université de Tulane. Grand fan de blues et chasseur de bluesmen oubliés (un genre d'Alan Lomax version moderne), il sillonne les clubs du delta et les jukejoints miteux, en espérant mettre la main sur la perle rare. Le gars est aussi l'un des piliers du Jojo's bar, un club de blues de la Nouvelle Orléans dont les patrons sont un peu sa seconde famille depuis la mort de ses parents. La femme du tenancier, Loretta, est une ancienne chanteuse de blues, mais aussi et surtout la soeur d'un célèbre chanteur de soul de Memphis (le personnage n'est pas sans rappeler Leroy Carr). Alors que ce dernier avait disparu il y a plus de trente ans, après le meurtre non élucidé de sa femme et de l'un de ses musiciens, voilà que deux maffieux de Tunica déboulent dans le bar de Loretta, visiblement à la recherche du fameux Clyde James. Loretta demande alors à Travers (le musicologque) de l'aider à retrouver son frère avant que la mafia ne lui mette le grappin dessus. Commence alors une enquête, qui mène le lecteur à travers une bonne partie du delta, une région dont l'âme disparait peu à peu, en même temps que les vieux bluesmen qui hantaient les jukejoint de la région.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un chouette petit polar sur fond de delta blues. Ambiance sud profond garantie. Honnêtement, le blues est surtout un decorum, mais c'est suffisamment bien foutu pour qu'il ne s'agisse pas simplement d'une épaisse couche de vernis. On sent que l'auteur éprouve une grande passion pour cette musique et toute la culture qui en découle. Le roman est traversé par ce fil directeur, qui sans être l'élément principal (ça reste un polar), constitue un repère tout au long de l'histoire. Le scénario tient suffisamment la route pour maintenir l'attention du lecteur durant près de 500 pages et l'humour omniprésent fait de certains passages un véritable régal. C'est vif, drôle, enlevé et vraiment bien écrit. A recommander donc.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-964144929021183521?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/964144929021183521/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=964144929021183521' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/964144929021183521'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/964144929021183521'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2010/06/deep-south-blues-bar-de-ace-atkins.html' title='Deep South : Blues Bar, de Ace Atkins'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TAydmmeIu7I/AAAAAAAACtE/ifs1OHaIiic/s72-c/bluesbar.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-1597582357422055370</id><published>2010-06-04T14:46:00.005Z</published><updated>2010-06-04T14:48:35.435Z</updated><title type='text'>Tranche de BD : Retour au collège, de Riad Sattouf</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TAkR4SsYmDI/AAAAAAAACs8/8CuGlqepruM/s1600/retour_college_cover.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 144px; height: 200px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TAkR4SsYmDI/AAAAAAAACs8/8CuGlqepruM/s200/retour_college_cover.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5478930080461264946" /&gt;&lt;/a&gt; Et si pour vaincre votre traumatisme de collégien malingre et impopulaire vous retourniez au collège alors que vous êtes adulte. C'est l'idée qui a germé dans le cerveau de Riad Sattouf, jeune étoile montante de la BD française, âgé à l'époque de 27 ans. Mais Riad Sattouf a choisi un collège bien particulier pour retourner sur les bancs de l'école, il n'ira pas dans un établissement de ZEP, comme au temps de son adolescence, mais au contraire dans un collège parisien plutôt huppé et à priori sans problème. Après quelques tractations douteuses avec le ministère, le dessinateur obtient l'autorisation de suivre la scolarité d'une classe de troisième du collège "Charles Henri" (c'est pas le vrai nom du collège, hein, mais on imagine sans peine de quel établissement il s'agit), situé dans un arrondissement privilégié de la capitale. Le moins que l'on puisse dire, c'est que Riad Sattouf ne s'attend pas vraiment au spectacle auquel il va assister.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'angle choisi par l'auteur est d'une simplicité désarmante, à la fois plein de fraîcheur  et un tantinet nostalgique. C'est que l'ami Sattouf alterne les scènes de classe à Charles Henri avec ses propres souvenirs de jeune collégien. Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, le fossé entre ces deux univers à priori diamétralement opposés n'est pas très important. Certes, Riad Sattouf a grandi dans un milieu socialement nettement moins favorisé, mais les mécanismes qui règlent la vie des collégiens sont sensiblement similaires et les questions qui taraudent ces adolescents sont elles aussi universelles. On pourrait même pousser la méchanceté jusqu'à dire que leur bêtise est elle aussi d'une triste banalité. Ainsi, même chez les riches on assiste à une hiérarchisation des élèves en fonction de leur origine ethnique, religieuse (juifs/cathos) ou sociale (les plus riches se singularisent en se procurant des vêtements très onéreux, qui font baver ceux qui ne peuvent se les payer et sont exclus de facto de ce cercle très fermé). On retrouve les mêmes figures : le beau gosse qui fait tourner les têtes des filles, le comique de service qui perturbe chaque les cours, le club des filles introverties ou bien encore le loser acnéique rejeté par le groupe ; l'ensemble peut paraître un brin stéréotypé et pourtant ce n'est pas le cas. Le regard de Riad Sattouf sur ces élèves est rarement complaisant, il observe en retrait, et décrit avec une justesse étonnante ces scènes de vies à la fois drôles et pathétiques. De ce récit, se dégage une simplicité empreinte pourtant de gravité, car la jeunesse que Riad Sattouf décrit n'a rien d'idyllique et inquiète même par certains aspects.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-1597582357422055370?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/1597582357422055370/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=1597582357422055370' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/1597582357422055370'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/1597582357422055370'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2010/06/tranche-de-bd-retour-au-college-de-riad.html' title='Tranche de BD : Retour au collège, de Riad Sattouf'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/TAkR4SsYmDI/AAAAAAAACs8/8CuGlqepruM/s72-c/retour_college_cover.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-3227548948092053877</id><published>2010-05-07T14:57:00.004Z</published><updated>2010-06-07T09:44:00.759Z</updated><title type='text'>Poids lourd de la fantasy : Le trône de fer, de George R.R. Martin</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/S-Qq3T49qRI/AAAAAAAACs0/_n400NOi7ak/s1600/Trone-de-Fer-integrale-j-ai-lu-01b1.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 136px; height: 200px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/S-Qq3T49qRI/AAAAAAAACs0/_n400NOi7ak/s200/Trone-de-Fer-integrale-j-ai-lu-01b1.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5468542977254992146" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Lire de la BCF (Big Commercial Fantasy) c'est un peu comme s'autoriser un chocolat de trop alors qu'on vient d'en avaler une boite de 500 grammes ; un petit plaisir coupable que l'on s'autorise de temps à autre, mais qui se doit d'être impérativement exceptionnel, sous peine de gommer toute saveur au fruit défendu et de tomber dans le pêché de gloutonnerie.  Fustiger cette littérature facile et ultra-calibrée, écrite au kilomètre par des écrivains au talent parfois incertain et à l'écriture souvent poussive, est certes aisé et un rien jubilatoire - surtout quand elle n'a d'autre objectif que de remplir les poches d'éditeurs peu scrupuleux quant à la qualité de leurs publications - mais comment expliquer le succès phénoménal de certaines de ces œuvres ? Comment une recette aussi éprouvée et dont les ingrédients ne sont plus de toute première fraîcheur, permet-elle à des Robin Hobb, Tad Williams ou bien encore George R.R. Martin de capter des millions de lecteurs sur souvent plusieurs milliers de pages ? Il est probable que l'on trouvera davantage de réponses chez Bruno Bettelheim, George Dumézil ou Joseph Campbell que dans ce billet, tant la fantasy emprunte allègrement nombre de concepts et de schémas propres à la mythologie et aux contes de fée. C'est sans doute la raison pour laquelle les adolescents en sont friands, mais il serait malhonnête de réduire la fantasy à une équation aussi simpliste. La littérature de fantasy de qualité, adulte et mature, existe et même dans les œuvres que l'on se plait à classer dans la BCF, quelques auteurs réussissent à tirer leur épingle du jeu et à convaincre les lecteurs les plus critiques ; tout honteux d'avouer parfois qu'ils ont adoré le cycle de L'assassin royal de Robin Hobb ou La Belgariade de David Eddings. Il est alors d'autant plus triste de constater qu'au lieu d'émanciper le lecteur, la fantasy contribue parfois à l'enfermer dans son immaturité lorsqu'elle est écrite au kilomètre, sans talent et sans ambition. Ce n'est heureusement pas la cas du Trône de fer de George R.R. Martin, œuvre imposante découpée en plus d'une dizaine de volumes et aujourd'hui toujours inachevée. Profitons par conséquent de la réédition chez J'ai lu des deux premiers volumes en version intégrale (comprendre, une édition qui respecte le découpage original de l'édition anglo-saxonne) pour évoquer ce véritable phénomène dans le domaine de la grosse fantasy qui tache.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    La geste de l'écrivain américain ne partait pourtant pas avec les meilleurs atouts. Morcelée à outrance dans son édition française pour des raison essentiellement commerciales, massacrée (et cela n'engage que moi) à la traduction, et finalement horriblement onéreuse sur la longueur, pour qui voudrait se procurer l'édition grand format, Le trône de fer (A song of ice and fire en version originale) est une saga en apparence boursoufflée et inutilement longue. Sauf que l'ensemble fonctionne étonnamment bien et prend justement de l'ampleur au fil des pages. N'y cherchez pas à tout prix l'originalité, Martin est finalement davantage l'héritier d'un Druon (Les rois maudits) que d'un Tolkien ; il y a bien des rois, des princesses, des chevaliers, des épées et quelques batailles épiques, mais la magie, si elle existe en théorie, est d'une discrétion absolue et de bêtes fabuleuses on n'y croise guère que trois dragons faméliques et des loups géants.&lt;br /&gt;    Résumer la trame du Trône de fer, c'est un peu comme essayer d'y voir clair dans les intrigues de palais de l'empire romain après la disparition de la dynastie des Sevères ; un joyeux bordel pour qui aime l'ordre et la transparence.  Cette impression est essentiellement liée à la multitude des personnages dont l'auteur alterne les points de vue au fil des chapitres ; cette technique garantit une certaine variété, et accessoirement entretient un suspense efficace (quoiqu'un peu artificiel), mais laisse certains personnages orphelins pendant parfois plusieurs centaines de pages. Quoiqu'il en soit, le lecteur est invité à suivre l'interminable guerre de succession qui secoue le royaume des sept couronnes à l'issue du décès plus ou moins accidentel de Robert Barathéon, son tonitruant roi, adepte de parties de chasse, de repas pantagruéliques et de jeunes filles peu farouches. Dans sa fougueuse jeunesse, Robert s'était emparé du pouvoir. Avec  l'aide de son ami Ned Stark, puissant seigneur du Nord, il avait rallié progressivement les sept autres grandes maisons à sa cause, puis avait défait la dynastie des Targaryen, autrefois maîtres des dragons, pour enfin s'asseoir sur le trône de fer. Piètre roi, mais conscient de ses manquements, il avait demandé l'aide de Ned Stark, qui avait accepté de diriger les affaires courantes. A sa mort, Robert laisse trois enfants dont la légitimité est contestée. La reine, Cerceï Lannister, s'empresse d'installer son fils aîné sur le trône de fer, mais les Stark, les Barathéons et les Tully refusent de se soumettre et entrent en conflit. Les grandes maisons se déchirent et mettent le royaume à feu et à sang, alors même qu'à la frontière du Nord, les hordes, venues des steppes glacées et poussées par l'arrivée du long hiver, menacent de déferler sur les sept couronnes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Très inspiré par l'histoire de l'Europe féodale, George R.R. Martin développe une intrigue solidement construite en s'appuyant sur une narration sans faille, bien qu'émaillée ici et là de temps mort. Certes, l'auteur tire parfois à la ligne et l'action prend démesurément son temps, mais dans l'ensemble, Le trône de fer est une série qui procure un grand plaisir de lecture et provoque une addiction profonde. L'auteur prend un soin particulier à développer des personnages d'un rare profondeur, jamais caricaturaux et indiscutablement contrastés. Le bien, le mal, sont des notions partagées et transversales, préservant ainsi les personnages de tout manichéisme. Martin brouille ainsi régulièrement les pistes, explore des voies ambiguës et malmène régulièrement le lecteur, qui croyait se laisser bercer par un rythme faussement lénifiant. Solidement construit sur le plan narratif,  Le trône de fer est sur le plan purement littéraire largement moins convaincant. Martin, voulant sans doute imiter un langage en phase avec son univers (le vieux françois, c'est quand même plus classe pour un univers médiéval), ne réussit pas totalement à remporter l'adhésion, les gens du peuples parlent effectivement comme des pèquenauds alors que les gens de la haute empruntent un style nettement plus ampoulé, mais dans l'ensemble l'effet tombe à plat et demeure très artificiel. D'autant plus que ce langage, malgré les efforts du traducteur, passent assez mal la barrière de la traduction vers le français moderne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Pas forcément d'une grande originalité, mais non dépourvu d'atouts, Le trône de fer est indiscutablement une réussite de la littérature de divertissement. N'y cherchez pas autre chose, l'oeuvre reste l'un des fers de lance de la Big Commercial Fantasy ; mais ce qu'il sait faire George R.R. Martin le fait bien. C'est sans doute la raison qui explique son succès. Une intrigue solide, des personnages forts, un peu d'action sur fond de guerre de succession, le tout emballé dans un paquet plutôt attrayant (des princesses, des chevaliers, des trahisons, des batailles épiques...), il n'en fallait pas beaucoup plus pour faire de cette saga l'un des plus grands succès de librairie de ces dix dernières années. Une réussite pas forcément volée, mais que l'on a peine toutefois à justifier sur le plan purement littéraire. Mais on s'en fiche un peu après tout, la fantasy est aussi faite pour divertir et pour ramener le lecteur en enfance, sans forcément pour autant l'infantiliser.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-3227548948092053877?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/3227548948092053877/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=3227548948092053877' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/3227548948092053877'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/3227548948092053877'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2010/05/poids-lourd-de-la-fantasy-le-trone-de.html' title='Poids lourd de la fantasy : Le trône de fer, de George R.R. Martin'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/S-Qq3T49qRI/AAAAAAAACs0/_n400NOi7ak/s72-c/Trone-de-Fer-integrale-j-ai-lu-01b1.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-8600663490199302456</id><published>2010-03-16T07:13:00.004Z</published><updated>2010-03-20T19:45:42.495Z</updated><title type='text'>Polar bien noir : Ceux de la nuit, de David Goodis</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/S58v4fneJhI/AAAAAAAACrk/J-Jx16BxsVM/s1600-h/ceuxdelanuit.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 133px; height: 200px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/S58v4fneJhI/AAAAAAAACrk/J-Jx16BxsVM/s200/ceuxdelanuit.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5449126721747822098" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Déjà publié en France sous un titre pour le moins étrange ("Les pieds dans les nuages"), &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Night Squad&lt;/span&gt; alias &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Ceux de la nuit&lt;/span&gt;, nous revient quelques décennies plus tard dans une nouvelle traduction et sous un titre bien plus en phase avec son contenu. Pilier du roman noir américain, aux côtés d'Horace McCoy, Jim Thompson ou bien Dashiell Hammett, David Goodis a connu une carrière en dent de scie, faite de succès commerciaux et de désillusions, avant de mourir en 1967 dans l'indifférence la plus totale. Depuis quelques années, les éditions Rivages ont entrepris de dépoussiérer son oeuvre, notamment du côté des traductions, qui avaient été quelque peu malmenées par l'incontournable mais parfois discutable Marcel Duhamel. Peu importe, le principal est de pouvoir relire Goodis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;        Depuis qu'il a été viré des services de police pour avoir touché des pots de vin, Corey Bradford traine ses guêtres dans le quartier de son enfance, le marais. Bars miteux, immeubles crasseux, voitures déglinguées, le marais n'est pas vraiment un coin huppé et ses habitants n'y ont pas tous les jours la vie facile. Mais Corey ne connaît rien d'autre, il est né ici, son père y était flic, lui aussi ; sa vie est là, même sans son insigne et son arme de service. Sans boulot, sans famille, sans argent, les perspectives de Corey se limitent à la chambre étriquée qu'il loue pour une poignée de dollars et aux quelques bouges qui servent de bar à une population éreintée et désargentée.  L'autre souci de Corey, c'est que sans son insigne il n'est plus rien, ceux qui le craignaient observent désormais sa déchéance d'un oeil goguenard alors que ses anciens amis se détournent de lui. Même dans les tripots, les videurs lui barrent l'entrée. La chance semble pourtant lui sourire un soir, alors qu'il s'interpose entre deux voyous et Walter Grogan, un parrain de la pègre local, qui détient la moitié des immeubles du quartier et dirige le business dans le marais. Grogan engage aussitôt Corey pour remonter la piste de ceux qui ont commandité son agression. A la clé : 15000 dollars et la fin de ses ennuis. L'ex flic se retrouve pourtant pris entre deux feux lorsque deux agents de la brigade spéciale, connue pour sa brutalité et ses méthodes expéditives (la fameuse night squad), lui proposent de réintégrer les services de police moyennant sa coopération pour boucler Walter Grogan. Acculé, Corey décide de jouer un double jeu, afin de toucher son fric tout en mettant fin aux activités de Grogan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Jeu de dupes et faux semblants, telle est la ligne directrice du roman de David Goodis. Ne faites confiance à personne, ne croyez en rien, en cas de doute tirez le premier. Ecriture aride et dépouillée, descriptions réduites à leur strict minimum, dialogues tendus, on ne peut pas dire que le roman de Goodis respire la bonne humeur et l'optimisme. Sans grande surprise &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Ceux de la nuit&lt;/span&gt; est pourtant un roman admirablement construit et totalement maîtrisé ; par sa narration et l'intelligence de sa construction, il se pose en archétype du polar hard-boiled, sombre, désespéré et sans aucune fioriture. On peut néanmoins rester de marbre face au procédé ou à l'intrigue, tant par certains aspects l'univers de Goodis semble déconnecté du réel (on ne sait pas exactement dans quelle ville se déroule l'action, ni à quelle époque exacte, en dehors du quartier dans lequel se déroule l'action rien ne filtre de cette cité). La plupart des romans de l'auteur américain sont construits sur un schéma identique, qui n'est pas sans rappeler d'une certaine manière les règles du théâtre classique : unité de lieu, unité de temps, unité d'action, nombre de personnages assez réduits.... Le procédé contribue à focaliser l'attention du lecteur sur la trame essentielle tout en accroissant d'une certaine manière le côté oppressant de ses romans. Tout ceci ne serait évidemment rien sans une dramaturgie parfaitement maîtrisée. Autant dire que pour David Goodis, la catharsis n'est pas seulement un concept théorique, elle est au coeur de sa mécanique livresque et Ceux de la nuit n'échappe en rien à cette excellente recette.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-8600663490199302456?