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lundi 28 mars 2016

roman initiatique : Le fabuleux voyage de Nils Holgerson, de Selma Lagerlöf

Les chemins de la lecture sont parfois tortueux. Par exemple, prenez dans un rayon un petit manga qui traite de la lecture enfantine (Le maître des livres, de Umiharu Shinohara), finissez par l'acheter, moitié convaincue, avalez-le le soir même, car il n'est pas bien compliqué, mais il vous a donné envie de lire un ou deux de ces classiques enfantins. Trouvez le lendemain ce classique, avec une couverture médiocre, dans votre CDI, et commencez la lecture... juste pour voir.

Ne lâchez plus. Chaque soir, sans faute, lisez cette suite merveilleuse d'histoires qui composent le merveilleux voyage de Nils Holgerson. Savourez la langue rigoureuse de Selma Lagerlof, son extraordinaire poétique, son incroyable talent de conteuse. Et rajoutez un ou deux livres à votre LAL, quand l'histoire se termine.

Selma Lagerlof introduit très rapidement son histoire. En peu de mots, l'intrigue est plantée, les contours des protagonistes définis. On va pouvoir s'envoler. Le méchant garçon Nils, réduit en lutin par le tomte courroucé de la maison, se pend au cou du grand jars blanc aventureux et commence son voyage après avoir convaincu la vieille Akka de Kebnekaïse de les laisser accompagner sa tribu d'oies sauvages.
Bientôt la Suède toute entière défile sous les ailes des oiseaux, et sa faune. Des paysages qu'on imagine somptueux se déroulent sous nos yeux à travers ceux de Nils. Des aventures  s'enchaînent, mettant en scène les animaux d'abord, les hommes parfois. Entre la guerre des rats, la danse envoutant de cigognes, la malice du renard, mais aussi le destin tragique de deux orphelins, pas le temps de s'ennuyer. Et chaque épisode peut se lire comme un histoire à part entière, sans que l'unité de l'ouvrage en souffre.
Les personnages sont très attachants, Nils bien entendu, qui mûrit au contact des animaux, apprend littéralement la vie auprès d'eux. Mais aussi la véritable héroïne de ce livre à mes yeux, la vieille Akka de Kebnekaïse, qui dirige sa troupe d'une patte de fer, qui met son intelligence au service de la communauté, la sienne mais aussi celle des autres, d'une très haute moralité. Akka est un modèle et un guide.

Voilà ce qui arrive quand on passe commande d'un livre pédagogique à un prix Nobel de littérature : on obtient un véritable chef d'œuvre, à mettre entre toutes les mains; des plus petits aux plus grands.

5 commentaires:

Manu a dit…

C'est amusant parce que j'ai parlé de ce livre avec quelques collègues pas plus tard que vendredi dernier à la cantine. Par contre c'est une version intégrale que tu as lue ?

Valérie Mottu a dit…

Oui. C'est assez long comme récit, mais on peut très facilement découper en épisodes, ce qui d'ailleurs facilite la lecture. Ce livre a été conçu pour les enfants, mais certainement pas au rabais ! On y sent la rigueur d'une grande écrivaine, tant dans le style que dans la construction générale du livre.
J'avais très peur d'un ton un peu gnan-gnan ou très moralisateur, mais j'ai été enchantée par la concision du style, une manière d'aller toujours à l'essentiel, tout en faisant la part belle aux descriptions. Quant à la morale, elle est présente sans être pesante ni édifiante. La nature est belle dans ce livre, mais pas idéalisée, par exemple.

Soleilvert a dit…

Il y a très longtemps j'avais feuilleté un bouquin de mon père intitulé Jacques Le Poucet et Klapp la Cigogne au pays de Françoise d'Antonin Fraysse roman à la fois d'initiation et géographique très inspiré du livre de Nils Holgerson.

Valérie Mottu a dit…

L'amicale des Amateurs de nids à poussière a écrit une belle critique illustrée de Jacques le Poucet et Klapp la Cigogne .

C'est fou quand même les associations qu'on peut trouver sur internet... l'ADANAP, c'est aussi beau que le le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates !

Anonyme a dit…

La source d'inspiration du prénom de mon fils.
(Et finalement, ça lui va bien, hélas...)

Ubik