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/8600663490199302456/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=8600663490199302456' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/8600663490199302456'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/8600663490199302456'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2010/03/polar-bien-noir-ceux-de-la-nuit-de.html' title='Polar bien noir : Ceux de la nuit, de David Goodis'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/S58v4fneJhI/AAAAAAAACrk/J-Jx16BxsVM/s72-c/ceuxdelanuit.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-659139428482421154</id><published>2010-03-01T16:37:00.003Z</published><updated>2010-03-01T16:40:46.823Z</updated><title type='text'>Légendes de l'Ouest : Intégrale des nouvelles western, d'Elmore Leonard</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/S4vtjFHEhdI/AAAAAAAACrc/x3EcyMmAyC8/s1600-h/8699456_4033225.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 126px; height: 200px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/S4vtjFHEhdI/AAAAAAAACrc/x3EcyMmAyC8/s200/8699456_4033225.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5443705761530414546" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Faut-il encore présenter Elmore Leonard ? Pour les cancres, ceux qui dorment au fond de la classe, adossés ou plutôt affalés sur un radiateur à la peinture écaillée, on pourra toujours rappeler quelques éléments clés d'une carrière pour le moins conséquente. Originaire de La Nouvelle Orléans, mais diplômé de l'université de Detroit, Elmore Leonard a d'abord travaillé dans la publicité, avant de quitter ce milieu, une belle prime en poche, pour se consacrer définitivement à l'écriture alors qu'il n'était même pas trentenaire. Dans le bref entretien qui ouvre le recueil de nouvelles dont nous allons parler, Elmore Leonard raconte brièvement ses débuts d'écrivain, ses difficultés pour trouver le temps d'écrire alors qu'il fallait concilier la vie de famille, le travail et la nécessité impérieuse de coucher sur le papier ses histoires. L'écrivain confie qu'il lui fallait se lever à cinq heures du matin pour se consacrer à sa passion, puis il partait à sept heures pour l'agence de publicité. C'est en 1951 qu'il vend sa première nouvelle à Argosy, l'un des pulps (magazines bon marché très populaires dans la première moitié du siècle dernier) les plus importants du pays. Tous ses premiers textes relèvent du western et il faudra attendre le milieu des années soixante pour qu'il publie son premier roman policier, genre pour lequel il est aujourd'hui internationalement reconnu mais qui n'a pour lui jamais été exclusif. Entre temps, Elmore Leonard avait déjà vendu deux de ses textes à Hollywood ("Les chasseurs de prime" et "3h10 pour Yuma"), début d'une longue histoire d'amour puisqu'entre la télévision et le cinéma, pas moins de trente de ses oeuvres seront adaptées à l'écran ("3h10 pour Yuma", "Hombre", "Get shorty", "Jackie Brown" ou bien encore "Hors d'atteinte"). Écrivain prolifique à la régularité métronomique (quasiment un roman par an depuis soixante ans), Elmore Leonard cultive un style plutôt dépouillé qui vise avant tout la clarté et l'efficacité narrative ; une économie de mots et de moyens mise au service de personnages toujours très finement ciselés. En seulement quelques phrases, l'écrivain américain parvient à poser une ambiance, à créer une atmosphère incomparable pour dérouler son scénario avec l'efficacité et l'efficience d'un maître d'orchestre. Un talent non négligeable, notamment lorsqu'on écrit des nouvelles western.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Regroupées en trois volumes publiés chez Rivages/noir (Medecine apache, 3h10 pour Yuma  et L'homme au bras de fer) , l'éditeur attitré d'Elmore Leonard, ces nouvelles western sont une véritable bouffée d'air frais dans la collection dirigée par François Guerif, qui publie depuis plus de vingt ans de l'excellente littérature policière, mais dont les incursions hors de ce territoire sont assez rares (ce qui est finalement assez normal pour une collection consacrée au polar). Par ailleurs, le genre est suffisamment délaissé en France, pour qu'on se laisse tenter facilement par une petite virée du côté des grands espaces de l'ouest américain. Comme toute intégrale, l'exercice n'est pas sans défaut puisque les textes majeurs sont parfois noyés au milieu de textes plus anecdotiques, voire parfois mauvais. Heureusement, c'est assez rare dans le cas présent et globalement la qualité est au rendez-vous. Mention spéciale d'ailleurs pour le second volume (3h10 pour Yuma), dont le sommaire comprend à mon sens les meilleures nouvelles. Comme son nom l'indique, Medecine apache, regroupe des textes dans lesquels l'homme blanc est confronté aux populations indiennes ; la plupart de ces nouvelles se déroulent dans le Sud Ouest des Etats-Unis, sur le territoire des Apaches (à cheval entre l'Arizona et le Nouveau Mexique), les Indiens des plaines ne semblant guère fasciner l'auteur. Elmore Leonard a fait le choix de ne raconter ses histoires qu'à travers le regard de l'homme blanc, qu'il soit soldat, éclaireur ou simple éleveur de vaches. Mais cette vision que l'on pourrait croire à sens unique est contrebalancée par le discours de l'auteur, souvent très circonstancié et profondément empreint d'humanisme. Les Indiens apparaissent violents et cruels au combat, mais aussi courageux, valeureux et très largement méprisés. Les rares personnages à les comprendre sont en général des éclaireurs de l'armée, des hommes qui ont appris à côtoyer les Indiens, qui ont une profonde connaissance de leur culture et de leurs traditions. Ces hommes, peu nombreux et honnis par leurs compatriotes, sont des passerelles qui permettent au lecteur d'appréhender d'une certaine manière le drame de cette nation apache, ravagée par l'alcool, les maladies et les traitements inhumains que les blancs leur font subir pour s'approprier leurs terres. Curieusement, les guerres indiennes sont loin de représenter l'essentiel  des textes, on se situe très souvent à la marge de la grande Histoire, pour explorer quelques veines oubliées dans lesquelles la fiction peut s'épanouir pleinement. Mais en dépit de ses efforts, l'auteur n'échappe pas toujours à une certaine schématisation et tombe régulièrement dans le piège de l'héroïsme. Un travers que l'on retrouvera de toute façon dans de nombreuses nouvelles des tomes suivants et qui n'altère en rien la réussite purement formelle de ces textes (dialogues aux petits oignons, ambiance superbement rendue, tension dramatique paroxysmique). Sur le fonds on reste bien loin cependant des superbes romans de Forrest J. Carter.&lt;br /&gt;    &lt;br /&gt;    Dans les deux tomes suivants, 3h10 pour Yuma et L'homme au bras de fer, les Indiens ont quasiment disparu, tout du moins comptent-ils pour quantité négligeable aux yeux des blancs qui ont conquis leurs terres. Seuls deux textes les mettent encore en scène. En revanche, on y trouve également d'excellentes nouvelles, dont "3h10 pour Yuma" qui a donné lieu à un long métrage dans les années cinquante, ainsi qu'à un remake plutôt réussi avec Russel Crowe et Christian Bale (2008). Ceux qui ont vu cette dernière adaptation seront d'ailleurs surpris par les modifications apportées par les scénaristes (en réalité la nouvelle se résume à la bataille finale, celle qui conduit le prisonnier jusqu'au wagon pénitentiaire). Pour le reste, les ingrédients sont toujours les mêmes. L'Ouest d'Elmore Leonard est un territoire âpre et aride, peuplé d'hommes rudes et impitoyables, la moindre faiblesse y est sanctionnée par la mort, violente et expéditive. De justice il n'y a guère, sinon celle que l'on s'arroge à la force des poings ou bien encore celle qui pointe au bout du canon des revolvers. Plus que les hommes, les femmes souffrent encore davantage dans ces contrées hostiles où la force (physique et mentale) est une condition nécessaire pour la survie. Sans doute est-ce la raison pour laquelle "La femme de l'éleveur" apparaît comme l'un des textes les plus touchants de cette intégrale, malgré une légère touche de machisme (la femme a évidemment besoin d'être protégée). Ce monde est aussi celui des adultes, en dépit du texte mentionné précédemment et de "Le gamin", on croise peu d'enfants dans les nouvelles d'Elmore Leonard, il faut dire que leur sort n'est guère enviable et leurs parents sont leur seule protection ; forcément, lorsqu'ils meurent leur situation apparaît fort délicate.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Genre tombé en désuétude, le western a pourtant encore de beaux restes et l'on ne peut que féliciter Rivages/noir d'avoir entrepris l'édition de cette intégrale, qui vient s'ajouter aux autres romans western d'Elmore Leonard (Hombre, Les chasseurs de prime, Valdez arrive...) pour former un tableau sombre et contrasté du grand ouest américain. Certes, cette littérature apparaît dans certains cas un peu datée, l'auteur y prône des valeurs très traditionnelles comme le courage, la rectitude, la force du travail (chez l'auteur l'homme est toujours un self-made man), mais il sait aussi pointer les faiblesses de l'homme et, à l'occasion, égratigner quelques-uns de ces beaux mythes sur lesquels s'est construite l'histoire fantasmée de l'Amérique. A ceux que le western fait rêver, avec ses cow-boys solitaires, shérifs héroïques et autres desperados de grand chemin, Elmore Leonard oppose sa propre vision de la conquête de l'Ouest, dure, injuste et brutale. De cette terrible vision, émergent quelques grands textes, portés par une rare force d'évocation, servis par une écriture dépouillée d'une extrême efficacité, soutenus par une plume d'une rare humanité. Si vous aimez le bon western, vous ne pouvez pas passer à côté de cette intégrale, d'ailleurs vous l'avez déjà.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-659139428482421154?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/659139428482421154/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=659139428482421154' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/659139428482421154'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/659139428482421154'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2010/03/legende-du-far-west-integrale-des.html' title='Légendes de l&apos;Ouest : Intégrale des nouvelles western, d&apos;Elmore Leonard'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/S4vtjFHEhdI/AAAAAAAACrc/x3EcyMmAyC8/s72-c/8699456_4033225.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-5745455068058035422</id><published>2010-02-04T19:28:00.003Z</published><updated>2010-02-04T19:39:05.582Z</updated><title type='text'>Bienvenue chez les sorciers : Courtney Crumrin, de Ted Naifeh</title><content type='html'>Courtney est une pe&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_iTSob0aG044/S2sgmy6pI_I/AAAAAAAAAAw/vFkWLJKzS4Q/s1600-h/9782915168136FS.gif"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 238px; height: 320px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_iTSob0aG044/S2sgmy6pI_I/AAAAAAAAAAw/vFkWLJKzS4Q/s320/9782915168136FS.gif" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5434473226227491826" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;tite fille au sale caractère. TRES sale caractère. Elle n'aime personne, et tout le monde le lui rend bien. Ses parents sont idiots et désespérément normaux. Ce qui n'est pas le cas de son grand-oncle, dont personne ne se souvient de l'âge, et qui invite son neveu, le père de Courtney, à s'installer chez lui, dans un quartier huppé. Soit-disant trop vieux pour vivre seul. Qu'il dit.&lt;br /&gt;Dans le grand manoir, Courtney sent des choses... étranges. Le Monstre Tapi au Pied du Lit de son imagination enfantine prendrait-il vie ? Et les grimoires du viel oncle ont un charme très particulier... Courtney n'a pas froid aux yeux, mais il faut bien avouer que la demeure est un peu angoissante, et l'oncle pas très rassurant, en fait.&lt;br /&gt;Bienvenue dans le monde des sorciers et sorcières, côté grinçant, où le bien et le mal s'entremèlent délicieusement, où la bonne et brave morale est particulièrement absente. L'ambigüité permanente des personnages de cette saga a quelque chose de rafraichissant. Ne cherchez surtout pas à catégoriser, rien ici n'est simple, et pourtant tout est limpide. Du grand art !&lt;br /&gt;Le graphisme angulaire en noir et blanc de Ted Naifeh n'est pas pour rien dans l'athmosphère ténébreuse qui se dégage de la bande dessinée. On n'aimerait tout de même pas rencontrer ses créatures au coin du bois. Quoique... comme Courtney, une irrépressible curiosité nous pousse à aller vérifier si tous ces monstres, ces fées et autres créatures de la nuit sont bien aussi méchants qu'on le dit...&lt;br /&gt;Ceci dit, un conseil : avant de vous lancer dans l'aventure, assurez qu'Oncle Aloysius veille sur vous, à peine de vous faire dévorer par le premier hobgobelin venu, ou tomber sous le charme du petit changelin des voisins...&lt;br /&gt;A ce jour la saga compte quatre tomes plus les aventures du jeune Aloysius. La seule déception, ce sont les couvertures de la seconde édition : les premières étaient bien plus alléchantes à mon goût.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-5745455068058035422?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/5745455068058035422/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=5745455068058035422' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/5745455068058035422'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/5745455068058035422'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2010/02/bienvenue-chez-les-sorciers-courtney.html' title='Bienvenue chez les sorciers : Courtney Crumrin, de Ted Naifeh'/><author><name>Valérie</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02593743808220673303</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_iTSob0aG044/S2sgmy6pI_I/AAAAAAAAAAw/vFkWLJKzS4Q/s72-c/9782915168136FS.gif' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-6152500320893936565</id><published>2010-02-01T10:55:00.001Z</published><updated>2010-02-02T16:37:22.537Z</updated><title type='text'>Document historique : Interrogatoires, de Dashiell Hammett</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/S2azMz7EBNI/AAAAAAAACpw/bzb_I0c6Or8/s1600-h/09-ALIRE-Interrogatoires-DHammet-128c5.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 130px; height: 198px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/S2azMz7EBNI/AAAAAAAACpw/bzb_I0c6Or8/s200/09-ALIRE-Interrogatoires-DHammet-128c5.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5433227033146819794" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Juste avant la réédition chez Quarto Gallimard des cinq romans de Dashiell Hammett, proposés dans  une nouvelle traduction plus fidèle aux textes originaux, les éditions Allia ont eu l'excellente idée d'éditer un petit livre qui ne paye pas de mine (96 pages pour 3€), mais qui recèle trois petits trésors pour les admirateurs de Dashiell Hammett et, accessoirement, pour les historiens en herbe. Il s'agit de la retranscription des trois interrogatoires de l'écrivain, poursuivi dans les années cinquante par les sbires de la commission Mc Carthy. Pour avoir présidé durant plusieurs années le Civil Rights Congress de New York, une organisation très proche du mouvement communiste américain qui servait notamment de fonds de cautionnement pour les citoyens de gauche poursuivis par Mc Carthy, Dashiell Hammett fut au même titre que nombre d'artistes "rouges" littéralement cloué au pilori. Son statut d'écrivain célèbre et adulé ne lui fut d'ailleurs pas d'un grand secours et à l'issue de son témoignage devant la cour d'appel de New York, le 9 juillet 1951 (premier document proposé dans cette édition), il fut condamné à six mois de prison ferme pour outrage à magistrat. Convoqué comme témoin, Hammett dut faire face à des juges pour qui l'affaire était entendue et qui disposaient de toutes les pièces à convictions nécessaires pour instruire le dossier. Bien décidé à ne rien lâcher, mais à ne pas mentir pour autant, Dashiell Hammett se retranche derrière le cinquième amendement de la constitution américaine. Une stratégie qui transforme cet interrogatoire en dialogue de sourd.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;"Q : Mr Hammett, est-il exact que vous êtes un des cinq administrateurs du fonds de cautionnement du Congress of Civil Rights ?&lt;br /&gt;R : Je refuse de répondre à cette question car la réponse pourrait me porter préjudice. Je fais valoir mes droits garantis par le cinquième amendement"&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques pages plus loin :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;"Q : En référence à ce procès-verbal en date du 14 novembre 1949 que je vous ai lu, remarquez-vous la présence de plusieurs initiales dans la marge gauche ? Quatre pour être précis ?&lt;br /&gt;R : Oui&lt;br /&gt;Q : Les connaissez-vous ?&lt;br /&gt;R : Je refuse de répondre à cela - mais j'aimerais, avant de refuser de répondre, poser cette question : est-ce que je les reconnais comme étant des initiales ? Je dirais que oui."&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En adoptant cette tactique, Hammett se protège moins qu'il  n'assure en réalité la sécurité de quatre dirigeants du mouvement communiste, inculpés puis libérés sous caution (caution payée par le Civil Rights Congress), mais qui ne se présentèrent jamais à la convocation de la justice au début du mois de juillet 1951. Soit quelques jours seulement avant l'interrogatoire de l'écrivain. Ainsi, il ne dévoile rien des informations qu'il pourrait détenir et évite par la même occasion de se parjurer. Pour autant, la cour ne s'y trompe pas et le condamne à une peine de prison de six mois pour outrage à magistrat. Il en purgera cinq, bénéficiant d'un mois de remise de peine pour bonne conduite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux ans plus tard, le 24 mars 1953, Dashiell Hammett est convoqué comme témoin/accusé devant la sous-commission sénatoriale permanente sur les enquêtes de la commission des affaires gouvernementales (nom barbare qui désigne la juridiction d'exception présidée par le sénateur Mc Carthy). Il s'agit d'une audience préparatoire à huis-clos puisque Dashiell Hammett devra témoigner officiellement le 26 mars. Ce document est inédit et n'a été rendu public qu'en janvier 2003. Cette fois les enjeux sont différents, Hammett a déjà été condamné et les informations qu'il pourrait détenir sont moins sensibles, mais il doit désormais faire face directement à la commission Mc Carthy. Les questions ne tournent plus autour du Civil Rights Congress, car en réalité Mc Carthy veut punir Hammett d'une manière différente et il s'attaque donc à l'oeuvre de l'auteur américain, qu'il souhaite purement et simplement faire interdire (ce qui priverait l'écrivain de sa seule source de revenus). La plupart des questions sont donc centrées sur ses activités d'écrivain, sur le contenu de ses romans et nouvelles, sur ses contrats et ses droits d'auteur... La défense d'Hammett est moins fermée et il répond à la plupart des questions de manière directe et factuelle, se retranchant uniquement derrière le cinquième amendement lorsque les questions se font plus perverses ou insidieuses (l'un des sénateurs présents lui demande par exemple très directement s'il est communiste).&lt;br /&gt;Globalement cet interrogatoire recoupe celui qui se tient le 26 mars 1953. Cette fois l'audience est publique et le sénateur Mc Carthy préside la séance. Hammett suit la même ligne de défense qu'à l'occasion de l'audience préparatoire, mais alors que le premier interrogatoire d'Hammett se situait essentiellement sur un plan juridique, celui-ci glisse de manière attendue sur le plan purement idéologique. Pour Mc Carthy, toute oeuvre écrite par un sympathisant communiste est forcément de nature propagandiste et c'est ce qu'il tente de faire avouer à Hammett, qui patiemment désamorce chaque piège tendu par les membres de la commission.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;&lt;br /&gt;"Q : Vous êtes écrivain ? Est-ce exact ?&lt;br /&gt;R : C'est exact.&lt;br /&gt;Q : Et vous êtes l'auteur d'un certain nombre de romans policiers plutôt connus. Est-ce exact ?&lt;br /&gt;R : C'est exact.&lt;br /&gt;Q : En plus de cela vous avez écrit à vos débuts, je crois, sur certaines questions sociales. Est-ce exact ?&lt;br /&gt;R : Eh bien... j'ai écrit des nouvelles qui peuvent être - vous savez... il est impossible d'écrire quoi que ce soit sans prendre position d'une manière ou d'une autre sur les questions sociales."&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'interrogatoire se poursuit sur le même mode jusqu'à la question fatidique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Q : Voyons, Mr Hammett, quand avez-vous écrit votre premier livre publié ?&lt;br /&gt;R : Mon premier livre était "Moisson rouge". Il a été publié en 1929. Je crois que je l'ai écrit en 1927 ; 1927 ou 1928.&lt;br /&gt;Q : A l'époque où vous l'aviez écrit, étiez-vous membre du Parti communiste ?&lt;br /&gt;R : j'invoque mes droits garantis par le cinquième amendement de la constitution américaine et je refuse de répondre car la réponse pourrait me porter préjudice.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Hammett refuse de répondre aux questions suivantes, qui tentent de lui faire avouer qu'il appartenait au Parti communiste. Mc Carthy intervient alors directement&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;"Q : Mr Hammett, permettez-moi de vous poser cette question : mettons votre cas de côté, peut-on résumer que tout membre du parti communiste, selon la discipline communiste, fasse d'ordinaire  de la propagande pour la cause communiste, peu importe qu'il écrive des romans ou des traités politiques ?&lt;br /&gt;R : Je ne peux pas répondre à ça, car honnêtement je n'en sais rien."&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un peu plus loin on atteint le coeur du problème selon Mc Carthy. Ce dernier annonce que plus de 300 livres de Dashiell Hammett ont été acquis par le département d'Etat, des livres qui sont en réalité dispatchés dans différentes bibliothèques notamment dans les ambassades à l'étranger. Mc Carthy demande alors à combien s'élèvent les droits d'auteur de l'écrivain. Hammett répond de manière directe. Vient alors la question fatidique de Mc Carthy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;"Q : Est-ce qu'une partie de l'argent que vous avez reçu du Département d'Etat s'est retrouvée dans les caisses du parti communiste ?&lt;br /&gt;R : Je refuse de répondre car cette réponse pourrait me porter préjudice".&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Evidemment, Hammett n'a jamais reçu directement le moindre centime du Département d'Etat et les droits qu'il touchait sur ses oeuvres lui étaients reversés par son éditeur. Mais la question de la commission est évidemment pernicieuse et tente de faire avouer à Hammett les sommes qu'il a versées à plusieurs reprises au mouvement communiste, dont il était effectivement un sympathisant. Plusieurs milliers de dollars selon ses biographes. Hammett a parfaitement saisi la tactique de la commission et ne lâche absolument rien. Le reste de l'interrogatoire confine donc également au dialogue de sourd, sauf lorsque les questions sont de nature philosophique ou idéologique. On assiste d'ailleurs à quelques passes d'armes étonnantes entre Mc Carthy et Hammett, qu'il serait hélas trop long de retranscrire. A l'issue de cet interrogatoire, Hammett ne sera condamné à aucune peine de prison, mais ses oeuvres seront retirées temporairement des bibliothèques, il faudra l'intervention du président Eisenhower (qui déclara que les romans de Dashiell Hammett ne constituaient pas une menace subversive) pour que ses livres trouvent à nouveau place sur les étagères de bibliothèques américaines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Passionnant ce livre ne l'est pas, tout du moins pas pour l'amateur de romans policiers, c'est avant tout un témoignage historique qui éclaire l'une des périodes les plus sombres de la vie de Dashiell Hammett et de l'histoire américaine. Pas de révélation fracassante, pas de plaidoirie digne des grandes séries américaines, l'essentiel des échanges est fermé ou purement technique. Seul le dernier interrogatoire soulève des questions réellement idéologiques. On touche pourtant du doigt l'un des aspects fondamentaux du Mc Carthysme, une chasse aux sorcières fondée sur un délire sécuritaire totalement paranoïaque et une grande incompréhension de la nature du mouvement communiste américain. Pour aller plus loin on pourra également lire les mémoires passionnantes et bien plus complètes de l'écrivain Howard Fast, "Mémoires d'un rouge", qui retranscrit également à cette occasion (mais de mémoire) son propre interrogatoire devant la commission Mc Carthy.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-6152500320893936565?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/6152500320893936565/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=6152500320893936565' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/6152500320893936565'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/6152500320893936565'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2010/02/document-historique-interrogatoires-de.html' title='Document historique : Interrogatoires, de Dashiell Hammett'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/S2azMz7EBNI/AAAAAAAACpw/bzb_I0c6Or8/s72-c/09-ALIRE-Interrogatoires-DHammet-128c5.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-6685601953033248401</id><published>2010-01-20T20:13:00.004Z</published><updated>2010-02-09T09:25:43.050Z</updated><title type='text'>Cri de rage : Gomorra, de Roberto Saviano</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_iTSob0aG044/S1dlXf_KvZI/AAAAAAAAAAo/F-dz2VfYCu8/s1600-h/9782070782895FS.gif"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 214px; height: 320px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_iTSob0aG044/S1dlXf_KvZI/AAAAAAAAAAo/F-dz2VfYCu8/s320/9782070782895FS.gif" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5428919330216263058" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Gomorra, c'est d'abord un cri de rage, une gifle dans la figure, un étalage des turpitudes inimaginables qu'endurent la Campanie et ses habitants sous le joug des clans mafieux.&lt;br /&gt;La mafia, certains trouvent ça romantique, les plus jeunes  peuvent être fascinés par la violence et le pouvoir qui s'en dégagent. La vérité c'est que la mafia, spécialement la Camorra, est un monstre qui dévore tout sur son passage : les humains, la terre, l'argent, l'espoir. La vérité c'est que la mafia se bâtit chaque jour sur un tas de cadavres  : ceux de ses hommes et de ses femmes tués dans les guerres de clans ; de ses sbires chair à Kalachnikov ; de ses victimes qui ont refusé d'obéir ou de se taire ; des passants pris dans la fusillades ; des ouvriers et de leurs conditions de travail infâmes ; des habitants de la Campanie cancéreux à cause de leur terre polluée ; des drogués qui trouvent dans la banlieue de Naples de quoi satisfaire leur dépendance à prix abordable.&lt;br /&gt;Mieux qu'une pieuvre, la camorra est une hydre : pour chaque tête coupée, un ou deux autres poussent, vigoureuses, jeunes, au sang neuf, toujours prêtes à tout. A ce jour seuls les moins de 14 ans sont épargnés. Les autres se partagent en deux races : les gagnants - les membres des clans - et les perdants - tous les autres, qu'ils travaillent ou non pour la mafia. Rien ne doit entraver le business. Dans le court laps de temps qui leur est alloué avant la mort ou la prison, les parrains accumulent des sommes gigantesques en  s'accapparant les trafics les plus juteux et en les combinant à des affaires plus ou moins légales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Roberto Saviano présente la mafia sans fard, dégoulinante de sang, s'attaquant à toutes les branches de l'économie pourvu qu'elles soient rentables, avec leurs propres règles : monopoles imposés, pas de taxes, corruption, intimidation, meurtres.&lt;br /&gt;Il dit les noms, les trafics, les morts. Il enrage d'impuissance. Quand il décrit un destin individuel, c'est pour mieux décortiquer la machine d'oppression et de mort de la mafia, qui a enfermé la Campanie dans la peur et qui gangrène le monde entier, à commencer par l'Espagne et l'Ecosse, jusqu'à l'Orient le plus lointain.&lt;br /&gt;Il montre ce qu'il a observé sur sa terre natale, le désespoir des hommes de là-bas où la seule manière d'en finir est de fuir ou de se soumettre, sous peine de mort. Il montre que la lutte est possible, mais qu'en l'absence d'un improbable Hercule, c'est plutôt le travail de petits Sisyphes, qui donne l'apparence de piqûres d'abeilles sur le cuir des bufflones.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Gomorra mérite son succès. Roberto Saviano, en toute connaisance de cause, a pris un risque mortel en l'écrivant et en le publiant. Peut-être était-ce le seul moyen pour lui de garder un peu d'espoir ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-6685601953033248401?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/6685601953033248401/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=6685601953033248401' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/6685601953033248401'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/6685601953033248401'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2010/01/cri-de-rage-gomorra-de-roberto-saviano.html' title='Cri de rage : Gomorra, de Roberto Saviano'/><author><name>Valérie</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02593743808220673303</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_iTSob0aG044/S1dlXf_KvZI/AAAAAAAAAAo/F-dz2VfYCu8/s72-c/9782070782895FS.gif' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-9129111225041752902</id><published>2010-01-14T14:54:00.003Z</published><updated>2010-01-14T14:59:39.697Z</updated><title type='text'>Retour au bayou : Prisonniers du ciel, de James Lee Burke</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/S08wRq3JgII/AAAAAAAACpo/Dn5_3PEhL6Y/s1600-h/9782869305649.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 127px; height: 192px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/S08wRq3JgII/AAAAAAAACpo/Dn5_3PEhL6Y/s200/9782869305649.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5426609156126244994" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Second roman de la série Dave Robicheaux, "Prisonniers du ciel" nous entraîne une nouvelle fois en Louisiane, mais cette fois exit La Nouvelle Orléans et bienvenue au bayou, le vrai, l'authentique.&lt;br /&gt;    &lt;br /&gt;    A la fin de "La pluie de néon", Dave Robicheaux avait démissionné de ses fonctions de lieutenant de police. Il est désormais installé dans sa ville natale, New Iberia, à proximité du bayou Tèche, où il tient une petite boutique de location de bateaux et de matériel de pêche. Il coule des jours heureux en compagnie d'Annie, qu'il a désormais épousée. Mais la petite vie pépère de notre ex-flic ne dure pas bien longtemps. Alors qu'il pêchait en compagnie de sa femme dans le golfe du Mexique, Dave assiste au naufrage d'un petit bimoteur qui embarquait cinq personnes. Seule survit une petite fille d'origine salvadorienne, âgée seulement de cinq ans et ne parlant pas un mot d'anglais. Le couple accueille la petite Alafair sous son toit, cachant sa présence sur le sol américain aux services de l'immigration. Mais les choses ne sont pas aussi simples. En intervenant, Dave Robicheaux a surtout mis les pieds où il ne fallait pas ; plus précisément dans une affaire de trafic de drogue. De quoi énerver quelques caïds locaux et d'anciens tontons macoutes à la lame agile et à la gâchette facile. Rapidement, les réflexes de l'ancien flic remontent à la surface, Dave se sent pisté, suivi, observé et en plus les services de l'immigration et de la lutte anti-drogue lui collent aux basques. Son rapport mentionnait en effet la présence d'un passager mystérieusement disparu à l'arrivée des gardes-côte et de la police. L'adversaire se révèle une nouvelle fois coriace et Dave Robicheaux y perdra plusieurs dents et surtout quelques êtres chers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Plus sombre, plus tragique, "Prisonniers du ciel" est, sur la forme, indiscutablement plus abouti que les précédents romans de James Lee Burke. Narration mieux maîtrisée, intrigue plus resserrée, envolées lyriques plus discrètes, les défauts de "La pluie de néon" sont progressivement gommés, signe d'une plus grande maturité littéraire chez l'auteur. Burke s'enfonce également plus profondément dans la Louisiane et en pays cajun, on y gagne indiscutablement en singularité et en authenticité, pour s'éloigner progressivement du polar classique à l'américaine. Le roman est cependant d'une rare violence et la poudre parle aussi souvent que les poings, les amateurs de Derrick et Colombo passeront donc certainement leur chemin. Ce second volume est également l'occasion de creuser davantage le personnage de Dave Robicheaux, on connaissait son penchant pour la violence et la bouteille, mais on pensait que son mariage l'aurait remis dans le droit chemin. Hélas, l'alcool est un vieux démon et l'on ne met pas un terme à l'alcoolisme du jour au lendemain. Robicheaux reste un personnage attachant, mais ambigu par sa complexité psychologique. S'il est indiscutablement du côté de la loi, ses méthodes et ses principes s'accommodent assez facilement des recettes de voyou et la fin justifie souvent les moyens. Sa fascination pour la violence a un côté morbide, Robicheaux a administrativement mis un terme à sa carrière dans les services de police de la Nouvelle Orléans, mais il reste définitivement un flic et à la moindre alerte ses réflexes de vieux flic refont surface. Cette attitude, parfois infantile par son manque de recul, est l'occasion de tensions entre Robicheaux et sa femme, qui ajoutent une indiscutable épaisseur au roman, grâce à la maîtrise de l'implicite dont fait preuve assez régulièrement James Lee Burke. Les silences, les non-dits, les petites altercations contenues alternent avec les moments de joie et de plaisir ; c'est ce savant mélange de tension et d'apaisement qui rythme le roman et lui donne toute sa substance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Une nouvelle fois, James Lee Burke impressionne par la qualité de son ouvrage et nous offre un polar bien noir à l'ambiance lourde et pesante. A partir d'ingrédients on ne peut plus communs (des flics, des voyous, des flingues, de la drogue et des filles faciles), Burke construit un roman original et impeccablement maîtrisé, consolidant son personnage principal au fil des épisodes. L'auteur imprime donc sa patte, à la manière d'un Tony Hillerman, sur un genre qui ne cesse de nous surprendre par son inventivité.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-9129111225041752902?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/9129111225041752902/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=9129111225041752902' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/9129111225041752902'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/9129111225041752902'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2010/01/retour-au-bayou-prisonniers-du-ciel-de.html' title='Retour au bayou : Prisonniers du ciel, de James Lee Burke'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/S08wRq3JgII/AAAAAAAACpo/Dn5_3PEhL6Y/s72-c/9782869305649.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-7294636314926702654</id><published>2010-01-08T14:29:00.003Z</published><updated>2010-01-08T14:34:39.467Z</updated><title type='text'>Roadbook halluciné : Florida Roadkill, de Tim Dorsey</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/S0dB6skwqOI/AAAAAAAACpg/mrUo6pVRPHo/s1600-h/9782743611200.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 127px; height: 196px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/S0dB6skwqOI/AAAAAAAACpg/mrUo6pVRPHo/s200/9782743611200.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5424376752844613858" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Digne héritier des grands écrivains floridiens, souvent comparé à Dave Barry et Carl Hiaasen en raison de certaines similitudes dans leurs techniques d'écriture, Tim Dorsey est pourtant un auteur d'une grande singularité. Par certains côtés, ses romans rappellent ceux de Donald Westlake (personnages loufoques, humour omniprésent), mais la farce est chez Tim Dorsey poussée à son paroxysme. On évolue indiscutablement en plein registre burlesque, exacerbé par l'emploi systématique du caméo, un procédé littéraire qui consiste à multiplier les brèves apparitions d'une foultitude de personnages secondaires plus ou moins liés entre eux. Le caméo relève généralement du clin d'oeil plus ou moins appuyé, mais chez Tim Dorsey, c'est un mode d'écriture à part entière qui fait toute l'essence de son style.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    S'il n'y a pas à proprement parler de héros dans les romans de Tim Dorsey, Serge A. Storm, sociopathe caractérisé d'obédience floridienne, est ce qui s'en rapproche le plus. Accompagné de son pote déjanté, Coleman, toxicomane patenté et ivrogne notoire, ils forment un couple de joyeux fêlés, auquel vient se greffer la délicieuse mais vénéneuse Sharon, une stripteaseuse cocaïnomane de classe internationale. L'intrigue des romans de Tim Dorsey est souvent assez lâche, pour ne pas dire ténue, même si dans le cas présent nos trois lascars ont entrepris de monter une arnaque à l'assurance tout ce qu'il y a de plus classique, afin de toucher un petit pactole de 5 millions de dollars. Seul souci, la victime n'est pas consentante. Ce dentiste quinquagénaire voit d'un mauvais oeil le plan de Serge, qui consiste à lui couper plusieurs doigts de la main, principal outil de travail qu'il avait pris soin d'assurer pour une somme assez coquète (précisément 5 millions de dollars). Il voit d'un plus mauvais oeil encore l'idée lumineuse de Serge, qui consiste à partager le magot en quatre parts égales. Notre dentiste lâche donc quelques dizaines de milliers de dollars aux trois compères et prend la tangente pour se dorer la pilule dans les Keys. Mauvais plan ! Serge, Coleman et Sharon se lancent à sa poursuite pour récupérer le pognon et en profitent pour faire du tourisme, délester quelques portefeuilles et mettre sur les dents la moitié des effectifs de police de l'état. A cette trame principale, viennent se greffer des dizaines de petites saynètes savoureuses, avec leur lot de personnages plus ou moins récurrents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Pour un premier roman, force est de constater que Tim Dorsey maîtrise parfaitement son sujet et sa technique d'écriture. Certes, il faut impérativement adhérer à ce type de narration, à ce faux rythme qui casse la linéarité du récit, sous peine d'être rapidement perdu. Certains esprits chagrins relèveront que l'auteur ne sait pas trop où il va, que son roman n'a ni queue ni tête ou bien encore que l'intrigue est mal ficelée. Grave erreur que de penser cela. "Florida roadkill" est un roadbook certes déjanté, mais extrêmement bien maîtrisé sur le plan formel. Chaque personnage y a sa place et sa fonction. Rien n'est laissé au hasard et chaque saynète trouve sa résolution au fil de la progression faussement chaotique de Tim Dorsey. S'il fallait trouver un défaut à ce roman, on pourrait souligner que l'auteur dresse un panorama de la société américaine bien moins virulent que dans ses romans ultérieurs. L'acidité de ses propos est nettement moins marquée, laissant la place à un humour plus bon enfant et moins acide. Alors que l'humour burlesque se révélait être une arme d'une confondante efficacité dans un roman comme "Triggerfish Twist", l'auteur évolue ici dans un registre plus basique, certes efficace mais nettement moins percutant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Reste tout de même un roman au rythme infernal, totalement barré et parfaitement hallucinant, dont on à peine à trouver l'équivalent chez la concurrence. A condition d'être amateur d'humour noir et loufoque, saupoudré d'une bonne dose de second degré, vous allez certainement adorer. Alors foncez, la suite est encore meilleure.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-7294636314926702654?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/7294636314926702654/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=7294636314926702654' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/7294636314926702654'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/7294636314926702654'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2010/01/roadbook-hallucine-florida-roadkill-de.html' title='Roadbook halluciné : Florida Roadkill, de Tim Dorsey'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/S0dB6skwqOI/AAAAAAAACpg/mrUo6pVRPHo/s72-c/9782743611200.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-2032418260601700514</id><published>2009-12-03T15:36:00.002Z</published><updated>2009-12-03T20:09:31.522Z</updated><title type='text'>Blues on the bayou : La pluie de néon, de James Lee Burke</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/Sxfbi9kaqtI/AAAAAAAAClg/u9C9LJYkpVA/s1600-h/2743605510.08.LZZZZZZZ.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 128px; height: 200px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/Sxfbi9kaqtI/AAAAAAAAClg/u9C9LJYkpVA/s200/2743605510.08.LZZZZZZZ.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5411034870998280914" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Dave Robicheaux, Cajun et fier de l'être, exerce la difficile profession de lieutenant de police à La Nouvelle Orléans. Robicheaux se plait à se considérer comme un bon flic et c'est aussi l'avis de sa hiérarchie ; intègre, méthodique, plutôt fin dans ses analyses, il a pourtant la fâcheuse habitude de mettre les pieds dans le plat, ce qui en Louisiane est un défaut majeur. Robicheaux a un autre défaut, il est obstiné, et lorsqu'on lui fait comprendre qu'il fourre son nez dans des affaires qui ne le regardent pas, le bonhomme ne se laisse pas faire. Jusqu'au jour où il découvre le cadavre d'une jeune prostituée dans l'un des nombreux bayous de la région. Le sherif du comté conclut à une simple noyade, mais Robicheaux est convaincu qu'il s'agit d'un meurtre et décide de mener sa propre enquête. Il faut croire que l'affaire est plus sérieuse qu'il n'y paraît car il apprend d'un détenu condamné à la chaise électrique, que sa tête a été mise à prix par des trafiquants colombiens. Rapidement, un faisceau d'indices le dirige sur la piste de Segura, un truand local dont la cote de popularité auprès des services de police ne cesse d'augmenter. Mais l'affaire sent décidément le soufre, alors qu'il s'apprêtait à sortir avec sa petite amie, Robicheaux est séquestré et torturé par trois gros bras commandités par de gros bonnets du crime ayant pignon sur rue ; un ancien général de l'armée américaine et même la CIA semblent plus ou moins liés à un trafic d'armes avec les Contras. L'affaire dérape, Robicheaux et son co-équipier logent accidentellement une balle dans la tête de Segura et les deux flics doivent désormais faire face à la hargne de leurs collègues des affaires internes, qui rêvent de les clouer au pilori. Et comme les mauvaises nouvelles vont toujours par deux, Robicheaux est cette fois victime d'une tentative de meurtre maquillée en accident de la route, l'un de ses contacts, un agent fédéral du contre-espionnage, perd la vie dans l'accident. Accusé d'être un mauvais flic porté sur la bouteille, assailli par les collègues des affaires internes, pourchassé par les trafiquants d'armes, Robicheaux est suspendu et frôle la crise de nerfs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Premier roman de la série Dave Robicheaux, ce flic de la Nouvelle Orléans à la personnalité complexe et aux méthodes pas toujours orthodoxes, La pluie de néon est l'occasion d'être confronté à la méthode James Lee Burke ; une littérature sans concession, brute de décoffrage et profondément ancrée dans le réel. Evidemment, cela tient à la fois au personne même de Robicheaux, mais également à la géographie (humaine et physique), au terroir pourrait-on dire, dans lequel se déroulent les romans de James Lee Burke. La Louisiane est ici un personnage à part entière, on découvre ses étonnantes spécificités et l'auteur prend souvent un malin plaisir à en tordre les clichés. Cet état américain, l'un des plus pauvres des Etats-Unis, vit sans cesse sur sa gloire passée et le lecteur est plongé dans une atmosphère pesante, moite, voire déliquescente. Bien avant Katrina, La Nouvelle Orléans était déjà en tête du hit parade des villes les plus violentes des Etats-Unis, le chômage, les inégalités sociales et le désoeuvrement constituant le terreau privilégié de cette criminalité galopante. Le temps ou New Orleans, perle du Sud, brillait par la richesse de sa vie mondaine et culturelle est bel et bien révolu. On comprend alors aisément pourquoi James Lee Burke, auteur profondément attaché à la Louisiane, à son histoire, à ses traditions et à son avenir, a choisi pour héros un flic ; qui en effet aurait pu donner une image plus fidèle de la réalité d'un état socialement, politiquement et économique moribond bien avant que l'ouragan ne dévaste "Big easy".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    A la fois cynique, violent et désabusé, La pluie de néon, à l'instar de nombreux polars hard-boiled, vaut moins pour la qualité de son intrigue que pour son portrait de la Louisiane et de la société américaine à l'orée des années 90. Cette critique acide est contre-balancée par des descriptions plutôt lyriques des paysages de la Louisiane, exercice dans lequel on sent l'auteur probablement moins à l'aise (voire maladroit), mais qui reflètent sont propre attachement à cette contrée du Sud. En bon connaisseur du milieu qu'il décrit, James Lee Burke use modérément du cliché, ce qui participe indiscutablement à la réussite et à l'authenticité de ses romans. La pluie de néon manquera certainement de rythme pour les lecteurs accros au suspense, mais ce faux rythme participe indiscutablement à l'ambiance générale du roman, à la fois langoureuse et poisseuse, un peu comme la Louisiane (Hein ? oui, j'aime bien finir sur un cliché).&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-2032418260601700514?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/2032418260601700514/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=2032418260601700514' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/2032418260601700514'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/2032418260601700514'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2009/12/blues-on-bayou-la-pluie-de-neon-de.html' title='Blues on the bayou : La pluie de néon, de James Lee Burke'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/Sxfbi9kaqtI/AAAAAAAAClg/u9C9LJYkpVA/s72-c/2743605510.08.LZZZZZZZ.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-7770437933032413894</id><published>2009-12-03T15:19:00.003Z</published><updated>2009-12-03T15:35:58.823Z</updated><title type='text'>SF  uchronique : Le printemps russe, de Norman Spinrad</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/Sxfa2Wxr8sI/AAAAAAAAClY/q8507ku0_2A/s1600-h/9782070415908.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 125px; height: 200px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/Sxfa2Wxr8sI/AAAAAAAAClY/q8507ku0_2A/s200/9782070415908.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5411034104670712514" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;La science-fiction a ceci d'amusant qu'au fil des années, voire des décennies, certains romans que l'on pouvait classer initialement sous l'étiquette "anticipation" sont devenus tellement caduques qu'il est nécessaire de les lire désormais comme des uchronies. C'est le cas du Printemps russe de Norman Spinrad, une vaste fresque à la fois politique, sociale et familiale sur fond de conquête spatiale. L'épaisseur du roman, qui s'étale tout de même sur près de 800 pages, laissait augurer du meilleur, tout du moins si l'on s'en tient à ce qu'annonce la quatrième de couverture, et Norman Spinrad n'est pas non plus le premier des débutants ; même si dès le départ, l'auteur se prête à un exercice hautement périlleux, qui ne pouvait déboucher que sur une magnifique gamelle. Mais il faut bien reconnaître que publier en 1991 un roman sur l'avenir du bloc soviétique avait quelque chose d'à la fois hautement casse-gueule et extrêmement culotté. A condition de ne pas avoir de connaissances trop approfondies sur la géopolitique de l'URSS, l'on pouvait encore se laisser prendre au jeu à l'orée des années 90. Hélas, force est de constater que 18 ans après sa publication originale, Le printemps russe ressemble à une oeuvre parfaitement bancale, tant sur le plan littéraire que sur celui de l'analyse politique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La toile de fond de cet imposant roman est finalement assez simple. Alors que les Etats-Unis s'enfoncent dans une lente récession économique, sous le poids de sa dette publique et de ses dépenses militaires abyssales (notamment en raison du programme militaire spatial, sorte de programme "Guerre des étoiles" rebaptisé désormais "Etoile d'Amérique"), que le pays s'enferme dans un réflexe protectionniste et autoritaire avec la bénédiction d'une bonne partie de la population, que "l'Amérique" jadis tant aimée et admirée est désormais honnie par une bonne partie de la planète en raison de ses agissements scandaleux en Amérique latine, l'URSS a quasiment achevé sa lente métamorphose amorcée sous l'ère de la pérestroïka habilement orchestrée par Gorbatchev. A peu de choses près, l'URSS a libéralisé son économie tout en préservant la mainmise du PCUS sur l'appareil d'état et sans que l'oppressante bureaucratie soviétique n'en ait souffert (ce qui paraît déjà plus étonnant). Le bloc soviétique, tout en maintenant son unité géographique et politique, s'est ouvert vers l'Occident ; tout du moins vers l'Europe, dont l'union est désormais achevée et qui représente la première puissance économique mondiale et la seule véritable fédération d'états démocratiques. Coincée entre l'impérialisme américain et le pseudo socialisme semi-autoritaire du bloc soviétique, l'Union européenne ne joue qu'un rôle de tampon économique et politique. Chose amusante, ce ne sont pas les Etats-Unis qui ont gagné la course aux étoiles, mais l'URSS, qui est bien la seule à croire en un avenir spatial pour l'humanité ; les Américains sont concentrés sur leur programme militaire, alors que l'ESA souffre d'un cruel manque d'ambition exacerbé par les éternelles hésitations politiques des européens. Mais les choses changent et les européens sont désormais prêts à inscrire leurs pas dans les traces des russes.&lt;br /&gt;C'est la raison pour laquelle l'ESA débauche à grands frais un jeune ingénieur américain, Jerry Reed, qui végétait gentiment chez Rockwell en attendant que la Nasa/Pentagone se décide à envoyer à nouveau des hommes dans l'espace plutôt que des satellites militaires. Mais les choses ne sont pas si simples, Jerry Reed est détenteur d'informations et de technologies que les Américains ne veulent absolument pas voir tomber dans l'escarcelle des européens, et, à fortiori, encore moins dans celle des soviétiques. Contraint par les autorités américaines à faire un choix entre son rêve et son pays, Jerry Reed décide de faire défection et de rejoindre les rangs de l'ESA ; il est alors déchu de sa nationalité américaine et un retour aux Etats-Unis lui est désormais interdit. Mais son choix n'a pas seulement été dicté par sa conscience et son désir d'étoiles, les charmes de la jeune Sonia Gagarine ne sont pas totalement étrangers à cette décision de vivre désormais en Europe, aux côté de la femme qu'il aime. Autant dire que les soviétiques, désormais alliés des européens concernant le développement du programme spatial de l'ESA, voient d'un très bon oeil cette relation entre les deux jeunes tourtereaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On connaissait le talent de Norman Spinrad en matière de narration et son style percutant, voire coup de poing, fait comme d'habitude des merveilles lorsqu'il s'agit d'enquiller les 800 pages du roman, on connaissait également sa propension à truffer chaque chapitre de scènes de sexe assez crues, mais on connaissait moins le goût de l'auteur pour les romans feuilletons à la Santa Barbara (ou Dallas, c'est comme vous voulez). Et là, force est de constater que Spinrad se laisse quelque peu aller à la facilité. Si j'étais méchant, je dirais qu'en dehors du format et du langage un peu cru, Le printemps russe aurait parfaitement sa place dans la collection Harlequin. Le lecteur subit au fil de la narration, une succession de clichés et de scènes assez surréalistes chez un auteur dont on appréciait plutôt la férocité, l'ironie et la virulence du propos. Les Français s'appellent tous Marcel, Emile ou Nicole, Paris n'est que lumières et bistrots pittoresques à l'ombre des platanes (et si possible le long des quais de la Seine), les Russes sont tous des bureaucrates alcooliques dont l'esprit est totalement embrumé par la propagande du parti ; incapables du moindre sentiment, leur seul objectif est d'oeuvrer pour la gloire de la patrie, quel qu'en soit le prix. Certes, lorsqu'il s'agit de dénoncer les travers de l'Amérique, quitte à grossir quelque peu le trait, Spinrad est toujours aussi incisif, mais l'acidité de la critique est quelque peu tempérée par des dialogues ou des scènes d'un sentimentalisme larmoyant, voire d'un chauvinisme déplacé, souvent ponctuées d'un "Je suis fier d'être américain, même si mon pays fait de vilaines choses". On a connu l'auteur un poil plus subtil. On repassera également en ce qui concerne l'analyse géopolitique, à peu près du niveau de certaines conversations du café du commerce, ou sur les invraisemblances flagrantes qui parsèment le roman (on se demande bien comment un hippie à moitié socialiste pourrait bien arriver jusqu'à la présidence des USA , alors quand ce dernier désamorce ce qui s'annonce comme la troisième guerre mondiale à la façon d'un joueur de poker, on abandonne). Que Norman Spinrad se soit en grande partie trompé concernant l'évolution du bloc soviétique (même s'il faut lui accorder certains points) n'est pas le plus important, les meilleurs analystes se fourvoient eux aussi régulièrement, en revanche on peut être plus circonspect quant à sa capacité à maîtriser un roman aussi ambitieux. L'ensemble manque singulièrement de profondeur et de subtilité, d'autant plus que l'auteur n'y manie que très modérément le second degré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour autant, Le printemps russe n'est pas totalement dénué d'intérêt car l'auteur s'y dévoile de manière assez prononcée ; Jerry Reed c'est un peu Norman Spinrad. Le déracinement, l'exil plus ou moins forcé, son amour pour Paris (même s'il est teinté de nombreux clichés), cette relation d'amour-haine avec son pays, la critique acerbe du modèle social américain et de son son système politique, son écoeurement vis à vis du monde politique en général et de la politique politicienne en particulier, on y retrouve nombre d'éléments du discours habituel de l'auteur, avec quelques remarques et quelques scènes empreintes d'un vécu réel que l'on sent nettement poindre ici et là. Tout cela fait incontestablement de Jerry Reed un personnage fort attachant, mais c'est sans doute insuffisant pour faire du Printemps russe une oeuvre majeure de Norman Spinrad.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-7770437933032413894?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/7770437933032413894/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=7770437933032413894' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/7770437933032413894'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/7770437933032413894'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2009/12/sf-uchronique-le-printemps-russe-de.html' title='SF  uchronique : Le printemps russe, de Norman Spinrad'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/Sxfa2Wxr8sI/AAAAAAAAClY/q8507ku0_2A/s72-c/9782070415908.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-3969913074912726277</id><published>2009-12-03T15:15:00.003Z</published><updated>2009-12-03T15:34:01.180Z</updated><title type='text'>Polar déjanté : Triggerfish twist, de Tim Dorsey</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/SxfaYpI7AAI/AAAAAAAAClQ/Zz0Rq2TSAfQ/s1600-h/triggerfish.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 127px; height: 197px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/SxfaYpI7AAI/AAAAAAAAClQ/Zz0Rq2TSAfQ/s200/triggerfish.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5411033594203930626" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Complètment barré, totalement déjanté, définitivement loufoque, tels sont les termes qui viennent immédiatement à l'esprit à la lecture des romans de Tim DORSEY. Cet homme est fou, sachez le, et ses bouquins sont de petites pépites d'humour noir, de critique acide et de dinguerie totalement assumée. Tim DORSEY c'est drôle, intelligent, pétillant, absurde, mais surtout, ça n'a ni queue ni tête. Le pire c'est que ça marche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A vrai dire, si vous souhaitez commencer par le début, la lecture de Florida Roadkill est à envisager, mais il ne s'agit pas à proprement parler d'un passage obligé car Triggerfish twist n'est pas une suite, même si l'on y croise plusieurs personnages récurrents créés par Tim DORSEY. En bon auteur du terroir, Tim DORSEY parle de ce qu'il connaît le mieux, à savoir la Floride et son cortège de doux dingues, d'allumés en tous genres, de voyoux à la petite semaine et autres dégénérés attirés par le soleil, la plage, les jolies filles et les alligators. Pour être honnête, chez l'écrivain américain les gens « normaux » se comptent sur les doigts de la main, alors lorsque la famille Davenport déboule de son Indiana natal du côté de Tampa, on se dit que le malentendu risque d'être de courte durée. Jim Davenport est consultant, c'est à dire que son boulot consiste à se balader d'entreprise en entreprise afin d'observer le travail des salariés et de pondre des rapports qui permettront à tout ce joyeux petit monde de travailler dans la joie et l'efficacité (voire la félicité). Aussi, lorsque la société qui emploie Jim ouvre une succursale à Tampa, ce dernier saute sur l'occasion et demande sa mutation pour la Floride. L'aubaine était trop belle, d'autant plus que la revue Où vivre en Amérique : les meilleures villes, vient de classer Tampa à la troisième place des villes les plus agréables du pays. Hélas, ce que ne sait pas Jim, qui en tous points représente la parfaite victime, c'est que ce classement est surtout le résultat d'une légère boulette, celle d'un stagiaire sous-payé du journal, visiblement fâché avec Excel. Les Davenport emménagent donc dans un joli petit pavillon de Tampa, du côté de Triggerfish Lane, un quartier en apparence plutôt tranquille : maisons cossues, pelouses bien entretenues, allées propres bordées de palmiers. Ce qu'ils ne savent pas non plus, c'est ce quartier est la prochaine cible d'un agent immobilier véreux, qui projette de racheter toutes les maisons appartenant à des particuliers. Sa stratégie est d'une simplicité désarmante ; chaque fois qu'il rachète une maison, ce bon Lance Boyle installe des locataires douteux afin de faire fuir à vil prix les derniers propriétaires du voisinage. Une fois que Lance aura racheté l'intégralité du quartier, il lui suffira de raser toutes ces baraques miteuses pour y construire un magnifique centre commercial.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En réalité, si les Davenport et leurs malheurs de voisinage semblent constituer le point central du roman, Tim DORSEY émaille son histoire de personnages secondaires dont les parcours, tout aussi éditifants, viennent se greffer à la trame principale. Trame est cependant un bien grand mot pour ce qui s'avère être en réalité une succession de petites saynettes totalement ubuesques et loufoques. Le roman n'est d'ailleurs pas sans rappeler un certain Pulp Fiction, en plus barré. Ceux qui ont lu les romans précédents de l'auteur auront par ailleurs le plaisir de retrouver Serge A. Storms, psychopathe de son état, et ses deux comparses déjantés, Sharon la strip teaseuse cocaïnomane et Coleman, buveur impénitant de Budweiser et grand spécialiste du pétard. A vrai dire, tout ceci pourrait n'être qu'un vaste carnaval si, sous ce vernis qui craque de tous côtés, n'apparaissait une critique assez virulente de la société américaine. Et en la matière, on peut dire que DORSEY a la plume plutôt acérée et ses dialogues, taillés au millimètre, sont tout simplement exemplaires.Ecrit à un rythme effrené, Triggerfish Twist est très certainement la plus grande poilade de ces dernières années en matière de polar. Autant dire que Tim DORSEY tient la dragée haute à un Donald WESTLAKE ou un Charles WILLIAMS, ce qui n'est pas le moindre des compliments.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-3969913074912726277?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/3969913074912726277/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=3969913074912726277' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/3969913074912726277'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/3969913074912726277'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2009/12/polar-dejante-triggerfish-twist-de-tim.html' title='Polar déjanté : Triggerfish twist, de Tim Dorsey'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/SxfaYpI7AAI/AAAAAAAAClQ/Zz0Rq2TSAfQ/s72-c/triggerfish.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-7128949541970906936</id><published>2009-05-20T07:15:00.004Z</published><updated>2011-10-01T11:55:16.113Z</updated><title type='text'>BD blues : Le rêve de Meteor Slim</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/ShOuY2osfzI/AAAAAAAAB_w/ef88_z2KsEI/s1600-h/meteor_slim.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 127px; height: 129px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/ShOuY2osfzI/AAAAAAAAB_w/ef88_z2KsEI/s200/meteor_slim.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5337801725370466098" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Il est noir, pauvre et décide un beau matin d'abandonner femme et enfant pour partir sillonner les routes du Mississippi avec sa guitare. Lui, c'est Edward Ray Cochran, alias Meteor Slim, et son rêve tient en quelques mots : devenir un bluesman. Mais plaquer trois accords sur une guitare en chantant quelques couplets sur douze mesures ne suffit hélas pas à faire de ce brave Ed l'égal d'un Charley Patton, car il lui manque l'essentiel, ce petit supplément d'âme qui donne au blues toute sa dimension culturelle et artistique. Et même s'il avait le talent, vivre de sa musique dans l'Amérique des années trente, alors que le pays vient de subir de plein fouet la crise économique, est loin d'être une sinécure. Pourtant Ed est tenace et son parcours relève tout autant de l'entêtement que de l'apprentissage. Les routes poussiéreuses du delta, les jukejoints crasseux où l'on joue pour quelques cents ou une bouteille de bourbon, l'alcool, les femmes, les embrouilles, tout cela ne l'effraie pas ; cette misère tragi-comique contribue à forger son expérience, enrichit ses textes et son jeu de guitare, qui se fait plus profond, plus mélancolique et plus subtil. Et puis il y a ces rencontres étonnantes. Robert Johnson d'abord, celui qui n'est ni encore un mythe ni même une icône, croise la route d'Ed, lui donne quelques leçons d'humilité, l'encourage à donner le meilleur de lui-même. Puis vient le grand Big Bill Broonzy, qui éclipse le temps d'une soirée le talent émergeant de notre apprenti bluesman, ou bien encore Johnny Shines, le grand ami de Robert Johnson. Ed traîne ses souliers usés sur toutes les routes du delta, de Memphis à Jackson, en passant par Clarksdale ou Cleveland, partout où l'on veut bien de sa musique il pose son sac et sa guitare, chante quelques chansons et repart vers une nouvelle destination. Ce quotidien sans lendemain, à la fois solitaire et riche en rencontres étonnantes, Ed en fait la matière première de sa musique ; tantôt triste et mélancolique, parfois drôle et coquine, mais toujours brute et sans artifices. Cette vie est pourtant comme un feu de paille qui se consume en quelques instants, intense mais brève. Les regrets et la culpabilité, finissent par l'assaillir et contribuent à achever définitivement la transformation de celui qui est devenu un bluesman et qui en a payé le prix. Ne dit-on pas que Robert Johnson avait vendu son âme au diable quelque part au croisement de Clarksdale, afin d'acquérir son talent. Le prix d'Edward Ray Cochran est, lui, sans commune mesure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/ShOwgdKC7JI/AAAAAAAAB_4/WtDKPxuKz8s/s1600-h/planche_meteor+slim.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 200px; height: 198px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/ShOwgdKC7JI/AAAAAAAAB_4/WtDKPxuKz8s/s200/planche_meteor+slim.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5337804054993235090" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec cet album, Franz Duchazeau offre un hommage émouvant au delta blues. Le dessin au fusain, qui au premier abord peut déconcerter, colle à merveille à l'ambiance des années trente et à cette fable tragique et sombre. Chaque planche est un véritable travail d'orfèvre et l'on navigue entre le sublime et le magnifique. Ce graphisme épuré sert aussi le propos et contribue à mettre en valeur le sujet central de cette fresque : le blues. Cela n'est pas la première fois que le blues est mis en scène en bande dessinée, on pense notamment à la collection BD Blues proposée par les éditions Nocturne (déclinée également en BD Jazz), grâce à laquelle on peut découvrir la vie légèrement romancée de quelques artistes majeurs (B.B. King, Big Bill Broonzy ou bien encore Muddy Waters), en revanche, c'est bien la première fois que la réussite artistique est aussi totale ; à la fois respectueuse, émouvante et incroyablement juste. C'est également toute l'intelligence de Franz Duchazeau, que d'avoir imaginé un personnage fictif qu'il fait évoluer dans un cadre réel et réaliste ; son personnage n'écrase ainsi pas le récit et lui autorise certaines libertés qu'un respect scrupuleux de la biographie n'aurait pas permis. Tout amateur averti saura par ailleurs mesurer à sa juste valeur la connaissance profonde de Franz Duchazeau en matière de delta blues, qu'il conviendra d'apprécier en écoutant par exemple le double album « complete recordings » de Robert Johnson ou bien encore quelques blues bien roots signés Son House.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A noter qu'il existe un tirage de luxe de cet album, limité à 1000 exemplaires numérotés et signés, accompagné d'un disque vinyle comportant quatre titres. Franz Duchazeau a par ailleurs récidivé avec son dernier album, cette fois consacré à la musique country, intitulé « Les jumeaux de Conoco station ».&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-7128949541970906936?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/7128949541970906936/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=7128949541970906936' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/7128949541970906936'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/7128949541970906936'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2009/05/bd-blues-le-reve-de-meteor-slim.html' title='BD blues : Le rêve de Meteor Slim'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/ShOuY2osfzI/AAAAAAAAB_w/ef88_z2KsEI/s72-c/meteor_slim.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-5761797293038949539</id><published>2009-03-21T10:01:00.002Z</published><updated>2009-03-21T10:03:41.105Z</updated><title type='text'>Polar de Harlem : La reine des pommes, de Chester Himes</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/ScS7ToH9pJI/AAAAAAAAB1c/2BsfackPy2I/s1600-h/reinepomme.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 127px; height: 200px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/ScS7ToH9pJI/AAAAAAAAB1c/2BsfackPy2I/s200/reinepomme.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5315579406066754706" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;A l'occasion de la sortie de Cercueil et Fossoyeur dans la collection Quarto de Gallimard (&lt;span style="font-style:italic;"&gt;quand je vous disais que je faisais dans le recyclage de chroniques&lt;/span&gt;), un omnibus regroupant les huit romans du cycle de Harlem, il convient de revenir sur Chester Himes, auteur américain essentiel, que l'on a parfois un peu tendance à oublier. Pourtant, son influence sur des auteurs comme Donald Westlake ou bien encore Ed Bunker reste fondamentale. La reine des pommes, adapté en bande dessiné par Wolinski mais également au cinéma (« Rage in Harlem »), est sans doute son roman le plus connu. Et pourtant, rien de prédestinait Chester Himes à écrire des polars hard-boiled ; c'est sa rencontre avec Marcel Duhamel, traducteur et directeur de la collection Série Noire chez Gallimard, qui convainc l'écrivain qu'il a la capacité de se fondre dans le genre. Quatre semaines plus tard, l'auteur confie le manuscrit de La reine des pommes à Duhamel. Le roman obtient en 1958 le grand prix de la littérature policière, c'est le début du succès pour Chester Himes (tout du moins en France), qui avait déjà quitté les Etats-Unis plusieurs années auparavant, mais qui désormais s'installe définitivement en France. Hértier de Raymond Chandler et de Dashiell Hammett, Chester Himes n'a pas grand chose à leur envier, même si en l'occurence La reine des pommes, par son humour noir omniprésent, rappelle davantage 1275 âmes (Jim Thompson) ou bien encore Fantasia chez les ploucs (Charles Williams). Ses romans suivants sont plus sombres, politiquement plus engagés, dénonçant ouvertement la condition des noirs aux Etats-Unis. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Si les coups durs, c'était du fric, y a longtemps que je s'rais millionnaire. » &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; La reine des pommes est le premier roman à mettre en scène les fameux détectives Ed Cercueil et Fossoyeur Jones, deux policiers à la gachette facile, qui traînent leurs guêtres dans le ghetto de Harlem. Ils y cotoient la misère et la violence d'une population méprisée et matraitée par les blancs, qui se serre les coudes face à la police, mais ne pratique guère la solidarité outre-mesure. Vivre à  Harlem, c'est un peu défier la mort chaque jour. Un secteur où seuls les proxénètes, les dealers et les entrepreneurs de pompes funèbres réussissent à faire leur beurre. Triste époque, triste quartier dans lequel même les petites frappes ont du mal à joindre les deux bouts. Entre deux combines foireuses, on tente tant bien que mal de ne pas se faire dépouiller, en espérant que demain sera mons pire qu'aujourd'hui. &lt;br /&gt; Jackson, modeste employé de pompes funèbres ne roule pas franchement sur l'or, aussi lorsque deux malfrats à la petite semaine lui proposent de transformer ses pâles économies en gros tas de billets bien craquants, le petit noir au ventre bedonnant fonce tête baissée dans la combine. C'est que Jackson voudrait bien offrir quelques douceurs à sa belle, la très séduisante Imabelle, à laquelle il fait une confiance aveugle. A tort visiblement, puisque cette dernière est de mèche avec nos deux arnaqueurs, trop heureux de trouver un pigeon pour le fameux « coup de l'explosion ». En un tour de main, Jackson se retrouve dépouillé de ses économies et seul. Comble de la malchance, un faux policier tente de lui extorquer 500 dollars, qu'il s'empresse de faucher à son patron afin de ne pas finir en prison. Le pauvre benet, désargenté, abondonné, mis à la porte de son logement et recherché par la police pour vol et, croit-il, pour complicité avec de faux monnayeurs. S'enfuit demander l'aide de son frère jumeau, Goldy. Ce dernier, qui n'est pas né de la dernière pluie, n'est pas non plus le moindre des coquins ; le jour, il se déguise en bonne soeur afin d'extorquer quelques pièces aux passants, le soir, il retrouve quelques-uns de ses bons amis pour se shooter à l'héroïne et de temps à autres à la cocaïne. Accessoirement, Goldy fait également office d'indicateur de la police, car il n'y a pas de petit profit. Commence alors à travers les rues mal famées de Harlem, une course-poursuite digne des meilleurs vaudevilles. &lt;br /&gt; A vrai dire, ce roman ne brille ni par la qualité de son intrigue, simplissime, ni par la véracité des procédures policières. Pas de temps mort, un ryhtme affolant, visiblement, l'auteur n'a que faire des règles classiques du roman policier, et c'est finalement tant mieux. A la fois très noir et loufoque au possible, La reine des pommes, sous cette apparence bon enfant, est également un portrait bien sombre de la situation dans les ghettos américains à l'orée des années soixante. Misère extrême, saleté, chomage, violence, racisme, il ne fait pas bon vivre à Harlem ou dans le Bronx, et pourtant aucun noir ne voudrait vivre ailleurs. Tout du moins, pas au milieu des blancs. Un paradoxe qui fait également toute la richesse de l'oeuvre de Chester Himes, à égalité sans doute avec la philosophie dont nous gratifient les personnages hauts en couleur de ses romans.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-5761797293038949539?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/5761797293038949539/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=5761797293038949539' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/5761797293038949539'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/5761797293038949539'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2009/03/polar-de-harlem-la-reine-des-pommes-de.html' title='Polar de Harlem : La reine des pommes, de Chester Himes'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/ScS7ToH9pJI/AAAAAAAAB1c/2BsfackPy2I/s72-c/reinepomme.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-9126986472381880289</id><published>2009-03-21T09:54:00.003Z</published><updated>2010-06-18T12:07:24.878Z</updated><title type='text'>Polar romantique : Sylvia, de Howard Fast</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/ScS6PJtx92I/AAAAAAAAB1U/Wy44z2i2XoY/s1600-h/sylvia.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 127px; height: 200px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/ScS6PJtx92I/AAAAAAAAB1U/Wy44z2i2XoY/s200/sylvia.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5315578229672769378" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Ecrivain engagé, sympathisant communiste, ce qui lui valut d'être inscrit sur la liste noire du maccarthysme, Howard FAST a dressé à travers une quarantaine de romans un portrait très personnel de l'Amérique. Ses ouvrages sont en grande partie inspirés par son enfance new-yorkaise. Une enfance difficile, dans un milieu social plutôt défavorisé.  Un père qui ne travaille qu'épisodiquement, une mère décédée alors qu'il était encore très jeune, dès l'âge de onze ans FAST doit travailler pour subvenir avec l'aide de son frère aux besoins de la famille. Mais en dépit de ces difficultés, il parvient à fréquenter l'école et se prend de passion pour l'écriture. En 1932, il réussit à vendre une nouvelle au magazine « Amazing stories » pour la somme de 25 dollars. C'est décidé, il deviendra écrivain. Il se spécialise dans le roman historique et obtient un certain succès, avant que sa carrière ne soit stoppée net par son engagement politique. Entré en 1943 au parti communiste, ses ennuis commencent lorsqu'il entre dans le collimateur du comité MacCarthy, on lui demande alors de dénoncer les sympathisants communistes. Il refuse et écope de trois mois de prison. A sa sortie, plus aucun éditeur ne veut publier ses textes. Il publie « Spartacus » à compte d'auteur (qui sera ensuite adapté à l'écran par Kubrick), puis se lance dans le polar et utilisant des pseudonymes. Sylvia fait partie d'une série de treize romans publiés sous le nom d'E.V. Cunningham, dont douze portent le nom du personnage féminin principal de l'histoire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Alan Macklin, détective privé désargenté, est engagé par un riche homme d'affaire californien afin d'enquêter sur le passé d'une jeune femme qu'il souhaite épouser. Cette dernière semble s'être construit une histoire personnelle assez éloignée de la vérité, qui laisse supposer qu'elle a quelque chose à cacher ? Macklin ne sait rien de Sylvia West, ou si peu, d'ailleurs s'agit-il de son véritable nom ? Muni d'un seul indice, un recueil de poésie que la jeune femme a publié à compte d'auteur, et d'un gros paquet de dollars destiné à payer ses frais et à arroser flics, indics et de manière générale toute personne qui pourra faire progresser l'enquête, Alan Macklin remonte la piste qui le conduira à découvrir le triste passé de Sylvia West. De Los Angeles à Pittsburgh, en passant par El Paso et New York, l'enquêteur met à nu la vie de la jeune femme, il découvre ses blessures, ses peurs et ses angoisses et, sans jamais avoir rencontré une seule fois Sylvia, il tombe amoureux.  Mais Macklin est-il amoureux de Sylvia West ou bien de l'image qu'il s'est contruite d'elle au fil de son enquête ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Sylvia est souvent considéré comme le roman le plus réussi d'Howard Fast, on ne saurait contredire les spécialistes du roman policier tant il est vrai que l'auteur a réussi à s'éloigner des canons du genre (pas de meurtre, pas de fusillade, pas de course poursuite), tout en rattachant son roman à la grande tradition du polar américain à la Dashiell Hammett. Macklin se défend sans cesse d'être un détective privé classique, mais il en a pourtant tous les attributs. Intelligent et cultivé, il porte un regard noir et cynique sur le monde qui l'entoure, à la manière d'un Philip Marlowe ou d'un Sam Spade, ce dur à cuir est au fond un idéaliste désabusé auquel la vie n'a réservé que des crasses. En reconstruisant le passé de Sylvia West, Macklin découvre un être avec qui la vie a été encore moins tendre et c'est assez logiquement qu'il en tombe amoureux. &lt;br /&gt; L'écriture de Fast n'est pas en reste, assez éloignée de ses pairs qui pratiquaient abondamment l'écriture behavioriste, où les personnages se révélaient à travers leurs actions, elle laisse davantage place à l'introspection et à la réflexion de Macklin, qui apparaît comme un personnage complexe, intelligent, sensible et extrêmement lucide, notamment vis à vis de son métier. Le style quant à lui, irréprochable, bénéficie d'une assez bonne traduction. &lt;br /&gt; Un très beau roman, terriblement efficace, qui résonne durablement  dans l'esprit du lecteur une fois la dernière page tournée.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-9126986472381880289?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/9126986472381880289/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=9126986472381880289' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/9126986472381880289'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/9126986472381880289'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2009/03/polar-romantique-sylvia-de-howard-fast.html' title='Polar romantique : Sylvia, de Howard Fast'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/ScS6PJtx92I/AAAAAAAAB1U/Wy44z2i2XoY/s72-c/sylvia.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-6470402702986703681</id><published>2009-03-14T10:41:00.002Z</published><updated>2009-03-21T10:13:57.299Z</updated><title type='text'>Tchernobyl, confessions d'un reporter, d'Igor Kostine</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/SbuJ1YEpk5I/AAAAAAAAB0U/PEX78Yj9sPc/s1600-h/kostine.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 140px; height: 197px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/SbuJ1YEpk5I/AAAAAAAAB0U/PEX78Yj9sPc/s200/kostine.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5312991735501656978" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Comment rendre compte de l'horreur d'une catastrophe comme Tchernobyl, d'un mal invisible appelé radioactivité, qui ravage un territoire vaste comme un département français (et bien au-delà encore) en l'espace de quelques secondes sans que la moindre feuille ait tremblé ? En rapportant les témoignages des survivants de ce que l'on peut appeler un cataclysme thermo-nucléaire, Svetlana Alexievitch nous avait déjà confronté à l'horreur, à la maladie et à la mort, mais surtout à l'indifférence d'un système qui préférait le silence à la vérité. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Surnommé « l'homme légendaire » par le Washington Post, Igor Kostine fut l'un des témoins privilégiés de la catastrophe. Le 26 avril 1986, quelques heures seulement après l'explosion du réacteur, le reporter-photographe de l'agence Novosti se rend en hélicoptère sur les lieux du drame ; muni de son appareil photo, il mitraille la centrale éventrée sans réaliser immédiatement l'importance du danger. Au dessus du chaos, Kostine perçoit la chaleur affolante du réacteur en fusion, son appareil se grippe, des bouffées de radioactivité l'assaillent, Kostine a de plus en plus de difficultés à respirer et à avaler sa salive. Rapidement l'hélicoptère fait demi-tour et retourne à Kiev. Kostine fonce dans son labo pour réaliser que les vingt malheureux clichés qu'il a pu prendre ont été intégralement noircis par la radioactivité. Sans qu'il ait encore compris l'étendue du danger, Kostine vient déjà d'être gravement irradié. Seul un cliché, de mauvaise qualité, est sauvé ; il fera le tour du monde car il s'agit de la seule photographie au monde datant du jour même de la catastrophe.  Pendant ce temps, l'information se propage à l'étranger grâce aux images prises par un satellite espion américain, alors même que les gens sur place ne savent toujours pas ce qu'il s'est réellement produit. Gorbatchev comprend alors qu'il ne peut cacher plus longtemps l'accident. Cinq médias russes reçoivent alors des accréditations pour se rendre sur les lieux, dont l'agence de presse Novosti dont fait partie Igor Kostine. Ce n'est que trois jours plus tard que La Pravda révèle enfin qu'un « incident » a eu lieu à Tchernobyl, sans publier une seule photo. Ni le gouvernement ni les scientifiques n'expliquent qu'il sagit d'un accident nucléaire majeur, nul ne s'étend sur l'ampleur de la catastrophe, sur les morts et les blessés, sur les doses massives de radioactivité libérées dans l'atmosphère. C'est le blackout médiatique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Kostine, lui, décide de rester sur place pour témoigner de l'incroyable sacrifice de ses compatriotes. Des centaines de milliers d'hommes et de femmes choisissent (selon la version officielle) de sacrifier leur vie pour arrêter la réaction de fusion du réacteur, déblayer les décombres de l'explosion, décontaminer au plus vite les lieux et construire un sarcophage de béton. Les pilotes chargés de larguer les sacs de sable au-dessus du réacteurs ont des malaises en plein vol, les protections sont ridicules (des hommes transportent à mains nues des blocs radioactifs) et la moindre tâche est interrompue au bout de quelques minutes en raison des radiations. Kostine se lie rapidement d'amitié avec ceux que l'histoire retiendra sous le nom de « liquidateurs », son témoignage, au plus près de ces hommes et de ces femmes, révèle l'ampleur de leur sacrifice et les moyens dérisoires dont ils disposaient. Sans le travail des 800 000 liquidateurs qui se sont succédés, l'ampleur et les conséquences de la catastrophe auraient été bien pires, en Ukraine et en Biélorussie, mais également dans le reste de l'Europe, dont la moitié de la population aurait dû être déplacée et dont la moitié de sa superficie n'aurait plus été cultivable. Jour après jour,  Kostine photographie, jetant des kilos de pellicules rendues hors d'usage par les radiations, usant trois appareils photo Nikon et accessoirement sa santé. Mais le travail d'Igor Kostine ne se limite pas au travail des liquidateurs, aussi important soit-il, il témoigne également de la détresse des populations locales durant les vingt années qui ont suivi la catastrophe. L'évacuation des villes et des villages, l'exode forcé, les cimetières de machines poubelles nucléaires à ciel ouvert, les jardins et les vergers contaminés, la mort, la maladie, le désespoir, mais aussi le courage de ces populations confrontées à un mal insidieux, un danger que l'on ne peut voir mais qui détruit de l'intérieur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; La photographie de Kostine, alternant aléatoirement couleur et noir et blanc, dépasse le simple pouvoir de l'imagination. Il faut voir pour croire, car le texte, aussi puissant soit-il ne peut révéler certaines horreurs et certaines horreurs ne peuvent être révélées que par la légende qui accompagne la photographie. Comme ce paysage idyllique où poussent les coquelicots et les pissenlits sous un ciel bleu azur, un paysage bucolique vers lequel on aimerait s'élancer mais au milieu duquel trône un panneau frappé du signe de l'atome. Une scène allégorique, qui nous rappelle une triste réalité, mais qui recèle aussi un peu d'espoir.&lt;br /&gt; Aujourd'hui, Igor Kostine est toujours en vie.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-6470402702986703681?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/6470402702986703681/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=6470402702986703681' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/6470402702986703681'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/6470402702986703681'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2009/03/tchernobyl-confessions-dun-reporter.html' title='Tchernobyl, confessions d&apos;un reporter, d&apos;Igor Kostine'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/SbuJ1YEpk5I/AAAAAAAAB0U/PEX78Yj9sPc/s72-c/kostine.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-4925798151194211860</id><published>2009-03-14T10:37:00.001Z</published><updated>2009-03-14T10:39:18.862Z</updated><title type='text'>1275 âmes, de Jim Thompson : chef d'oeuvre absolu du polar américain</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/SbuJNxZXkcI/AAAAAAAAB0M/hbQPRoVo_sE/s1600-h/1275.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 128px; height: 200px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/SbuJNxZXkcI/AAAAAAAAB0M/hbQPRoVo_sE/s200/1275.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5312991055104676290" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Nick Corey est le shérif pas très net du petit comté de Pots, le garant de l'ordre et de la loi parmi une population qui manque singulièrement de classe. Entre d'indécrotables ploucs au quotien intellectuel plus proche d'une moule que de l'être humain moyen et de gentils notables pas très dégourdis mais pleins de bonne volonté, on peut dire que le shérif Corey est bien entouré. Mais ce serait oublier qu'il est marié à une femme acariâtre et flanqué d'un beau-frère à moitié décérébré dont l'occupation principale consiste à épier sous les fenêtres des jolies dames la nuit venue. Heureusement notre shérif sait prendre du bon temps et mène une relation épuisante avec une maîtresse qui sait tirer le meilleur de lui même, c'est à dire pas grand chose. Persuadé, à juste titre, que ses concitoyens seraient bien embêtés s'il se mettait subitement à faire respecter la loi, le shérif Corey organise ses journées en bon partisan du moindre effort : sieste, repas pantagruelliques, petit tour de la ville avec force poignées de main, visite des commerçants, ... Mais fatigué d'être entouré par un ramassis d'ivrognes et de salopards en tous genres, Nick a décidé de prendre les choses en main, c'est-y qu'il n'est pas bien intelligent notre shérif, mais il sait pourtant bien s'y prendre pour tourner les choses à son avantage. Ce n'est pas tant qu'il soit foncièrment honnête, oh non, il touche gentiment quelques pots de vin, graise la patte quand il le faut. Non ! Ce qui le préoccupe se sont les prochaines élections, qu'il pourrait bien perdre, et avec, sa paye confortable et son logement de fonction au-dessus du tribunal. Alors le shérif Corey met la machine en marche. Il commence par se débarrasser de deux maquereaux qui témoignaient fort peu de respect pour ses fonctions et n'étaient guère plus impressionnés par son uniforme et sa pétoire, élimine d'un bon coup de fusil le mari de sa maîtresse devenu gênant et songe sérieusement à se débarrasser de sa femme et de cet imbécile qui lui fait office de beau-frère. Toute l'habileté de Nick réside dans sa capacité à réaliser ses plans sans que le moindre soupçon ne vienne l'éclabousser, et pour faire porter le chapeau à d'autres il sait y faire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Quelque part à mi-chemin entre Fantasia chez les ploucs et Shérif fais moi peur ! (ben oui, on a les références qu'on peut), Jim THOMPSON dresse le portrait sans concession de l'Amérique profonde des années vingt. Un portrait un vitriol dont les personnages, bruts de décoffrage, sont passés à la moulinette d'un auteur qui aime en accentuer les traits jusqu'à l'exagération. Chez TOMPSON tout le monde est pourri, vendu, corrompu, incestueux, alcoolique ou bien encore volage, et le shérif Corey est bien le pire de tous. Le récit est habile et les situations, toutes plus rocambolesques les unes que les autres, sont à hurler de rire, ou de consternation. Meurtres en tous genres, règlements de compte, tromperie, menterie, mauvaise foi, les pires travers de l'homme (et accessoirement de la femme) sont égrainés un à un, jusqu'à la nausée. Le style est époustouflant et la narration de Jim THOMPSON est absolument magistrale ; à la première personne, elle nous met directement dans la peau de Nick, cet être que l'on prend d'abord pour un misérable plouc, mais dont l'esprit retors et finalement incroyablement subtil ne cesse de nous étonner. Nick est un salopard, certes, mais un salopard touché par le génie dans sa capacité étonnante à manipuler les esprits sans avoir l'air d'y toucher. Ses machinations tortueuses forcent l'admiration, en dépit de leur intolérable cruauté ; âmes sensibles s'abstenir.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-4925798151194211860?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/4925798151194211860/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=4925798151194211860' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/4925798151194211860'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/4925798151194211860'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2009/03/1275-ames-de-jim-thompson-chef-doeuvre.html' title='1275 âmes, de Jim Thompson : chef d&apos;oeuvre absolu du polar américain'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/SbuJNxZXkcI/AAAAAAAAB0M/hbQPRoVo_sE/s72-c/1275.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-5802421021034539065</id><published>2009-03-14T10:30:00.001Z</published><updated>2009-03-14T10:35:56.836Z</updated><title type='text'>Polar Redneck : Fantasia chez les ploucs, de Charles Williams</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/SbuHan3WxwI/AAAAAAAAB0E/0YbXG4Hppq0/s1600-h/fantasia.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 119px; height: 200px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/SbuHan3WxwI/AAAAAAAAB0E/0YbXG4Hppq0/s200/fantasia.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5312989076861142786" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Billy, sept ans, parcourt depuis qu'il sait poser un pied devant l'autre  les champs de course de l'Est des Etats-Unis en compagnie de son père, bookmaker de son état. Billy et son père ne sont pas bien riches, c'est tout juste s'ils ramènent suffisamment d'oseille pour tenir jusqu'à la prochaine course. Jusqu'au jour où les bonnes oeuvres cherchent à séparer Billy de son père (qu'il appelle Pop) afin de le placer dans un foyer ; il est bien connu qu'une vie aussi dissolue n'est pas faite pour les enfants. Pop pousserait bien sa vieille guimbarde jusque sur la côte Ouest, mais le portefeuille persiste à demeurer aussi plat qu'un ballon de baudruche dégonflé. Alors c'est dans le ferme de l'oncle Sagamore, perdue quelque part du côté du Kentucky, qu'ils feront halte pour se mettre au vert assez longtemps pour se faire oublier des autorités compétentes. Billy n'a jamais rencontré l'oncle Sagamore, mais l'idée de passer un moment à la ferme n'est pas pour lui déplaire, reste que Sagamore Noonan est un sacré lascar. Tout ce qui peut prêter à un trafic quelconque, Sagamore s'y intéresse, même si la contrebande de tord-boyaux est un peu sa spécialité. Evidemment, l'oncle Sagamore est aussi la bête noire du Shérif local, qui tente depuis des années, sans aucun succès, de coincer ce bon Dieu de malheur de fermier. Alors lorsque deux Noonan se retrouvent, vous imaginez bien que les ennuis de la police locale ne sont pas près de s'arranger. Et comme si tout cela ne suffisait pas, voilà qu'un caïd de la pègre pointe le bout de son nez, en compagnie d'une charmante demoiselle (effeuilleuse de profession) recherchée à la fois par les gros bonnets de la mafia et par la justice, pour une sombre histoire de procès. Evidemment, tout ce beau monde se retrouve chez ce bon Sagamore Noonan, dans ce qui s'annonce comme la pétaudière la plus infernale de tout l'Est des Etats-Unis.&lt;br /&gt; Fantasia chez les ploucs est un OLNI (Objet Littéraire Non Identifié), mélange habile de polar et de roman agraire mâtiné d'une bonne dose d'humour, auquel on a du mal à trouver un équivalent. Evidemment on pense à 1275 âmes de Jim Thompson, en moins cruel, ou bien encore à Jusqu'à plus soif de Jean Amila (qui s'inspire d'ailleurs en grande partie de Fantasia chez les ploucs). Tout le génie de Charles Williams est d'avoir adopté le point de vue d'un enfant de sept ans ; un gentil garçon qui assiste tout ébahi, et avec la candeur que l'on attend d'un enfant de cet âge, aux machinations alambiquées (c'est le cas de le dire) des adultes. Billy est entraîné dans une affaire de contrebande le plus naturellement du monde, contribue à ridiculiser la police locale en toute bonne volonté, se lie d'amitié avec une stripteaseuse qu'il trouve en tout bien tout honneur « vraiment très jolie », joue à la chasse au lapin avec des gangsters équipés de mitraillettes et accessoirement se rend utile dès qu'il le peut. Billy est un garçon honnête et plein de bonne volonté, un peu le contraire de son oncle Sagamore, qu'il trouve cependant tout à fait sympathique. Immoral et pourtant irrésistiblement drôle (la roublardise de Sagamore Noonan vaut quand même son pesant de cacahouètes, un véritable génie dans son domaine),  Fantasia chez les ploucs est un véritable plaisir de lecture grâce à l'écriture et à la finesse d'esprit de son auteur ; les mots, le phrasé sont très accessibles, et pour causes ils sont ceux d'un enfant de sept ans. Evidemment, toute la saveur du roman vient également du décalage permanent entre l'action décrite et les commentaires du narrateur. L'enfant ne distingue pas grand chose de la formidable roublardise de son oncle et de son père, des plans machiavéliques qu'ils élaborent en permancence pour rouler le shérif du comté et ses adjoints. S'il sait par ailleurs apprécier la beauté de Miss Harrington (alias Caroline Tchou Tchou), il n'en perçoit en aucune manière la sensualité explosive, qui affole en permanence les compteurs des mâles environnants. Alors que Jim Thompson dressait un portrait au vitriol du redneck moyen, amusant certes mais surtout grinçant, Charles Williams ne s'écarte pratiquement jamais du registre comique et de la farce bon enfant. Bref, savourez ce petit bijou d'humour noir, mais prenez garde tout de même aux crampes d'estomac.&lt;br /&gt;A noter que ce roman a été adapté au cinéma par Gérard Pirès au début des années 1970, un film dans lequel on retrouve l'excellentissime Jean Yanne, mais également Lino Ventura. Une adaptation qui semble réussie, mais dans laquelle on perd cependant une certaine innocence.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-5802421021034539065?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/5802421021034539065/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=5802421021034539065' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/5802421021034539065'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/5802421021034539065'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2009/03/billy-sept-ans-parcourt-depuis-quil.html' title='Polar Redneck : Fantasia chez les ploucs, de Charles Williams'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/SbuHan3WxwI/AAAAAAAAB0E/0YbXG4Hppq0/s72-c/fantasia.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-5263421477871125955</id><published>2009-03-14T10:22:00.002Z</published><updated>2009-03-14T10:26:21.591Z</updated><title type='text'>La chute de la CIA, de Robert Baer</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/SbuGROv-pLI/AAAAAAAABz8/1Ec-2OJW-sk/s1600-h/cia.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 113px; height: 200px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/SbuGROv-pLI/AAAAAAAABz8/1Ec-2OJW-sk/s200/cia.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5312987815988864178" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Pendant un quart de siècle Robert BAER a travaillé pour la CIA en tant qu'officier à la direction des opérations (DO), c'est à dire la division de la CIA qui officie sur le terrain, l'autre branche de la CIA étant la direction du renseignement (DR : regroupe les analystes et autres spécialistes de géopolitique officiant dans les bureaux). En d'autres termes et pour rattacher cet excellent livre à l'univers plus folklorique de la littérature et du cinéma, Robert BAER est un agent secret, un espion, l'alter-ego de James Bond. Au risque d'en décevoir plus d'un, il convient cependant, afin de partir sur de bonnes bases, d'oublier toute imagerie d'Epinal et autres clichés de pacotille. Le monde du renseignement n'a pas grand chose à voir avec James Bond, ni même avec Jason Bourne, ne vous attendez pas à des exploits de la part de Robert BAER, il n'est ni une tête brûlée ni un super-soldat équipé des derniers gadgets de la CIA. Evidemment, à l'occasion il peut utiliser quelques bricoles high-tech, mais en général son seul artifice est un téléphone satellitaire ; avouez que tout ceci paraît soudain moins romanesque. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Les mémoires de Robert BAER ont également inspiré le film Syriana, qui se contente pourtant d'en capter la philosophie et la quintescence et non le fil narratif, il paraît en effet difficile résumer en deux heures 25 ans d'une carrière riche en événements et d'une très grande complexité géopolitique. De l'Irangate à Oussama Ben Laden, en passant par la chute de l'URSS et la guerre du golfe, la carrière de Robert BAER est marquée par son engagement et sa lutte contre les réseaux terroristes issus de l'Islam radical. Un engagement, oui, car BAER est issu de l'ancienne école, celle des barbouzes de l'OSS, celle des adeptes du contact sur le terrain, de la prise de risque et de l'affrontement nécessaire. Face à lui, le terrorisme islamiste et..... la bureaucratie américaine. Car l'administration fédérale n'est pas le moindre des adversaires et louvoyer dans les méandres de Washington relève du parcours du combattant. Politiciens verreux et fonctionnaires carriéristes infestent les couloirs de la Maison blanche et du Congrès, sans compter les pressions en tous genres, court-circuitages de dernière minute et autres actions de lobbying liées à des intérêts économiques. Pendant que les technocrates bataillent pour le pouvoir à Washington et que les pôts de vin fleurissent sous les tables des restaurants chics de la capitale, les officiers de la CIA tentent de faire leur boulot sur le terrain, collectent des renseignements capitaux pour la sécurité nationale, nouent des contacts avec des agents étrangers et tentent tant bien que mal de déjouer les plans d'une mosaïque terroriste aussi complexe que floue.  L'incompréhension de BAER face aux décisions prises par l'administration américaine est d'autant plus facile à comprendre qu'elle n'est souvent dictée que par le politiquement correct, la diplomatie molle ou pire, des intérêts purement mercantiles. En se reposant, dans le domaine du renseignement,  non plus sur le facteur humain (les agents sur le terrain, les officiers de liaison, les analystes), mais sur une batterie de technologies high tech (satellites espions, réseaux de surveillance des télécommunications), Washington fonce droit dans le mur, négligeant ou sous-estimant des données bien réelles, solides et fiables. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La fin du livre est d'ailleurs à ce titre la plus édifiante. A la suite d'une opération avortée en Irak, Robert BAER est rappatrié en urgence aux Etats-Unis, définitivement grillé auprès de l'administration puisque catalogué comme dangereux fouteur de merde,il est nommé à la tête du service en charge du Proche Orient. Un travail administratif qu'il prend pourtant à coeur puisqu'il consiste à coordonner l'action des agents sur le terrain. Très à l'aise sur le théâtre des opérations, BAER apprend également à l'être sur l'échiquer politique afin d'éviter les pièges et autres chausse-trappe de Washington. Ce qui ne l'empêche pas de se heurter à un mur. Ses alertes concernant différents mouvements islamistes, entre autres celui d'Oussama Ben Laden, restent lettre morte, même lorsque les connexions les plus inquiétantes sont mises à jour (notamment lorsque certaines organisations de façade laissent entrevoir les liens de plusieurs groupes terroristes avec les autorités iraniennes). Les intérêts financiers semblent prévaloir sur la sécurité nationale et le lobby du pétrole est bien plus puissant qu'un simple cadre de la CIA. L'organisation est d'ailleurs sur le point d'être démantelée au milieu des années 90, sous les coups de boutoirs du FBI (pendant des dizaines d'années, J. Edgar Hoover a souhaité s'accaparer les prérogatives de la CIA, notamment en matière de contre-espionnage) et du NSC (National Security Council). Les anciens cadres de la CIA sont remerciés pour être remplacés par des technocrates sans expérience et sans culture du renseignement, la chasse aux sorcières comme au bon vieux temps du maccarthysme est lancée. Sur le terrain on envoie d'anciennes secrétaires ou des bureaucrates sans aucune formation, de toute façon leur rôle consiste non pas à recruter des contacts et à collecter des infos, mais se borne aux relations publiques ; ces hommes représentent la CIA à l'étranger, ni plus ni moins. Au siège de la CIA plus personne n'est capable de parler le Farsi et ne parlons pas des dialectes plus exotiques, pour lesquels l'agence n'arrive même plus à recruter de traducteur. La CIA est progressivement vidée de sa substance, son rôle s'estompe au profit d'autres agences gouvernementales, dont les objectifs ne sont pas toujours similaires, ni toujours très clairs. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Il ne s'agit pas de faire de l'angélisme  et de chanter une ode à la gloire de la CIA, mais la thèse de BAER est tout à fait défendable dans le sens où cette gabegie a été à l'origine de l'aveuglement des autorités américaines face au terrorisme. Confortée dans son sentiment de toute puissance et sûre de sa suprématie technologique, l'Amérique a négligé l'essentiel, ignorant des signaux d'alerte évidents pendant que l'adversaire fourbissait ses armes dans l'ombre. &lt;br /&gt; Extrêmement intéressant, fiable, le témoignage de Robert BAER est précieux et passionnant ; un outil utile à la compréhension des enjeux stratégiques de ces vingt dernières années en matière de géopolitique du Proche-Orient. Les amateurs de révélations fracassantes et d'action débridée en seront pour leurs frais, même si l'on apprend un certain nombre d'anecdotes assez savoureuses au cours du récit. De même que les espions en herbe seront dépités de constater finalement la banalité relative du métier d'agent secret, un travail qui relève d'avantage de l'enquêteur méthodique que du soldat de choc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Robert BAER a démissionné de la CIA en 1997.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-5263421477871125955?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/5263421477871125955/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=5263421477871125955' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/5263421477871125955'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/5263421477871125955'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2009/03/la-chute-de-la-cia-de-robert-baer.html' title='La chute de la CIA, de Robert Baer'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/SbuGROv-pLI/AAAAAAAABz8/1Ec-2OJW-sk/s72-c/cia.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-1610501847822602174</id><published>2009-03-14T10:12:00.002Z</published><updated>2009-03-14T10:21:52.393Z</updated><title type='text'>La bête contre les murs, d'Edward Bunker</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/SbuFLIu4KFI/AAAAAAAABzs/dZhnolWsnw0/s1600-h/bunker.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 130px; height: 200px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/SbuFLIu4KFI/AAAAAAAABzs/dZhnolWsnw0/s200/bunker.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5312986611782789202" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Edward Bunker (décédé en 2005)  a passé dix-huit années de sa vie en prison, et pas dans des établissements des plus faciles. Enfance difficile, adolescence rebelle qui le conduit directement en prison, sans passer par la case départ, mais plutôt par la case maison de correction, et sans toucher 20 000 francs, Bunker connaître le crime et la justice le lui rend bien en ne lui faisant aucun cadeau. C'est notamment à San Quentin (prison réputée la plus difficile des USA), dont il fut le plus jeune prisonnier, que Bunker découvre la littérature, il dévore tout d'abord tout ce qui se présente à lui, puis devient de plus en plus sélectif pour s'intéresser aux plus grandes oeuvres de la littérature américaine et étrangère. Mais c'est à travers l'écriture qu'il connaît véritablement la rédemption, il rédige lors de ce premier séjour à San Quentin ses premières nouvelles sans trouver d'éditeur. Sorti de prison, il viole sa conditionnelle pour plusieurs délits (extorsion de fonds, faux chèques, cambriolages, ....) et se retrouve à nouveau derrière les barreaux, cette fois-ci pour 14 ans. Il continue d'écrire, toujours des nouvelles, mais également quatre romans. Bunker vend son sang pour récupérer un peu d'argent et envoyer ses manuscrits à différents éditeurs, en vain. A 34 ans il sort de prison, et replonge quelques mois plus tard, faute de perspectives de réinsertion. Cette fois-ci, c'est dans la prison de Marrion (Illinois) qu'il atterrit, autre lieu de perdition célèbre pour sa violence quotidienne. C'est là qu'il rédige le premier roman à trouver un éditeur en 1973 (Aucune bête aussi féroce), ainsi que des articles sur les conditions carcérales dans les prisons américaines. Libéré en 1975, sa notoriété commence à augmenter, notamment grâce à l'adaptation cinématographique de son premier roman. Bunker publie trois autres romans, avant ensuite de se tourner vers Hollywood. Il écrit quelques scénarios puis obtient des petits rôles (notamment Mister Blue dans "Reservoir Dog"). Le succès de ses oeuvres en Europe, puis l'adaptation cinématographique d'un autre de ses romans, La bête contre les murs (sous le titre Animal Factory), relança sa carrière au cours de ces dernières années.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; La bête contre les murs n'est pas une autobiographie, mais le roman comporte une grande part de vécu. On sent que tout y est authentique, la violence, certes, mais aussi l'humanité/inhumanité de ces hommes que l'on enferme parfois à vie et pour lesquels il n'existe à peu près aucune perspective de réinsertion. Lorsqu'un homme entre à San Quentin, il est marqué à vie et il ne peut en ressortir qu'une bête. L'histoire de ce roman a le mérite d'être simple : Ron Decker, 25 ans, est incarcéré à San Quentin pour trafic de drogue. Dans la cour de la prison, le jeune homme se fait rapidement remarquer pour son physique plutôt avenant et sa jeunesse, qui en font un cible de premier choix pour des prisonniers en quête de chair fraîche. L'avenir de Ron apparaît plutôt obscur, jusqu'au jour où Earl, vieux taulard influent en membre de la fraternité blanche, se prend d'amitié pour lui et décide de le prendre sous son aile. Le roman est étonnant à plus d'un titre car il dresse à la fois un portrait sans concession du milieu carcéral américain (administration verreuse, réinsertion inexistante, violence extrême des prisons américaines, corruption des gardiens, trafics en tous genres, racisme et guerres interraciales....) tout en racontant l'histoire d'une amitié forte entre deux hommes, qui révèlent progressivement la complexité de leur personnalité, leur intelligence et leur sensibilité, mais également toute la fureur de leur violence. Aucun manichéisme, aucun faux-semblants, tout est brut, tout est vrai dans cette description d'un monde à la fois effrayant et fascinant. La prison est une micro-société qui a ses règles, ses tabous, ses légendes, la justice et le droit n'y ont pas cours. C'est une jungle dans laquelle il faut se montrer le plus fort, où être isolé est signe de mort, et pourtant il est parfois possible d'y trouver une parcelle d'humanité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bref, un roman pas forcément à conseiller aux âmes sensibles, mais d'une force et d'un souffle incroyables.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-1610501847822602174?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/1610501847822602174/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=1610501847822602174' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/1610501847822602174'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/1610501847822602174'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2009/03/la-bete-contre-les-murs-dedward-bunker.html' title='La bête contre les murs, d&apos;Edward Bunker'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/SbuFLIu4KFI/AAAAAAAABzs/dZhnolWsnw0/s72-c/bunker.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-3463472129661649760</id><published>2009-03-14T10:06:00.003Z</published><updated>2009-03-14T10:10:08.608Z</updated><title type='text'>Cap sur la gloire, d'Alexander Kent</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/SbuCSEOttwI/AAAAAAAABzk/d43IyGYUjPY/s1600-h/capgloire.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 135px; height: 200px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/SbuCSEOttwI/AAAAAAAABzk/d43IyGYUjPY/s200/capgloire.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5312983432298346242" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Alexander KENT ou l'héritier annoncé de C.S. FORESTER&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Au commencement furent Falkner, Defoe et Stevenson, puis vint C.S Forester et son inoubliable captitaine Horatio Hornblower, immortalisé au cours des années cinquante par Hollywood. Durant quelques années, le roman d'aventure maritime britannique chercha un successeur à Forester, sans trouver hélas chaussure à son pied. C'est alors qu'apparut Alexander Kent (né Douglas Reeman), ancien officier de la navy et modeste écrivain, qui, après une carrière en dent de scie, publia en 1968 le premier d'une longue série de romans décrivant les aventures du capitaine Richard Bolitho. Le roman d'aventure maritime avait à nouveau trouvé son maître (n'oublions pas tout de même l'Irlandais Patrick O'Brien). A ce jour, plus de 36 romans, traduits en quatorze langues, ont été publiés au Royaume Uni ; en France, la publication est encore en cours, à raison d'un volume par an. La série est disponible chez Phebus, dont une bonne partie dans la collection Libretto, vendue à un tarif très abordable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Capitaine de sa majesté&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Les aventures du capitaine Bolitho peuvent se lire dans un ordre parfaitement aléatoire, Cap sur la gloire fut le premier volume à paraître au Royaume Uni, mais les inconditionnels de l'ordre chronologique peuvent entamer leur lecture par A rude école, dans lequel Richard Bolitho n'est encore qu'aspirant de marine.&lt;br /&gt; L'action des romans de Kent se situe à une époque charnière de l'histoire, fin XVIIIème début XIXème ; l'Europe est en pleine crise politique et les alliances se nouent et se dénouent au rythme des batailles et des coups de force. C'est également à cette période que la marine à voile connaît son apogée, notamment en Angleterre, qui, grâce à sa puissante marine de guerre domine les mers et les océans du monde entier. La France ou l'Espagne ne peuvent guère lui opposer qu'une résistance de principe. Vaisseau emblématique de la Royal Navy, la frégate de 74 canons, navire rapide, maniable et suffisamment puissant pour soutenir un combat naval d'envergure, fut probablement à l'origine des nombreuses victoires anglaises. C'est sur ce type de bateau que nous invite à voyager Alexander KENT.&lt;br /&gt; Janvier 1782, le capitaine Richard Bolitho reçoit l'ordre de prendre le commandement de la Phalarope et de conduire le bâtiment dans les Caraïbes, où la flotte française de l'amiral De Grasse  prête main-forte aux navires américains, alors en pleine guerre d'indépendance contre la couronne britannique. Mais l'honneur est à double tranchant, si l'amirauté fait confiance au jeune capitaine pour rétablir l'ordre sur un navire qui à frôlé la mutinerie, elle s'hésitera pas à le sanctionner si sa mission échoue. L'équipage de la Phalarope, mené avec cruauté par le précédent commandant, est au bord de la crise de nerf, et Bolitho aura pour première tâche de rétablir un semblant de discipline tout en gagnant la confiance et le respect de ses hommes. Un objectif d'autant plus difficile à atteindre que le vice-amiral de la flotte lui confie quelques gredins de la pire espèce pour compléter son équipage.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Branle-bas de combat&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; De l'action, les romans d'Alexander KENT n'en manquent pas et les combats navals sont décris avec une minutie et un souci du détail qui forcent le respect. Le tout manié dans une langue qui surprend par la maîtrise de son vocabulaire, mais qui n'exclue pas toutefois des passages d'un lyrisme saisissant. Seul bémol, les néophytes de la marine à voile risquent de passer de longs moments plongés dans leur dictionnaire, car les termes techniques sont légion et nécessitent parfois  quelques explications. Mais une fois intégré le vocabulaire maritime de base, la lecture devient un véritable plaisir. Néanmoins tout ceci pourrait devenir rébarbatif si l'auteur n'avait un talent certain pour nous proposer des personnages d'une étonnante profondeur psychologique, du simple matelot à l'officier en second, KENT prend le temps de construire ses personnages, de leur donner un vécu, des sentiments, ... en un mot, une histoire. Le tout donne un aperçu très vivant de l'ambiance et de la vie à bord de ces formidables forteresses des mers, que nombre de marins considéraient avant tout comme des prisons d'eau et de bois. Entre la mort par noyade et la mitraille de l'adversaire, les perspectives de carrière étaient en effet limitées pour ces hommes souvent enrôlés de force et l'espoir de revoir la terre ferme était finalement bien mince.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-3463472129661649760?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/3463472129661649760/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=3463472129661649760' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/3463472129661649760'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/3463472129661649760'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2009/03/cap-sur-la-gloire-dalexander-kent.html' title='Cap sur la gloire, d&apos;Alexander Kent'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/SbuCSEOttwI/AAAAAAAABzk/d43IyGYUjPY/s72-c/capgloire.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-1424897172273490302</id><published>2009-03-14T10:01:00.002Z</published><updated>2009-03-14T10:02:00.278Z</updated><title type='text'>Le blues : voyage à la source</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/SbuAhE0RNZI/AAAAAAAABzc/f_j-9OE2ZDM/s1600-h/blues.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 140px; height: 141px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/SbuAhE0RNZI/AAAAAAAABzc/f_j-9OE2ZDM/s200/blues.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5312981491130643858" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors que le blues est probablement la musique la plus importante du XXème siècle, titre que lui dispute souvent le jazz, mais qu'il serait stupide de vouloir opposer, cette musique a comparativement peu inspiré les écrivains. Ce qui explique sans doute que la littérature sur le sujet soit assez peu abondante. Certes, l'indispensable Gérard Herzhaft a grandement contribué à combler le vide, notamment grâce à sa fameuse Grande encyclopédie du blues, que tout amateur de blues qui se respecte se doit de posséder, mais force est de constater qu'en dehors des inestimables contributions léguées nos amis anglo-saxons, il n'y a guère de quoi se mettre sous la dent. Aussi, lorsque les éditions Naïve proposent une traduction française d'un ouvrage américain destiné à accompagner la série de documentaires produite par Martin Scorsese, on ne fait guère la fine bouche, même si l'on tique un tantinet face à la démarche commerciale de l'éditeur. Ces précautions prises, on aurait tort tout de même de se priver d'un tel ouvrage, d'une part parce que si Scorsese est mis en avant, il n'est en aucun cas responsable de la publication de ce livre, dirigé par Peter Guralnick, Christopher John Farley et quelques spécialistes américains du blues, d'autre part parce que ce document propose un contre-point  et un complément fort intéressants (oserais-je dire plus intéressant) aux films produits par Scorsese.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; L'ouvrage est organisé de manière assez simple. Une première partie, plutôt bien faite, est consacrée à l'histoire du blues, de ses racines jusqu'à ses influences les plus récentes sur la musique moderne. Les auteurs consacrent à cette synthèse une soixantaine de pages, esquissant un portrait assez juste et dans lequel tout amateur de blues se retrouvera. Evidemment, le tout reste un peu léger et pour aller en profondeur, il faudra probablement se tourner vers des ouvrages plus spécialisés. Autre regret, les trente dernières années de l'histoire du blues sont un peu trop rapidement esquissées, et l'on n'apprend à titre d'exemple quasiment rien sur le West Side Sound ou bien encore sur les rejetons modernes du blues. Passons, là n'est pas l'objet de ce livre. Chacun des sept  autres chapitres est consacré à un film et propose une courte introduction du réalisateur, ainsi qu'un certain nombre de documents (d'époque ou pas). C'est d'ailleurs là que réside la grande force de cet ouvrage, car il n'est en rien un making-off publicitaire et sans intérêt, mais un véritable complément, riche d'informations. C'est l'occasion de s'attarder sur un artiste trop rapidement évoqué dans un film ou bien encore de proposer quelques traductions indédites d'interviews. On y trouve également de nombreux témoignages, d'amis, de membres de la famille, d'autres artistes ayant cotoyé une grande figure du blues ; ainsi, l'ouvrage propose par exemple un extrait de « Me and Big Joe » de Mike Bloomfield publié en 1980 ou bien encore quelques anecdotes de Hubert Sumlin, ancien guitariste de Muddy Waters et d'Howlin Wolf. Le tout est richement illustré de photographies, pas toujours inédites, mais bien choisies.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Nous sommes donc en présence d'un ouvrage intéressant, bien documenté et très soigné, qui s'adressera aussi bien à ceux qui ont vu les films produits par Scorsese qu'aux autres, puisque la lecture de ce livre n'est en aucun cas conditionnée par les sept documentaires de la série. Il s'agit également d'un complément intéressant à La grande encyclopédie du blues, grâce à ses nombreux témoignages sur les artistes du genre. Ceux qui veulent aller encore plus loin risquent néanmoins de rester un peu sur leur faim, mais en moins de 300 pages le résultat est cependant plus que correct. A titre personnel, j'aurais bien aimé que chaque film soit accompagné d'un complément de 300 pages, mais quel éditeur aurait pris un tel risque commercial ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-1424897172273490302?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/1424897172273490302/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=1424897172273490302' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/1424897172273490302'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/1424897172273490302'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2009/03/le-blues-voyage-la-source.html' title='Le blues : voyage à la source'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/SbuAhE0RNZI/AAAAAAAABzc/f_j-9OE2ZDM/s72-c/blues.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-575329851969124246</id><published>2009-03-14T09:55:00.003Z</published><updated>2009-03-14T10:27:09.534Z</updated><title type='text'>Fantasy polonaise : Le dernier voeu, de Andrzej Sapkowski</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/Sbt_fVTuB7I/AAAAAAAABzU/eeNgGuIpu98/s1600-h/sapowski.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 129px; height: 200px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/Sbt_fVTuB7I/AAAAAAAABzU/eeNgGuIpu98/s200/sapowski.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5312980361686157234" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Quasiment inconnu en France Andrzej Sapkowski est en Pologne l'égal de Tolkien. Né en 1948, économiste de formation, Sapkowski a d'abord travaillé dans le commerce international avant de se mettre à l'écriture et de rafler en quelques années la vedette aux écrivains anglo-saxons de Big Commercial Fantasy (1,5 millions d'exemplaires de ses livres ont été vendus en Europe). Ces derniers n'ont qu'à bien se tenir car l'oeuvre de Sapkowski a donné naissance à une série télé (The Hexer), un long métrage adapté de la série, ainsi qu'à un jeu vidéo (The Witcher), qui contrairement aux deux tentatives précédentes, fut un immense succès international. Je ne vous cacherai pas que c'est d'ailleurs ce dernier qui fut à l'origine de mon intérêt pour l'oeuvre de cet écrivain polonais. Mais reconnaissons à Bragelonne, le mérite d'avoir cru en cet auteur bien avant le succès en France de l'adaptation vidéoludique des aventures de Géralt de Riv.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Evidemment, ce qui fonctionne dans un univers virtuel, où l'action et le gameplay priment souvent sur la qualité du scénario et la profondeur des personnages, ne garantit pas une oeuvre littéraire de qualité, loin s'en faut. Cependant, le personnage imaginé par Sapkowski, le sorceleur Géralt de Riv, à la fois sorcier et combattant (tueur de monstres plus précisément), est suffisamment travaillé et original pour aiguiser la curiosité des lecteurs rompus à toutes les sauces, parfois sans saveur, de la fantasy. L'univers mélange habilement les poncifs de la fantasy tolkiennienne avec quelques principes originaux issus de la mythologie slave, on y croise ainsi quantité de monstres plus ou moins familiers, des nains évidemment, mais aussi des elfes qui n'ont pas grand chose à voir avec les créatures graciles et raffinées de Tolkien. Les sorceleurs sont des êtres à part, des humains soustraits à la bienveillance de leurs parents dès leur plus tendre enfance, puis élevés dans l'objectif unique de devenir des chasseurs de monstres ; des mercenaires qui parcourent le pays de ville en ville, à la recherche d'un contrat pour éliminer tantôt une goule, tantôt une strige ou bien encore quelque bête fabuleuse qui hante d'obscurs marais. L'apprentissage est rude, mêlant entraînement physique, arts martiaux et magie, ainsi qu'une série de mutations chimiques destinées à permettre aux sorceleurs d'augmenter leurs capacités physiologiques. Les sorceleurs sont des êtres solitaires, qui sont à la fois craints et haïs par le reste de la population. Geralt de Riv est l'un de leurs plus illustres représentants, ses capacités et ses exploits sont connus dans certaines régions, sans pour autant que ces faits héroïques ne lui assurent la popularité ou la bienveillance de ceux qui font appel à ses services.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; “Le dernier voeu” n'est pas à proprement parler un roman, mais plutôt un recueil de nouvelles mettant en scène Géralt de Riv. Sapkowski creuse peu à peu son personnage, lui imagine un passé (assez obscur) et un profil psychologique de plus en plus affiné (bon, ne nous voilons pas la face, c'est quand même en grande partie superficiel). Bref, sans atteindre une profondeur abyssale, le personnage de Géralt de Riv et la figure du sorceleur sont pour le moins réussis. Le cynisme et l'humour de ce dernier, le ton résolument adulte de l'ensemble, ainsi que les références plus ou moins détournées à l'univers des contes de fée ou de la fantasy (on y retrouve notamment une Blanche Neige, accompagnée de ses sept brigands, loin d'être aussi sage et naïve que l'originale ; une autre nouvelle fait clairement référence au conte de “La belle et la bête”), font que l'on ne tombe jamais dans le premier degré ; ni Sapowski ni sont lecteurs ne peuvent être dupes, il s'agit de littérature d'évasion sans autre ambition que le divertissement à peu de frais. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Seule ombre au tableau, et pas des moindres, la plume de Sapkowski est loin d'être à la hauteur, et l'écriture, bien que s'améliorant au fil des nouvelles, est probablement le grand point faible de cet auteur. D'autant plus qu'il est desservi par une traduction que l'on pourra, au mieux, qualifier d'exécrable. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; L'univers de Sapkowski, sans être d'une grande originalité, saura sans mal convaincre les fans de “The Witcher”, les autres pourront à l'occasion tenter une aventure qui s'est avéré ma foi plutôt plaisante. Maintenant, si la Big Commercial Fantasy (car Sapkowski ne prétend pas vendre autre chose ) provoque chez vous des ulcères ou des  crises d'urticaire, il serait préférable de passer votre chemin, ou de tenter directement l'approche vidéoludique.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-575329851969124246?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/575329851969124246/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=575329851969124246' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/575329851969124246'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/575329851969124246'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2009/03/le-dernier-voeu-de-andrzej-sapkowski.html' title='Fantasy polonaise : Le dernier voeu, de Andrzej Sapkowski'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/Sbt_fVTuB7I/AAAAAAAABzU/eeNgGuIpu98/s72-c/sapowski.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-1950626605627549106</id><published>2009-01-07T17:59:00.004Z</published><updated>2009-01-07T18:08:04.361Z</updated><title type='text'>Aquaforte de K.J. Bishop : la fantasy australienne au sommet</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/SWTvgDcUDaI/AAAAAAAABnk/4OjJZOENwIs/s1600-h/aquaforte.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 146px; height: 200px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/SWTvgDcUDaI/AAAAAAAABnk/4OjJZOENwIs/s200/aquaforte.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5288615196398718370" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="postbody"&gt;Mystère du marché du livre ou ratage d'un système éditorial qui peine à faire émerger de la masse les oeuvres essentielles de la littérature, Aquaforte, de l'Australienne K.J. Bishop est passé quelque peu inaperçu lors de sa parution en 2006 chez l'Atalante, malgré des critiques plutôt élogieuses et parfois même dithyrambiques. Très honnêtement, ce roman traînait dans ma bibliothèque depuis plusieurs mois, sans que je trouve l'ouverture d'esprit suffisante pour en entreprendre la lecture, préférant sans doute céder au sirènes de la fantasy facile (qui a dit Robin Hobb ?). Mais il faut souligner pour ma défense que le roman de K.J. Bishop est affublé, dans sa version française, d'une illustration de couverture particulièrement atroce. Pourtant, la critique d'un certain &lt;span style="color:yellow;"&gt;Ubik&lt;/span&gt;, un pousse-au-crime bien connu des services de police, me titillait inconsciemment et inlassablement. Une ritournelle insupportable qui un beau jour de décembre a eu raison de moi. Voilà, sachez que je ne regrette rien, Aquaforte est une merveille et ceux qui ne l'ont pas encore lu se privent de l'un des meilleurs romans de fantasy publiés au cours de ces vingt dernières années (oui, j'aime bien exagérer un tantinet).&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="postbody"&gt;Dans les déserts des contrées de cuivre, les destins de Raule, la femme médecin, et de Gwynn, le mercenaire endurci mais raffiné, se croisent et s'entrecroisent à l'occasion d'une fuite désespérée face à la répression du pouvoir. En des temps désormais révolus, Gwynn et Raule croyaient en un avenir meilleur et, pétris d'idéaux, tentaient de mener les révolutionnaires au terme de leur combat. Désormais, leur fuite les conduit vers Escorionte, fabuleuse et luxuriante cité-état érigée sur les rives d'un fleuve tropical. Gangrénée par de puissants cartels, dont le commerce essentiel repose sur le commerce d'esclaves et le trafic d'armes, Escorionte est une pustule nauséabonde affichée sur la face du monde, sa beauté n'est que de façade car ses entrailles accueillent le vice et l'horreur. Gwynn le cynique s'en accomode parfaitement en devenant l'un des lieutenants du principal parrain de la ville, alors que l'idéalisme brisé de Raule souffre, malgré un pragmatisme affiché au quotidien dans son rôle de médecin à l'hôpital paroissial du quartier le plus miséreux de la ville. Raule et Gwynn ne se croisent que rarement, leur passé commun les lie durablement, mais l'amitié souffre de cette différence de perception qui caractérise les deux protagonistes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le médecin soigne et guérit les blessures et les maladies infligées par un quoditien d'une incroyable dureté, mais Raule ne peut rien contre la corruption, la pauvreté, la saleté et le désespoir. La révolte de Raule est pourtant contenue, presque résignée ; elle observe la misère humaine de manière clinique, comme elle collectionne dans son petit musée des horreur les foetus malformés et autres monstruosités des bas fonds d'Escorionte. Gwynn ne s'embarrasse guère de ces considération. Sa vision d'Escorionte est à la fois pragmatique et cynique, jusqu'au jour où il fait la rencontre de la fascinante Beth, une artiste à la mesure de la folie qui règne dans cette cité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans doute le terme « fantasy » est-il assez mal choisi, tant le roman de K.J. Bishop échappe avec bonheur à toute tentative de classification. Peut-être serait-il plus judicieux de rapprocher Aquaforte d'oeuvres similaires, comme par exemple un certain Perdido Street Station. Même atmosphère d'étrangeté, même richesse dans la création d'un univers très personnel, même profondeur des personnages et probablement une capacité égale à nous transporter ailleurs. La plume de Bishop n'est d'ailleurs pas en reste et n'a pas à rougir face à la maîtrise affichée dans ce domaine par China Mieville. L'écriture est riche et élégante, langoureuse et fascinantte, échappant au formatage calibré que nous proposent trop souvent les écrivains anglo-saxons oeuvrant dans le domaine de l'imaginaire. La plume de l'auteure est aussi rafraîchissante qu'une bulle de champagne après un déjeuner trop copieux, un souffle d'air frais nécessaire qui réconciliera certainement ceux qui étaient fâchés par l'écriture au kilomètre des bucherons asthmatiques de la BCF.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais là où Bishop fait encore plus fort c'est qu'elle allie parfaitement la forme et le fond. Son roman est non seulement fascinant, mais il est de plus d'une rare intelligence car son sens de la narration ne prend jamais le pas sur la réflexion et l'introspection. Ses personnages prennent le temps de vivre et de penser, et ça c'est assez nouveau dans ce domaine de la littérature. Il n'y a pas dans Aquaforte d'intrigue prenante à proprement parler, ni même de suspense haletant, pas d'action forcenée ou de révélation fracassante, pas de sauveur d'un monde juste et innoncent, pas d'artifices en somme. Et pourtant le lecteur est envouté, fasciné par la beauté monstruseuse de l'univers de K.J. Bishop, preuve que la fantasy à encore de belles choses à nous offrir. L'oeuvre de l'Australienne est une vaste mise en abyme astucieusement construite et quasiment philosophique, dont évidemment on sort irrémédiablement bousculé, secoué, voire K.O. Tous genres confondus, la littérature est ici à son sommet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;K.J. BISHOP. Aquaforte. L'Atalante, 2006.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-1950626605627549106?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/1950626605627549106/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=1950626605627549106' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/1950626605627549106'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/1950626605627549106'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2009/01/aquaforte-de-kj-bishop-la-fantasy.html' title='Aquaforte de K.J. Bishop : la fantasy australienne au sommet'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/SWTvgDcUDaI/AAAAAAAABnk/4OjJZOENwIs/s72-c/aquaforte.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-2231214003725375409</id><published>2007-04-06T20:59:00.001Z</published><updated>2008-05-22T15:13:53.594Z</updated><title type='text'>Transfugez moi</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;"&gt;Transfuge &lt;/span&gt;vous connaissez ? Eh bien moi non plus jusqu'à une date assez récente. Il faut dire que ce magazine consacré à la littérature étrangère est encore jeune puisqu'il vient tout juste d'atteindre son quinzième numéro. Distribué uniquement en librairie ou sur abonnement, Transfuge est tiré à un peu plus de 3000 exemplaires et inutile de vous dire qu'en dehors des grandes villes il est assez difficile de se procurer l'objet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai donc reçu ce matin le dernier numéro et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il répond parfaitement à mes attentes. Gros dossier sur la littérature indienne contemporaine (de langue anglaise), nombreuses chroniques, interviews à gogo (Julian Barnes, William Boyd, William H. Gass, ...), portraits, entretiens-débats, ..... il y a de quoi faire. L'équipe rédactionnelle est de qualité et semble suffisamment ouverte et tolérante pour aborder toutes les facettes de la littérature, y compris les mauvais genres quand cela est nécessaire, ce qui n'est pas la moindre des choses en ce temps d'intégrisme littéraire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bref, je pense que je ne regretterai pas mon abonnement, qui a le bon goût de ne coûter que 26€ (le magazine est bimestriel), d'autant plus qu'en vous abonnant on vous offre un numéro hors-série. Que demande le peuple ? Ah oui, un lien vers le site web de transfuge : &lt;a href="http://www.transfuge.net/"&gt;www.transfuge.net&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-2231214003725375409?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/2231214003725375409/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=2231214003725375409' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/2231214003725375409'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/2231214003725375409'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2007/04/transfuger-moi.html' title='Transfugez moi'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-6674409893491782951</id><published>2007-04-06T20:24:00.000Z</published><updated>2008-12-10T07:57:52.840Z</updated><title type='text'>Fantasy suédoise</title><content type='html'>Voici une petite note de lecture extraite d'un papier qui n'a jamais été publié sur le &lt;a href="http://www.cafardcosmique.com/"&gt;cafardcosmique&lt;/a&gt;, site consacré à la SF sur lequel votre serviteur sévit régulièrement. Dommage, on y causait entre autre de la (plus si nouvelle) collection Points fantasy, dans laquelle il faut bien l'avouer plus d'un an après, il n'y a pas grand chose à sauver. Si ce n'est, trois au quatre romans tout à fait intéressants : &lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;"&gt;Fendragon &lt;/span&gt;de Barbara Hambly, &lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;"&gt;L'abîme&lt;/span&gt; de John Crowley et &lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;"&gt;Les brigands de la forêt de Skule&lt;/span&gt; de Kerstin Ekman.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Fendragon&lt;/span&gt;, de Barbara HAMBLY&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p style="font-style: italic;" class="spip"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/RhawjorhznI/AAAAAAAAAAM/-nZdGKLZEJE/s1600-h/fendragon.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/RhawjorhznI/AAAAAAAAAAM/-nZdGKLZEJE/s200/fendragon.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5050418158404488818" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;En voilà un petit roman sympathique qui réussit à tirer son épingle du jeu. "Fendragon" est l’histoire d’un vague tueur de dragon dont les exploits ont pratiquement été oubliés de tous, sauf d’un doux rêveur venu de la capitale pour louer ses services. Mais lord John Aversin n’est plus l’homme d’il y a vingt ans ; fatigué, marié et père de deux enfants [ce qui doit probablement expliquer cette fatigue], perclus de douleurs par les séquelles de son combat passé, le seigneur des marches du Nord, contrée oubliée et négligée par le pouvoir central, préfère organiser la défense de sa place et conter des anecdotes sur les cochons, plutôt qu’aller vadrouiller du côté de la capitale pour sauver le postérieur de ces messieurs et dames de la cour.&lt;/p&gt;  &lt;p style="font-style: italic;" class="spip"&gt;Plutôt intelligent et enlevé dans sa première partie, le roman s’enlise malheurseusement quelque peu par la suite dans un récit un tantinet convenu et bien plus classique. Heureusement, Barbara HAMBLY saupoudre son récit d’un humour fort à propos incarné principalement par lord John Aversin. Le personnage du "Fendragon" est tout sauf conventionnel ; sorte de péquenot pince-sans-rire d’une rare intelligence, courageux mais pas vraiment héroïque, attaché à des valeurs qui paraîtraient éculées, mais en tout état de cause extrêmement attachant. La grande réussite de l’auteur est d’avoir su se jouer des poncifs du genre tout en gardant une structure de récit simple et efficace. A cela s’ajoute des personnages d’une rare profondeur et une briéveté tout à fait salutaire en ces temps de trilogies et autres décalogies à rallonge. C’est court, intelligent et bien foutu. Que demande le peuple ?&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les brigands de la forêt de Skule&lt;/span&gt;, de Kerstin EKMAN&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;p style="font-style: italic;" class="spip"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/Rhawr4rhzoI/AAAAAAAAAAU/pY6nNc-7gvY/s1600-h/skule.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/Rhawr4rhzoI/AAAAAAAAAAU/pY6nNc-7gvY/s200/skule.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5050418300138409602" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Figurant au line-up de de la collection Points Fantasy dès mars dernier, ce roman de Kerstin Ekman, auteur suédoise figurant au catalogue de l’excellent éditeur Actes Sud, est un peu passé inaperçu, y compris au cafardcosmique. Grave erreur cher lecteur, tant ce roman est une excellente surprise, un grand livre qui mérite un autre sort que de pourrir au fond d’une caisse d’un libraire surchargé par les nouveautés. Admirablement écrit et superbement traduit, ce roman s’inscrit dans la longue tradition du conte scandinave et ne manque pas de surprendre par une liberté de ton assez stupéfiante. Qu’on se le dise, ce roman écrit avec une apparente facilité et un ton quelque peu badin est en réalité bien plus grave et féroce qu’il n’y parait. L’histoire a le mérite de la simplicité et nous invite à suivre le parcours à travers les âges d’un jeune troll nommé Skord, du Moyen-Age jusqu’au XIXème siècle. Au premier abord, Skord n’est guère différent d’un enfant, son apparence un tantinet sauvage s’estompe au fil des années. Pourvu d’une rare intelligence et étranger à la morale des hommes, Skord est bien décidé à se faire passer pour un humain, mais pour cela il est obligé de ruser et de changer régulièrement d’identité, quoi de plus étonnant en effet, qu’un être humain qui reste toujours le même alors que les outrages du temps frappent les plus belles femmes et les hommes les plus illustres. Vivant dans ses premières années de vagabondages en compagnie de deux jeunes orphelins, il parcourt la Suède, devient le compagnon d’un homme de lettres, puis brigand ou bien encore alchimiste, il fera même la rencontre d’un Descartes vieillissant.&lt;/p&gt;  &lt;p style="font-style: italic;" class="spip"&gt;Le roman est d’une très grande richesse et d’une rare érudition, véritable rencontre avec une culture et une histoire longue de plusieurs siècles. C’est toute l’évolution d’un pays que retrace Kerstin Ekman à travers le parcours de Skord, celle de la disparition de l’ancienne tradition païenne au profit d’une culture judéo-chrétienne (protestante plus précisément). Le thème n’est pas nouveau, mais il est ici traité avec un talent, une subtilité et une maestria qui forcent le respect et ne peuvent manquer de remporter l’adhésion du lecteur. Certes, le roman est un peu lent, parfois un peu long et certains passages manquent de densité, mais c’est tellement bien écrit que l’on en tombe d’admiration. C’est beau, c’est grand, c’est suédois et non ce n’est pas Ikéa. Plus sérieusement, achetez ce roman, lisez-le et pleurez de bonheur.&lt;/p&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;p style="font-style: italic;" class="spip"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-6674409893491782951?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/6674409893491782951/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=6674409893491782951' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/6674409893491782951'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/6674409893491782951'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2007/04/fantasy-sudoise.html' title='Fantasy suédoise'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_4JriFdleer4/RhawjorhznI/AAAAAAAAAAM/-nZdGKLZEJE/s72-c/fendragon.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9024605952630522773.post-1000433157025392510</id><published>2007-04-06T19:22:00.001Z</published><updated>2009-03-21T09:37:03.736Z</updated><title type='text'>Blog à gogo(s)</title><content type='html'>Après avoir craché, non sans plaisir, pendant des plombes sur le phénomène blog, j'ai donc cédé aux sirènes de l'épanchement nombriliste et du verbiage intempestif sur la toile. Que les gardiens du temple se rassurent, il n'est point ici question de révélations fracassantes sur ma vie sexuelle et amoureuse, ni même de billets croustillants sur les conditions de travail en milieu hostile, qui caractérisent la profession sinistrée d'enseignant documentaliste ; non non, juste un désir irrépressible de communiquer mon amour des livres et de la littérature en général. J'en vois déjà qui se barrent, déçus de ne pas assister à un énième déballage impudique et grossier de tranches de vie. Faites donc, que nous restions entre gens de bonne compagnie, entre "has been" réfractaires au changement de paradigme.  Je ne sais pas encore si le Net tuera le livre, à priori c'est bien parti, mais une chose est sûre, pour causer lecture c'est tout de même un formidable outil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis soyons honnêtes, la raison d'être de ce blog est née de mon incommensurable paresse, qui me défendait de mettre à jour régulièrement les anciennes tentatives destinées à faire de moi un webmaster accompli. Fini le html, fini Filezilla et autres joyeusetés du parfait petit webmaster, désormais je me contente d'écrire, et c'est déjà pas mal. A noter que les premiers billets de ce blogs seront en grande partie constitués de recyclage de chroniques publiées ici et là, sur différents forums spécialisés, sites semi-pros ou ezines à la mode.  Je vous ai déjà dit que j'étais un gros fainéant ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9024605952630522773-1000433157025392510?l=bloggerinfabula.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/feeds/1000433157025392510/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9024605952630522773&amp;postID=1000433157025392510' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/1000433157025392510'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9024605952630522773/posts/default/1000433157025392510'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bloggerinfabula.blogspot.com/2007/04/blog-gogos.html' title='Blog à gogo(s)'/><author><name>Manu</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16561383793908587486</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry></feed>
